Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec

Les aînés et la politique familiale

Madame Danielle Métras
Présidente et co-fondatrice
Maison des grands-Parents de Villeray
- Lauréate prix Anne-Greenup 1997
- Lauréate prix Agnès C.Higgins 1996

Partenariat-aînés 1999
Vers une société pour tous les âges

Mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf sera l'Année internationale des aînés. Considérant l'importance d'une telle avenue pour les aînés, Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec et La Maison des grands-parents de Villeray unissent leurs actions sociales et familiales par un partenariat uniquement préoccupé du rôle, de la reconnaissance et des réalités des aînés.

 

L'Organisation des Nations Unies et l'Année internationale des aînés

Considérant que l'accroissement de l'espérance de vie est l'une des plus grandes réalisations du XXe siècle et que le vieillissement de la population constitue un défi majeur, l'Organisation des Nations Unies a convoqué l'Assemblée mondiale sur le vieillissement en 1982, et, la même année l'Assemblée générale a fait sien le Plan d'action internationale sur le vieillissement (résolution 37/51).

En 1990, l'Assemblée a désigné le 1er octobre, comme Journée internationale pour les personnes âgées (résolution 45/106) et, un an plus tard, en 1991, elle a adopté les Principes des Nations Unies pour les personnes âgées (résolution 47/86).

 

Résolution 47/5 du 16 octobre 1992

L'Assemblée générale a décidé de célébrer en 1999, l'Année internationale des personnes âgées.

Dans le cadre conceptuel d'un programme pour l'Année internationale, quatre dimensions ont été mises en évidence :

C'est donc en se penchant sur la visée de ces orientations, que deux organismes ont réaffirmé la base de leur existence.

D'une part, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec, organisme sans but lucratif, fondé le 22 février 1984, ayant pour buts :

D'autre part, la Maison des grands-parents de Villeray, organisme communautaire sans but lucratif, fondé en 1992, a pour buts :

 

Pourquoi un "Partenariat-Aînés 1999" ?

Pour consolider des liens qui, entre les deux organismes, existent depuis 1992 à oeuvrer à l'apport socio-familial des aînés.

Dans la foulée des projets à venir, certains sont déjà en cours :

- tous les dimanches matins, monsieur Raymond Villeneuve auteur professionnel, accompagné de six autres écrivains se réunissent à la Maison des grands-parents de Villeray et recueillent par l'intermédiaire d'échanges, des témoignages livrés par les aînés;   

Cette interaction entre aînés et jeunes auteurs constitue véritablement pour l'auteur, le “terreau de la pièce”. (Progrès de Villeray, 2 décembre 1997)

Cette création est en partenariat avec Créations Etc. et appuyé par les Maisons de la culture Villeray, Saint-Michel, Parc Extension et sera produite pour 1999.

 

Place à l'épanouissement des aînés

En tant que collaboratrice au Regroupement, il m'est très stimulant d'avoir à y oeuvrer pour l'Année internationale des aînés.

En fait, ce qui m'apparaît culminant pour cette année 1999, c'est qu'elle peut devenir un tremplin pour les échanges et pour la réflexion. Le thème soumis par l'Organisation des Nations Unies, “ Vers une société pour tous les âges ” en illustre bien l'ouverture; il sous-tend la déghettoïsation des âges, la communication, l'intergénération. Le thème est pacificateur.

Au-delà des fragilisations que le temps apporte au corps, au-delà des discordes générationnelles, l'année se veut le carrefour des âges. Mais bien sûr, ce sera l'Année des aînés et nous aurons à faire connaissance les uns avec les autres.

 

Que peuvent avoir à dire les aînés ?

Le Conseil des aînés dans une publication fort bien étoffée et intitulée la Réalité des aînés québécois rapporte qu'il y a déjà au Québec, mille et une expériences de groupes d'aînés qui s'impliquent dans la société, favorisant ainsi de nouvelles solidarités intergénérationnelles. Depuis toujours, les aînés ont transmis aux générations plus jeunes leurs connaissances et leurs valeurs et ils entendent poursuivre la tradition.

 

Sur le plan familial

L'étude révèle entre autre que plus de 80% des personnes âgées de 65 ans et plus rendent service à leurs enfants, qui, pour leur part, s'impliquent auprès de leurs parents dans une proportion de 73,2%.

 

Sur le plan social

En 1990, une étude réalisée par la Fédération internationale des associations de personnes âgées (FIAPA) en collaboration avec l'UNESCO, révèle que le champ d'action privilégié des groupes d'aînés est l'intervention sociale, le loisir venant en second lieu. À ce sujet, le Québec n'est pas différent. Leur action est très diversifiée : activités socio-sanitaires, dépistage de personnes aînées isolées, entraide, support, coopération, accueil, information, formation de groupes d'entraide et recrutement des bénévoles, activités socioculturelles, éducatives et communautaires, écoute active, accompagnement, animation et formation.

Une enquête effectuée, à l'échelle du pays (1997) portant sur les aînés et le bénévolat, démontre que 20% de tous les bénévoles québécois étaient des aînés, alors qu'ils composaient 12% de la population de 15 ans et plus. Les aînés consacrent en moyenne 134 heures par année par organisation, comparativement à 115 heures chez les autres Canadiens. (Bonnie Brennan, Les aînés et le bénévolat : un profil tiré de l'enquête sur le bénévolat de 1987, Ottawa, 1989)

 

Sur le plan économique

Les aînés sont des consommateurs au même titre que les autres groupes de la population. Grâce à leurs contributions fiscales, à leur pouvoir d'achat et à leurs investissements, les aînés participent au produit intérieur brut du Québec. Ils sont aussi des consommateurs d'activités éducatives, artistiques et culturelles.

 

Sur le plan culturel

Selon une étude menée par le ministère de la Culture, en 1994, près de 30% des personnes de 55 ans et plus préfèrent pratiquer des activités culturelles plutôt que d'autres formes de loisirs. (Conseil des aînés, La réalité des aînés québécois)

 

Vers mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf

Nous sommes donc à même de constater que vieillir n'est pas que souffrir. L'aîné est un citoyen à part entière. Tel que nous venons de le voir, ses interventions sont multiples. Le misérabilisme dans lequel nous le voyons trop souvent plongé par les médias ne rend pas justice aux aînés et fait plutôt ombrage au vieillissement.

Il ne s'agit pas de nier certaines problématiques liées à la vieillesse. Ce serait se départir lâchement d'une responsabilisation sociale et familiale envers les aînés. Il s'agit de se conscientiser aux changements.

Ces changements face au vieillissement de la population québécoise, se vivent présentement. À titre d'exemple, je citerai les bouleversements que nous vivons face aux nouvelles pré-retraites et retraites. Qu'adviendra-t-il dans quelques années des jeunes retraités dans la cinquantaine ? Quelle place se seront-ils taillée pour une seconde carrière, alors que les jeunes se bousculent pour prendre leur place ?

Enfin, 1999 peut nous donner l'opportunité de mieux comprendre l'évolution des âges et d'en ressortir grandis pour le siècle nouveau.

 

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