F A M I L I S

Stamislaw Rostworowski (Pologne)
Président
La Fondation « L’Espoir »

Familles et environnement: qui est la poubelle de qui?

Nous disons très souvent que la famille est le plus naturel et le plus nécessaire dénominateur commun dans la société.

On rêve, aussi, que dans un avenir prochain on pourra créer une famille globale pour toute l’humanité. Mais à présent la famille dans son environnement est déchirée par différentes forces de l’intérieur comme de l’extérieur.

Partout c’est le dualisme qui fait la division entre les gens. Par exemple à cause du sexe, on dit que c’est la femme, qui par le premier péché a dégradé la position de l’humanité devant Dieu et de ce fait les a rendu moins dignes. On trouve aussi ce dualisme dans les différences entre les classes sociales, entre les riches et les pauvres, ceux qui habitent au Nord et ceux qui habitent au Sud de notre globe. Il y a aussi la distinction entre les races et les peuples, et on parle des hommes du Premier monde et du Deuxième monde.

Nous constatons aussi ce dualisme de manière plus dangereuse entre l’homme et la nature : il détruit l’existence de différentes espèces de plantes ou d’animaux et peut couper la continuation biologique de l’espèce humaine.

Si l’homme remplaçait son environnement naturel par un autre qui serait artificiel, en ce moment il ne pourrait pas vivre comme un être physiquement et psychiquement normal.

Un autre danger est qu’actuellement l’humanité dispose des moyens militaires suffisants pour se détruire elle-même.

Mais pour l’existence de la famille ordinaire, ce sont des menaces beaucoup plus simples.

On observe un changement dans les rapports sexuels. Auparavant des exigences sexuelles des femmes restaient inconnues. La femme réalisait seulement les besoins sexuels de son partenaire.

Grâce l’éducation et l’information véhiculées par les moyens de communication de masse, à présent, la femme connaît beaucoup mieux sa nature physique et l’homme aussi reconnaît les attentes sexuelles des femmes. Il sait que la femme pendant une relation doit avoir l’orgasme. Lorsque ça ne s’est pas fait, le partenaire masculin pense que c’est de leur faute. Alors il répète le rapprochement, il ne fait pas ça pour son besoin sexuel, mais seulement pour mesurer ses forces devant la partenaire. Les résultats de son effort sont très souvent faibles, la femme n’atteint pas l’orgasme. Il peut de nouveau répéter son action, mais les effets sont encore plus faibles. Alors il pense que la partenaire n’est pas pour lui et il en cherche une nouvelle. Mais les résultats de cette nouvelle rencontre peuvent être les mêmes que les précédents. Finalement l’homme se décide à ne plus avoir de vie sexuelle. Lorsqu’il rencontre quelques initiatives de la part d’une femme, il réagit avec une terreur panique. Les résultats sont tels, que l’on a toujours moins de mariages et moins de naissances. Et c’est un juste danger pour le renouvellement des générations.

L’homme qui vit dans un isolement sexuel, sans amour, tombe dans l’alcoolisme, ou la narco-dépendance. Par exemple, au Danemark, depuis 1990, le chiffre des gens qui vivent en dehors de la société (sans éducation et sans travail) a augmenté de 5 à 21% de toute la population du pays. Dans cette société, très riche, un cinquième de la société est marginalisé au point du vue social et matériel - et c’est justement le phénomène de la nouvelle pauvreté, qui se produit non pas pour des raisons financières mais psychologiques. Les hommes marginalisés sont produits par la société, mais la société n’accepte pas leur existence. Ainsi, ils ne sont pas prêts à fonder des familles.

Ce dualisme, dont nous avons parlé, se cherche aussi dans les sources de la pensée philosophique et théologique. On indique que son origine peut se trouver dans la pensée de Platon et d’Aristote. Ce sont deux philosophes, pour qui existe la distinction entre Dieu et le monde, entre l’homme et la femme, entre les gens riches et les gens pauvres.

Cette pensée a donné le fondement pour la structure de la société hiérarchique, dans laquelle au premier lieu se situe Dieu, très souvent, en différentes époques, remplacé par l’homme. La position très élevé de l’homme, au cours de siècles, a crée les structures hiérarchiques et patriarcales, qui ont donné les systèmes féodaux, coloniaux et capitalistes. Mais le plus remarquable est ceci, que l’homme s’est situé au-dessus de la femme, au-dessus de toute la création, au-dessus de tous les droits. Et pour cela, utilisant son pouvoir, il peut provoquer des guerres, s’il provient de la race blanche, il peut même gouverner d’autres hommes, et peut dévaster toute la création qui est soumise à lui. (Je présente ici les opinions du courant théologique et philosophique écoféministe).

Malgré le fait que cette analyse puisse n’être pas tout à fait objective, il faut néanmoins chercher des alternatives aux relations mondiales.

On doit rappeler les mots du seul Dieu : « Je fais alliance avec vous et votre descendance qui viendra après vous, avec chaque être vivant qui est avec vous, avec les oiseaux, avec les animaux domestiques et champêtres qui sont avec vous, et avec tous qui quittaient l’arche, avec tous les animaux qui vivent sur la terre. Mon arc, je le mets sur les nuages pour qu’il soit le signe de mon alliance avec la terre » (Le Livre de la Genèse 9, 9-10, 13).

Donc, au commencement des siècles, Dieu a fait l’Alliance avec toute la création. Ce n’est pas vrai que Dieu a crée le monde et puis l’abandonna. Au contraire, Dieu se révèle par le monde (voire : l’incarnation du Christ), c’est pourquoi on peut dire que le monde, c’est le corps de Dieu (c’est la proposition de la théologie écoféministe).

Cette métaphore vient de la conviction que nous découvrons la puissance de Dieu dans la vie de chacun et dans l’existence de chaque créature. Ce n’est pas le panthéisme, car cette conception ne réduit pas l’existence de Dieu seulement à sa présence dans le monde. Cependant cette métaphore fait la conversion. Dans la structure hiérarchique Dieu est le maître d’un univers et il décide du sort de chaque création. Par contre, la conception du monde vu comme le corps de Dieu révèle un être organique, dont chaque partie a sa valeur et ses fonctions, qui ne sont pas remplaçables par d’autres organes. En effet, l’homme ne remplace pas Dieu et ne devient pas le maître du monde, mais il se présente comme un élément de l’univers, dont le but et les fonctions peuvent se réaliser seulement en accord avec toute la création.

Il est clair que l’appel lancé en 1990 à Séoul (Corée) par l’assemblée mondiale des chrétiens pourrait se vérifier dans la conception organique des relations entre Dieu, l’homme et l’univers. Ces chrétiens de Séoul désiraient construire le monde, dans lequel régneraient justice, paix et intégration avec la création. Leurs idées peuvent fonctionner uniquement dans un monde vu selon la conception organique.

Par exemple, ils rejettent tout petit programme de charité et toute aide sociale paternaliste. Ils préconisent des changements fondamentaux, surtout lorsqu’ils parlent de justice. Pour une vraie justice, selon leurs avis, il faut mener une politique économique qui donne à chacun le droit d’engagement personnel indépendant, et le droit de participation à tous les niveaux de la politique intérieure et extérieure.

Par contre, il n’est pas possible de traiter les hommes, les citoyens seulement comme des consommateurs ou comme des moyens de production. Chacun doit avoir un égal accès à l’éducation et a une occupation raisonnable. Dans cette politique, doivent être seulement garanties quelques préférences pour tous ceux qui sont maltraités à cause de leurs race, classe sociale ou sexe. D’un autre côté, doivent être supprimées toutes les structures économiques qui forcent les femmes, et quelque fois les enfants, à la prostitution ou à d’autres occupations en rapport avec leur sexe. Le travail des femmes doit avoir la même valeur économique que travail fait par les hommes, et cela doit être respecté par la politique des salaires.

La liste des exigences est longue.

Mais plus importants sont les modèles de contre-action, qui peuvent justement changer la réalité sociale. Ainsi, un modèle parmi d’autres, connu en Europe et actuellement implanté au Danemark et en Pologne: c’est l’École de Koefed. La conception du pasteur danois Ilans Christian Koefed (vivant de 1898 à 1952) a été crée sur plusieurs années, mais il y a toujours la même règle fondamentale - l’aide ne peut pas être l’aumône, il faut organiser l’aide pour le self-help.

Actuellement l’institution qui s’appelle l’École de Koefed et travaille à Copenhague, fonctionne avec quatre programmes.

Le premier au caractère médical sert aux hommes touchés par l’alcoolisme ou la narco-dépendance - c’est une action antidote. Dans l’École de Koefed, il y a une résidence, dans laquelle les clients (à l’École de Koefed tous les clients sont appelés « élèves ») peuvent demeurer, et il y a un restaurant dans lequel ils trouvent l’alimentation.

Puis commence un deuxième période - les élèves sont engagés au travail. Dans l’École se trouve 40 différents ateliers. Les élèves travaillent et gagnent des dollars de Koefed - une valeur qui a son cours seulement dans l’École de Koefed. Avec ces dollars, on peut payer dans le restaurant ou acheter les choses nécessaires dans les ateliers.

Dans l’École est réalisé aussi un programme culturel - c’est le troisième. Les élèves s’engagent à la chorale et au théâtre, ils apprennent la musique.

Enfin le quatrième programme est une action pour la re-socialisation de l’élève. L’École l’aide dans ses efforts pour trouver du travail et un logement en dehors de l’institution. L’effet de l’institution créée par Hans Christain Koefed est tel, que l’École donne une aide complémentaire et qui vraiment engage l’initiative de l’élève.

Il y a aussi des postulats d’une valeur plus globale.

On suggère, de créer un Fonds, dans lequel chacun verse 10% de ses profits. Ce Fonds serait utilisé pour combattre la crise due à la dette des pays, qui fait beaucoup de mal dans les pays sous-développés.

D’autres proposent une liquidation complète des dettes pour les pays sous-développés. On préconise aussi qu’il faut fixer des justes salaires et des justes prix, et ce sont les accords du GATT qui doivent amener l’introduction de ces règles dans la vie.

Il y a aussi une exigence que la politique économique dans les différents pays doit être accordée avec les vrais besoins des membres de chaque société et non pas seulement avec les intérêts de institutions internationales ou autres institutions comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale.

Parmi les postulats qui touchent la question de la paix, il faut souligner celui qui exige une interdiction totale du dépôt (enfouissement) des produits radioactifs.

Mais on présente beaucoup de postulats tout à fait nouveaux, qui touchent les questions de l’environnement.

Le premier parmi ceux-ci est celui qu’il faut engager tous les efforts des organisations internationales, comme l’UNESCO et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, pour sauver la stabilité de l’atmosphère.

Il faut réduire l’émission globale du bioxyde de carbone à 2% et défendre l’utilisation du Fréon, qui doit être remplacer par des technologies alternatives.

On doit combattre tous les processus qui conduisent au réchauffement de la terre - l’effet de serre.

Il est nécessaire de cesser l’abattage des forêts et de commencer une grande action de replantation des arbres.

Il faut chercher les moyens pour limiter la consommation des combustibles fossiles et toute cette consommation doit être imposé par des taxes très élevées.

On doit réduire le nombre de voyages par avion (surtout les avions privés), qui menacent la pureté de l’atmosphère.

En général, on doit constituer un fonds international de la solidarité pour la pureté de l’atmosphère. Ce fonds peut être financé par les taxes imposés sur l’industrie qui produit les bioxydes.

Nous connaissons aussi la plus grande exigence de notre temps - que la vie économique puisse se développer seulement en accord et avec soin pour toute la création.

Tout ce que nous avons dit touche beaucoup plus une famille globale - l’humanité que les familles ordinaires. Mais si nous réfléchissons plus profondément, nous verrons que les problèmes globaux sont communs pour toutes les familles et leur importance est universelle.

Merci de votre attention!

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