| F A M I L I S |
Eve Sullivan
Founder
PARENTS FORUM
LA FAMILLE ET L'ÉDUCATION
Merci, Dr. Cardeñas,
and bonjour, M. le Président de FAMILIS,
Mesdames et messieurs,
Chers amis.
Avant de vous faire part de mes réflexions sur le sujet de notre discussion ce matin, LA FAMILLE ET L'EDUCATION, je veux exprimer ma gratitude aux organisateurs de cette conférence, surtout à M. Yves Lajoie. J'ai hésité à peine une seconde avant d'accepter son invitation de participer à cette Conférence.
L'opportunité de visiter Montréal était irrésistible, mais je ne savais pas que j'aurais à faire mon discours en français. J'ai donc une seconde raison pour remercier ma bonne étoile. Heureusement j'ai fait bien attention pendant les cours de français!
La question qui nous est posée: "Y-a-t-il un savoir universel ?" m'ai troublée au premier abord. En effet, il y a beaucoup de facteurs qui concourent au développement de la personnalité et qui font partie de l'éducation. À part les langues, il y les sciences théoriques et appliqués, les mathématiques, l'éducation artistique, l'histoire, et les sciences sociales. Chaque profession, chaque métier, exigent des compétences particulières. Le rôle des parents est alors de pousser leurs enfants dans leurs domaines de prédilection.
Pourtant, je vous suggère que toutes ces compétences puissent être regroupées en trois grandes catégories: le comportement, l'intellect, et les émotions. Mon expérience en tant que mère de trois garçons -- qui sont maintenant jeunes hommes -- m'a appris que l'on néglige trop souvent le domaine émotionnel. J'étais très nerveuse étant jeune mère et je n'ai sans doute pas répondu avec la sérénité nécessaire à leurs écarts de conduite. Je n'ai pas besoin de rentrer dans les détails. Pourtant j'ai fait des progrès depuis.
Je m'en suis rendu compte, le jour où mon fils cadet, agé de six ans, m'a conseillé de réprimander Luc, un de ses frères aînés, d'un ton strict: En anglais, il m'a dit: "Mom, you'll have to speak sharply to Luke!"
J'ai compris que mon fils se rendait compte que j'étais en colère, mais que je n'avais pas besoin de l'exprimer physiquement ni verbalement. À ce moment, j'ai pris conscience que le plus important dans le rôle de parent était d'apprendre à composer avec ses émotions négatives. Les émotions, bonnes ou mauvaises, font partie integrante de nos vies, et, à cet égard, il est nécessaire d'apprendre à les domestiquer.
Pour y parvenir, il faut savoir écouter soi-même et les autres, surtout nos enfants. Ceux-ci en ont tout particulièrement besoin!
Je conclurai avec un exemple parlant: si vous avez un enfant sourd, vous êtes amené à apprendre un nouveau langage: le langage des signes. Mais en tous les cas, il vous faudra -- il nous faudra -- apprendre le langage du coeur.
C'est grâce aux autres parents que j'ai pu faire ces changements significatifs dans la manière avec laquelle je compose avec ma colère, ma peur, ma tristesse. Et j'arrive, ces jours-ci, à demeurer plus souvent et plus longuement, dans la joie. Aujourd'hui je peux dire que je suis très contente d'être mère. On n'a vraiment jamais fini d'être parent. Sûrement, il y avait des moments où j'ai bien voulu démissionner et sans doute autant de moments où même mes fils ont voulu me renvoyer de mon poste!
Je pense sincèrement qu'entre le comportement et l'intellect, les émotions sont trop souvent mises de côté quand il s'agit d'éducation. À travers des langues différentes, y compris les langues gestuelles, l'intelligence émotionnelle représente un savoir universel.
Je vous invite, donc, à PARENTS FORUM ... où l'on est à l'écoute du coeur.