| Le
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
Madame Sonia Auclair
Agent sociocommunautaire au Poste de quartier no 37
Service de police de la Communuaté urbaine de Montréal
Le taxage, les gangs, la violence
Le taxage est une forme de violence de plus en plus répandue chez les jeunes. Considéré comme la maternelle des gangs de rue, il s'agit d'un vol qualifié sur la personne, donc un acte criminel passible de sanctions sévères.
Le problème relié au phénomène de gang est présent à peu près partout sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, mais s'avère plus aigu dans les quartiers frappés par la pauvreté. Les agresseurs et les victimes se retrouvent généralement parmi les jeunes du secondaire, bien que les élèves du niveau primaire connaissent cette réalté.
Pour les services de police, la difficulté de contrer cette criminalité, réside, entre autres, dans le fait que les victimes ne les dénoncent pas, par peur de représailles, ou qu'elles ignorent tout simplement qu'il s'agit d'un crime. Non seulement, les auteurs de taxage peuvent poursuivre en toute impunité leur contrôle sur les pairs, mais encore les "taxés" deviennent des "taxeurs".
En effet, le jeune qui se fait taxer, sera plus enclin à entrer dans un gang pour taxer à son tour et ainsi se venger.
Certains objets sont particulièrement prisés par les taxeurs, qui préfèrent agir en groupe et s'attaquent évidemment à plus petit que soi. Celui qui se promène avec un manteau et une casquette à l'effigie d'équipes de sports américains court la chance de se voir dépouiller. L'argent, les walmans et les passes d'autobus font aussi l'objet de la convoitise des agresseurs.
Puisque le taxage est directement relié aux gangs de rue et qu'il est rarement dénoncé, donc rarement puni, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, en partenariat avec divers collaborateurs, a participé à l'élaboration de trois programmes de prévention :
* Groupe de support aux parents : qui vise à informer les parents du fonctionnement des gangs de rue et leurs activités par une série de dix rencontres.
* Connais-tu ma gang ? : qui peut sensibiliser les parents et les intervenants à identifier les signes, les changements d'attitudes, indicateurs d'une situation à risque chez les jeunes.
* Taxage : projet qui favorise l'intervention massive et intensive auprès des victimes, témoins et agresseurs impliqués dans un délit de taxage, en sensibilisant les jeunes en milieu scolaire par des rencontres animées par les policiers.
Le taxage est aussi une affaire ethnique. Noirs, Blancs, Latinos et autres s'entretaxent même si le taxage entre compatriotes restent courant. Et les filles n'échappent pas au phénomène.
Si les gangs de rue sont majoritairement ethniques, cela n'a évidemment rien à voir avec la couleur de la peau. La pauvreté, qui sévit particulièrement chez les nouveaux arrivants, est un facteur important. Tous les enfants pauvres ne deviennent pas des voyous : en fait, le manque d'encadrement familial serait la principale cause de l'existence des gangs.
Les membres de gangs iraient en effet chercher dans le groupe le sentiment d'appartenance et la discipline qu'ils ne trouvent pas à la maison.
Cela dit, quand un gang nait, il fait des victimes et celles-ci forment un autre gang pour se protéger. Avec la provocation vient l'escalade et très vite, tous les jeunes sont en danger, comme futures victimes ou maffiosos. Peu importe la couleur, la famille ou l'argent de poche.