Les enfants et la sociŽtŽ - active - d'abondance

 

Les droits de l'enfant sont la rŽsultante de choix Žthiques.

 

Kinderen en de actieve welvaartsmaatschappij, Dr. jur. Herman PAS

Editions Die Keure, La Charte, Brugge, (B), 2005

 

Herman PAS, Kapucinessenstraat 7, B-2000 Antwerpen, Belgique

herman.pas@skynet.be

 

Le sujet "enfants" ou "droits de l'enfant" ne se discute pas d'une faon neutre, objective.  Il faut montrer ses cartes. On s'engage personellement.  On croit au message ou on ne croit pas.  Il faut faire des choix d'ordre Žthique.

 

Nous avons entrepris d'examiner un domaine auquel on ne pense pas spontanŽment quand on parle d'enfants.  Les enfants, en tant que personnes individuelles, et en tant que groupe social distinct, sont-ils membres ˆ part entire de cette sociŽtŽ dite active, de bien-tre social, qui est la n™tre ?

 

La question que nous nous sommes posŽe Žtait de savoir : "Est-il permis d'attendre des autoritŽs, des gouvernements et des responsables politiques que les engagements, les obligations, qu'ils ont souscrites dans la Convention, soient mises en exŽcution, loyalement et selon l'esprit?  Et cela ˆ l'Žgard de tous les enfants qui rŽsident sur le territoire du Royaume?  Que les pouvoirs politiques, honntement et loyalement, tiennent compte des intŽrts et des droits des enfants, aussi dans les matires 'Žconomiques' qui relvent de leur compŽtence?"

 

Les relations sociŽtŽ - jeunes, l'image des jeunes dans la sociŽtŽ s'en trouveraient fondamentalement modifiŽes.

 

Afin de permettre d'en arriver ˆ ou de rŽaliser une politique qui concde aux enfants et aux jeunes une position "Žgalitaire", d'Žgaux, les adultes "actifs" qui se trouvent ˆ l'Žgard des enfants dans une relation de pouvoir, qui dŽcident de l'allocation des moyens et des responsabilitŽs, devraient accepter d'examiner leur faon d'agir, ˆ Žvaluer et ˆ corriger. N'est-ce pas lˆ le sens du rapportage des droits de l'enfant?

 

Il existe une contradiction flagrante entre le 'pouvoir' dont les enfants semblent disposer dans le cadre des liens familiaux et leur absence ou leur impuissance lorsqu'il s'agit d'institutions Žconomiques - sociales.

 

En partant du respect de l'enfant en tant que personne, l'attitude ˆ l'Žgard du travail des enfants sera basŽe sur l'apprŽciation de ce qu'ils connaissent, savent, ce qu'ils font; en tant qu'individus et en tant que groupe social, et sera fondŽe sur l'apprŽciation positive de ce que les enfants rŽalisent.

 

Cette approche positive jette une autre lumire sur les enfants, sur les mesures de protection ˆ prendre contre les abus et l'exploitation par une mise au travail endommageable.

 

La mme remarque vaut pour les autres activitŽs des jeunes, tels que les Žtudes, le sport, le mouvement de jeunesse, les activitŽs artistiques.

 

Investir dans les enfants ne signifie non seulement l'allocation de moyens de la communautŽ aux adultes de demain, mais aussi aux jeunes, aux enfants, aujourd'hui.

 

Surtout dans les programmes de lutte contre la pauvretŽ les enfants doivent tre reconnus comme catŽgorie sociale relevante.

 

Il n'y a pas de contradiction insoluble entre les droits de l'enfant et le r™le et la responsabilitŽ des parents ou de la famille.  Les enfants ne peuvent atteindre leur plein Žpanouissement qu'ˆ travers la famille, les parents ou les personnes qui prennent soin d'eux.

 

Quelques-unes'unes de nos prises de position pourraient para”tre provocatrices.  C'est voulu. Nous voulons provoquer le dŽbat, mettre en discussion la logique courante.

De toute faon il existe des inconsŽquences dans la parole et les actes.

ƒgalitŽ dans la famille, ŽgalitŽ homme/femme.  Mais É o en est l'ŽgalitŽ enfants / adultes ?

En rŽalitŽ, la protection conduit parfois aux effets pervers: une protection moins efficace que celle accordŽe aux adultes.

p.e. la minoritŽÉ l'incapacitŽ, irrecevabilitŽ d'une action en justice.

p.e. travail des enfants.

 

Parfois les enfants ne sont, en fait, qu'une annexe du dossier de leurs parents.

Souvent les enfants ne sont considŽrŽs que comme "personne ˆ charge". 

Ou, les adultes prŽtendent avoir droit ˆ un enfant.

 

Devant la Cour d'Arbitrage le Gouvernement belge fonde sa dŽfense contre les demandes des enfants sur l'argument que la Convention n'a pas d'effet direct, que les enfants de rŽsidence illŽgale en Belgique ne tombent pas sous la juridiction de l'ƒtat belge, n'ont donc pas droit ˆ l'aide sociale (sont dŽtenus dans des centres d'accueilÉ) et il est dŽfendu aux CPAS de leur accorder l'aide sociale financire.

 

La question s'impose donc quelle espace est allouŽe en rŽalitŽ aux enfants en matire d'allocations sociales matŽrielles, financires, notamment dans le domaine de l'aide sociale, le minimum d'existence, le droit ˆ un niveau de vie dŽcent respectant la dignitŽ humaine, le travail, les allocations familialesÉ

Il s'agit en particulier de droits personnels, propres ˆ l'enfant mme, non seulement droits dŽrivŽs, qui doivent tre reconnus ˆ l'enfant comme aux adultes.  Seul ce principe permet de lui accorder une position juste, Žgale, dans le secteur des mesures sociales (allocations familiales comme droit de l'enfant, minimum vital, aide sociale, imp™ts directs, É)

 

Notre aperu de la situation en Belgique et en Flandre s'Žtend sur les domaines de la recherche scientifique, les programmes des ONG, les programmes gouvernementaux et la jurisprudence.

 

En ce qui concerne la recherche scientifique les rŽsultats sont assez modestes.

 

En ce qui concerne les ONG, nous avons examinŽ de plus prs le rapport gŽnŽral sur la pauvretŽ, les programmes du mouvement familial, les rapports des ƒtats GŽnŽraux de la Famille. Les prises de position paraissent presque toujours faites en fonction des nŽcessitŽs des parents (pour les enfants "ˆ charge").

Dans les programmes et dŽclarations gouvernementales les enfants sont presque invisibles.

 

Les enfants apparaissent d'une faon assez vive dans les questions (souvent d'ordre Žthique) soulevŽes dans la jurisprudence des tribunaux (du travail) et les juridictions suprmes, la Cour de Cassation et la Cour d'Arbitrage.  Sous les interprŽtations choisies se cachent souvent des options d'ordre moral, Žthiques, et des choix politiques.  Souvent aussi plusieurs raisonnements logiques sont possibles.

 

Nous faisons ici un plaidoyer pour une logique nouvelle, partant de la reconnaissance de l'autonomie et de l'ŽgalitŽ de l'enfant en tant que personne humaine, qui a le droit d'tre vu et reconnu en tant que tel.  Le droit ou le besoin de protection spŽcifique ne saurait conduire dans la pratique ˆ une protection lŽgale, juridique et sociale moins Žtendue et explicite que celle reconnue aux adultes.  Une logique qui ne mne pas ˆ rŽduire les droits de l'enfant, des enfants, ˆ une existence dans la dignitŽ.  Une logique qui se situe vŽritablement dans la ligne des Conventions des droits de l'enfant et des droits de l'homme.  Qui reconna”t l'enfant comme citoyen et sujet de droit ˆ l'Žgale des adultes, dans le domaine du droit ˆ un niveau de vie conforme ˆ la dignitŽ humaine.

 

Antwerpen 13 juin 2005