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Le
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
Allocution de clôture de Maurice Champagne
à la Conférence internationale «Les familles et la
mondialisation»
de FAMILIS - Organisation mondiale pour les familles
et célébrant le 15e Anniversaire (1983-1998)
du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
tenue à Montréal au Québec, les 9, 10 et 11 juin 1998
Le rôle de l'État et la solidarité entre les
familles
Pouvons-nous redécouvrir la famille comme valeur civilisatrice, à travers des parents allumeurs de réverbères ?
Notes sur le conférencier
Humaniste au Québec, chercheur et écrivain engagé dans
laction sociale et politique, homme de liberté, surtout
devant le manichéisme idéologique, Maurice Champagne est
lun des artisans de la Charte des droits du Québec et de
plusieurs législations sociales, dont la Loi de protection de la
jeunesse. En 1984, le Gouvernement du Québec lui octroie la
fonction de sous-ministre associé au Conseil exécutif pour
initier une «politique familiale» pouvant répondre en
particulier aux attentes des organismes familiaux et féminins.
Au nombre de ses ouvrages, soulignons deux de ses essais
marquants, «La violence au pouvoir» (Éditions
du Jour, Montréal, 1972) et «La famille et lhomme
à délivrer du pouvoir» (Leméac, Montréal, 1980).
Toujours fidèle à son engagement humaniste, centré sur la
primauté des valeurs relationnelles et affectives, en regard des
valeurs rationnelles et sexuelles dominant nettement la deuxième
partie du XXe siècle en Occident, sa conférence à FAMILIS est
avant tout un témoignage de sa foi en la Famille
et aux Valeurs qui sont sa raison dêtre.
Une foi à transporter les siècles et les continents.
Texte de lallocution
Déléguées, délégués de tous ces pays du monde rassemblés
à Montréal, à linitiative de FAMILIS - Organisation
mondiale pour les familles et du Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec, merci dêtre ici,
avec nous. Le développement de ce nouvel organisme mondial, que
jespère aussi rapide que puissant, comme rassembleur,
diffuseur, multiplicateur, civilisateur, sur cette planète en
mal dhumain, nous apporte peut-être déjà lespoir.
Merci dêtre ici, au Québec, au Canada, là où nos
leaders sociaux et nos élites scolarisées et intellos font si
peu pour la famille et la considèrent encore, primitivement et,
en général, hors de toute pensée profonde, comme une
valeur conservatrice et traditionnelle de droite.
La réalisation sociale et politique que jai eu le
plus de mal à mener à un «certain terme», ça été de vivre
lexpérience de premier sous-ministre à la création
dune politique familiale pour le Québec. Si
dailleurs, monsieur René Lévesque, Premier ministre
dalors, ne me lavait pas demandé lui-même, je ne
laurais pas accepté, connaissant trop bien comment le
Québec de la dite Révolution tranquille, par réaction
extrémiste au monolithisme médiéval religieux dont nous
vivions encore dans les années 50, était devenue du jour au
lendemain lune des sociétés occidentales la plus
méprisante pour le couple et la famille. Oui, nous avons vécu
de la fin des années 50 au début des années 80 une révolution
«tranquille», mais qui ne fut tranquille que sur le plan civil
et politique; sur le plan «affectif» elle a été dune
brutalité sans pareille, faisant du couple, de la famille et de
notre jeunesse ses principales victimes. Et notre survie, même
comme peuple sen trouve quasi compromise étant donné
notre déficit démographique énorme, notre mépris des parents
et notre embarras devant lenfant. (Pensons quen
trente ans seulement, lindice de fécondité au Québec est
passé de 3.9 enfants par femme (1955) à 1.3 enfants (19985),
lindice le plus bas en Occident avec celui de
lAllemagne de lOuest) . Dans les années 70, nos
intelligentsias sociales intellos et professionnelles
glorifiaient le «divorce facile», le «veau dor» de la
société de consommation et de largent, la «modernité»
sans âme , la «liberté» de tout et de rien quasi imposée aux
jeunes et la consommation des personnes comme celle des objets,
entre le prêt à porter et le prêt à jeter, où nous sommes
toujours dailleurs...
Merci dêtre là, oui ! Merci à FAMILIS de vous avoir
rassemblés et notamment grâce à lénergie de son
président, Yves Lajoie. Je salue au passage lune des
vice-présidentes, madame Ruth Laliberté Marchand, une
professionnelle et une femme émérite du Québec avec qui
jai eu le privilège de travailler souventes fois.
Et, je veux vous prévenir, maintenant, quà la fin de
cette conférence, je vous ferai une demande pressante qui en est
dailleurs laboutissant. Aidez vos pays et vos
communautés et vos peuples et lOccident même à «penser
famille», à «parler famille», à «agir famille» , avec un
objectif majeur : celui déliminer la perception
«famille-droite» et de faire redécouvrir que les vraies
valeurs familiales sont celles qui fondent lhumanité, la
civilisation et les valeurs individuelles et collectives qui
rendent lêtre humain : humain, relationnel, avec
un sens de lautre aussi aiguë que le sens de soi,
les valeurs affectives par lesquelles sexprime le premier
besoin du corps et de lâme de chaque être humain, celui
daimer et dêtre aimé, celui de chaque enfant sur
terre, avec le pain, leau et le sommeil.
Enfin - en vous disant que je suis ici, dabord en tant que
fils et père -, sachez quavec lamour, la tendresse,
la croissance humaine partagée, la famille est ma première
valeur politique et sociale, mon premier amour de la vie.
Pour répondre à la demande que ma transmise monsieur
Lajoie, en votre nom, qui est de traiter du «rôle de
lÉtat à légard de la famille et des familles ainsi
que de la solidarité entre les familles», voici ce que
je vais aborder et dans quel ordre.
1. Je vais parler de la nature spécifique de la famille, comme
institution, milieu de vie et déducation de la personne;
de ses fonctions et des valeurs qui sont sa
raison dêtre civilisatrice, dont la valeur suprême que
constitue le rôle des parents. (Une parenthèse
pour vous dire que lun de mes collègues et amis,
compétent et humain, monsieur Camil Bouchard a intitulé un
rapport sur lenfance et la famille : «Un Québec fou de
ses enfants!». En le félicitant, je lui ai dit, daccord,
mais nous ne pourrons avoir un Québec fou de ses enfants qui si
nous faisons dabord «Un Québec fou de ses parents».
2. Puis, je ne parlerai du rôle de lÉtat et de la
solidarité des familles que comme «soutiens» aux fonctions et
aux valeurs que jaurai exprimées au cours de la plus
grande partie de lexposé qui suit et que vous me
permettrez de vous livrer par des notes, car parler avec un texte
me paralyse, surtout si cest le mien... Et je tenais
surtout, aux premières heures de FAMILIS, à vous laisser une
«table de réflexion» sur le valeurs de «la» famille et «des
familles».
I. La famille
A. Sur la nature spécifique de la famille
a. Quelques éléments sur ce que la famille
nest pas dabord
Ces éléments correspondent à ce que jentends souvent de
la part dindividus et de groupes qui ne semblent pas avoir
beaucoup réfléchi sur ce quest la famille... ou qui
nont gardé en eux ou en elles que le négatif dont une
famille peut trop souvent être porteuse. Incompréhension très
reliée dailleurs au fait que, chez nous en tout cas, la
société québécoise na jamais, depuis la Révolution
tranquille, tenu de vrai débat de valeurs sur la réalité
familiale.
. Premièrement, la famille ne doit plus être confondue
au couple ou au mariage.
Je laffirme, avec tout le respect que je porte au couple
homme-femme, qui est la réalité relationnelle et affective la
plus sacrée à mes yeux. Surtout lorsque le couple est voulu
comme durable et comme expérience de croissance partagée, où
lautre devient un témoin privilégié de ce que lon
est soi-même. Et, jajoute que, probablement, du moins si
un jour on arrive à réfléchir sérieusement sur le couple, la
famille idéale devrait être fondée sur un couple homme-femme
amoureux.
Ainsi donc lélément le plus spécifique de la famille,
cest le rapport « parent(s)-enfant(s) ». Sans enfant
déjà conçu, un couple ne forme pas encore une famille.
Et dans ce cadre, je pense que lÉtat, en dehors des
mesures légales de protection des personnes, na pas à
subventionner lamour dun couple sans enfant, ni même
dans la société actuelle à soccuper, par exemple,
davantages sociaux, de partage de rentes pour les couples.
Comment être juste à cet égard quand les individus vivent au
cours de leur vie 3, 4, 5, et plus encore dunions de fait
ou de mariages rompus ?
Je crois aussi quil est temps que nous distinguions
socialement lengagement «conjugal» et lengagement
«parental». Celui-ci devrait être valorisé socialement et
politiquement par un rituel de naissance, dentrée à
lécole, de puberté, voire même à la majorité légale
lorsque lado devient un «jeune adulte», le «juvenis»
des sociétés anciennes. (Je remettrai au Regroupement le texte
dun «serment parental public» que jai préparé
pour le rituel de naissance).
. Deuxièmement, la famille nest pas une simple
juxtaposition dindividus, de sexes et de générations.
Elle est essentiellement et existentiellement «une unité et un
milieu de vie relationnel». Les gouvernements, trop souvent
ignares de cette dimension, font des politiques individuelles
pour les femmes, les enfants, les personnes âgées, les
personnes handicapées, les travailleurs et les travailleuses,
qui peuvent devenir anti-familiales. Exemple : tout ce que nous
ne faisons pas, sauf dans quelques rares pays, pour ne pas isoler
les grands-parents des familles de leurs enfants et pour
faciliter la relation enfants-grands-parents, qui est
fondamentale pour les deux et qui sert souvent de tampon
régulateur pour des parents trop collés sur leurs enfants.
Autre exemple : des législations nouvelles sur les «droits de
lenfant» qui font comme si les parents navaient plus
de droits. Cest ridicule et malhonnête vis-à-vis des
enfants comme des parents. Les parents ont 18 ans de
responsabilité légale à assumer pour chaque enfant; les
gouvernements en ont-ils seulement la mémoire pour retirer les
enfants aux parents quand ceux-ci se révèlent inadéquats ?
Autre exemple : des politiques de services de garde et
dhoraires de travail qui ne tiennent pas compte des
horaires des parents. Et encore et encore...
. Troisièmement, une famille nest pas
laffaire «domestique» ou «affective» des femmes, sous
prétexte notamment que ce sont elles qui mettent les enfants au
monde !
Un homme «devient» père, une femme naît avec un utérus! Et
lon devient père de corps et dâme, dabord
dans les deux premières années de vie de lenfant et à
partir du moment où lenfant se fait couper le cordon
ombilical. Cette incarnation de la paternité est cruciale,
surtout parce que le tout jeune enfant est un
émetteur-récepteur de vie relationnelle stimulé par une
énergie qui, chez lêtre humain, est à sa puissance
maximale dans les premières années de vie. Doù la
terrible responsabilité dêtre parent, pour faire ou
défaire un enfant et, souvent, toute une vie.
À mes yeux, cest dabord de lengagement
individuel des hommes dans la paternité affective, et, de leur
engagement collectif envers la famille, la parentalité et
lenfance, que dépend lavenir de la famille. Que les
hommes deviennent pères aussi intensément que les femmes ont
été mères depuis des millénaires.
On ma souvent décrit, à cause de mes écrits, mes
conférences, mon action sociale, comme lhomme le plus
«féministe» du Québec. La vérité, cest que jai
mis de lavant depuis plus de trente ans les justes
revendications des féministes ouvertes; mais je trouve
exécrable, voire souvent maladive, au moins dans la violence
sous toutes ses formes, la gestion millénaire de la vie en
société par le monde masculin. Les hommes nont pas
seulement pollué la vie de la «femme», ils ont pollué la vie
de lenfant et celle de la «mère nature» ... (En
général, bien sûr.)
Si les hommes ne font pas bientôt une révolution
masculine intérieure et collective, repensant leur
culture millénaire comme lon fait les femmes au Québec,
par exemple, ce nest pas de lavenir de la famille
dont je vais douter, mais dun avenir humain pour la
planète. Messieurs, la balle de la vie et des valeurs affectives
est dans votre camp. Cessons de nous séparer à
lintérieur de nous-mêmes et socialement, en «mâle» et
«enfant», pour consacrer les rôles traditionnels par lesquels
on a coupé en deux lessence féminine dans le «culte»
(culture) de la «mère» et de la «femme objet» (la mère
usine de reproduction et de service familial, la pute, la femme
de désir par opposition à la femme totale qui peut être mère,
amante, relationnelle, parce quelle est simplement et
totalement «femme»). Incidemment, vous
connaissez le seul couple que les hommes et beaucoup de femmes
ont valorisé dans lhistoire passée et récente? Le couple
oedipien mère-fils!
Le cordon ombilical qui relie symboliquement et charnellement
lenfant à la mère dans lutérus, ne devons-nous pas
tous le recréer spirituellement et affectivement pour
dabord nous relier à nous-mêmes et être en «sécurité
affective», comme pour nous relier aux autres? Cessons de nous
avorter affectivement...
La famille doit être totalement une responsabilité partagée et
complémentaire de lhomme et de la femme.
b. Ce que la famille est spécifiquement
1. En dehors des définitions de la famille que jai
apprises ou formulées moi-même, je ne me fie vraiment
quà celle inscrite dans la nature humaine.
La famille, cest le triangle naturel
«homme-femme-enfant» sur lequel repose le renouvellement et la
première éducation de lhumanité.
2. Cest aussi la «charnière» relationnelle de
lhumanité entre lindividu et la collectivité, entre
la personne et la société. Nous «naissons individus», nous
«devenons des personnes» au cours de toutes les étapes de
notre vie et dont lenfance est la plus déterminante. Comme
les collectivités deviennent des sociétés à la mesure de
leurs valeurs. Et jajoute, quen ce moment de
lhistoire de la planète et de lOccident
dabord, la famille peut-être charnière entre la
mondialisation et lindividualisme. Ces deux extrêmes entre
lesquels nous cherchons un peu de souffle et de lumière sur nos
identités.
3. Cest la première institution et le
premier milieu de vie : naturels, culturels, sociaux, éducatifs,
affectifs, relationnels, politiques. Mettre un enfant au monde
est un geste politique et public, autant que personnel et privé.
De considérer la famille comme «privée» fait laffaire
des États qui ne veulent pas la soutenir.
4. Cest une unité de vie relationnelle (par opposition à
la simple juxtaposition dindividus qui peuvent se nier les
uns les autres).
Relations entre : - parents et enfants (pas de famille sans au
moins un enfant), - homme et femme, - frères et soeurs, - autres
membres de la famille élargie, à commencer par les
grands-parents, - autres familles, - famille et école, - famille
et quartier ou autre unité de vie géographique et collective.
Plus une famille est peu nombreuse et isolée des autres, plus
elle est exposée à toutes les formes de violence; comme à
lautre extrême, la famille clan, dirigée par des chefs
gourous mâles.
5. Cest une structure à multiples formes - nucléaire,
monoparentale, commune, clan... - , pourvu quil y ait au
moins un parent et un enfant.
6. Cest la responsabilité partagée de lhomme et de
la femme, redisons-le. Cest dabord de
lengagement des hommes dans la paternité affective et de
leur engagement collectif envers la famille, les responsabilités
parentales et de lenfance, que dépend lavenir de la
famille. Cest la valorisation collective des parents comme
premiers responsables de la qualité de vie sur la planète.
B. Sur la fonction et les valeurs principales de la
famille.
a. La fonction générale :
- développer des personnes, avec des valeurs,
pour donner un sens à leur vie et à la famille.
b. Les valeurs principales en cause :
1. Le rationnel, comme base de tout ce qui est humain fondement
de toutes les solidarités.
2. La culture des valeurs relationnelles, pour moi, exprime le
plus grand accomplissement de la nature dans la floraison des
valeurs affectives, qui donnent à la raison et à la sexualité
leur dignité. (Quand je parle de «culture», entendez presque
«lagriculture» de lâme et du corps...).
3. La réponse aux besoins fondamentaux de la personne est la
tâche primordiale des parents et de lécole. Or, ces
besoins sont dabord dordre affectif : - la
sécurité, - lestime de soi, - le sens de lidentité
personnelle, - lautonomie et linterdépendance
(alliées qui devraient être inséparables), -
lappartenance sociale, - lapprentissage de la
dignité humaine.
4. Le respect des différences entre les individus et les
collectivités, les ethnies, les cultures, les races même, par
opposition à légalité de nivellement des identités qui
nie les différences pour la mondialisation sans identités.
5. Le développement de la conscience, qui fait que lêtre
humain est capable de se penser et de penser la vie. Surtout,
celui dune conscience sociale, capable de départager
linjustice de la justice, la dignité de lindignité,
lessentiel de laccessoire, etc. Et nest-ce pas
aussi le fondement indispensable de la démocratie, dont les
familles sont un rouage essentiel ? Exemple : léducation
à la conscience sociale de lenfant et des parents peut se
faire en utilisant la télévision omniprésente dans la famille.
6. La croissance partagée, objectif primordial de la vie de
famille, comme dans les autres relations signifiantes entre
personnes, entre groupes, entre cultures.
c. La valeur suprême de la famille
- qui peut devenir la source de valeurs biaisées, voire même
vide de valeurs - :
- la responsabilité parentale, celle du plus
beau et du plus difficile métier du monde, celui de parent (
avec celui denseignant).
- être parent, nest-ce pas avant tout être
allumeur de réverbères; pour chaque enfant, en le rendant
conscient de ses capacités et de tout ce qui fait quil est
«unique», à travers ses limites mêmes. Cest le
contraire du «parent éteignoir» ...
Il me semble quau XXe siècle, après des années de
connaissances et de culture sur la famille, nous ne devrions pas
nous octroyer «le droit dit naturel dêtre parents»
surtout après avoir été nous mêmes enfants et adolescents, si
nous ne sentons pas en nous la volonté et une certaine capacité
dêtre des allumeurs de réverbères.
Répandons la lumière sur le corps de nos enfants et dans leur
âme.
Cest dans la qualité de celui ou de celle qui regarde
lautre, qui lécoute, qui lui parle, qui le touche et
qui, de surcroît possède un pouvoir légal et éducatif
dautorité et de responsabilité, que se trouve
lamour, la tendresse, le renforcement positif et la
brillance de celui ou de celle qui est regardé-e et éduqué-e :
lenfant, ladolescent. (Et je dirais quil
devrait en être de même à légard des grands-parents).
De grâce, néteignons pas ce que nous devons rendre
lumineux, ardent, intense, ensoleillé, par devoir, peut-être le
premier devoir des parents envers la famille et
lhumanité.
En exerçant intensément ce devoir, le premier à en retirer
profit et bonheur, sera le parent lui-même, en créant le
positif et en facilitant sa relation avec lenfant : en
favorisant un comportement «réponse» de lenfant et de
ladolescent qui pourra être plus adéquat au comportement
«stimulus» du parent.
Une toute petite remarque enfin sur quelque chose qui est monnaie
courante dans les familles. Les parents souvent agissent trop
unilatéralement avec les enfants. Par exemple, ils donnent tout
sans même demander à lenfant ce quil veut - et ils
se plaignent ensuite de ce quils ont fait... «Ah ! on
sest vidé pour eux» et encore. Cest lune des
raisons qui explique que souvent, dans lâge adulte, les
enfants ne veulent
plus rien savoir de leurs parents, en dehors de quelques
anniversaires et de fêtes sociales obligées. Rendons les
enfants plus responsables deux-mêmes, ils le seront
davantage de leurs parents, plus ouverts, plus généreux, dans
la vingtaine, la trentaine, la quarantaine... Souvent, on a
limpression quà cause de lattitude
négativement paternaliste des parents, la famille sarrête
avec la majorité des enfants et que ceux-ci ne peuvent même pas
sintéresser aux problèmes personnels de leurs parents, à
leur coeur, à leur désir de bonheur relationnel. (Oh!
incidemment, mon approche sur les «parents, allumeurs de
réverbères», na rien à voir avec les recettes dun
certain Spock ou de combien dautres gourous qui vendent
leur vérité, même aux éducateurs et aux soi-disant
professionnels de la protection de la jeunesse en Occident.
Remarque particulière sur les prétentions à la
parentalité homosexuelle
Avec le développement fulgurant de lhomosexualité et des
lobbies puissants sur la reconnaissance des droits conjugaux et
parentaux équivalents à ceux des couples et des parents
hétérosexuels, je ne crois pas que la protection contre la
discrimination et pour légalité sociale doive dépasser
leur statut de personne.
Leur reconnaître des droits conjugaux et parentaux égaux à
ceux des personnes hétérosexuelles, équivaut à détruire la
fonction naturelle du triangle femme-homme-enfant et à imposer
à lenfant «la discrimination envers lun des deux
sexes», qui est lessence même de lhomosexualité,
quelle soit conditionnée par des facteurs culturels ou
naturels (ce que personne au monde en ce moment nest en
mesure de départager scientifiquement). Je suis stupéfait du
silence, pour ne pas dire plus, du monde des familles, à
légard de la croissance et de la puissance des
revendications homosexuelles, silence plus inquiétant encore du
ministère de la Famille et de lEnfance et de ses
organismes...
(Voir là-dessus un article fondamental co-signé par Maurice
Champagne et quatre autres chercheur(e)s et professionnel(le)s du
Québec, paru notamment dans La Presse du 17 avril 1998 et dans
The Gazette du 25 avril 1998 et ayant été largement distribué
dans tous les gouvernements du Canada, dans les organismes et
tribunaux de droits et dans de nombreux corps sociaux :
Reconnaissance juridique et sociale de lhomosexualité :
des questions )
II. Sur le rôle des États auprès de
linstitution familiale et des familles
Les gouvernements, quils soient de droite ou de gauche,
comme en France, par exemple, ne devraient-il pas :
- reconnaître et promouvoir les fonctions de la famille,
dune façon équivalente à celles que jai évoquées
dans la première partie;
- soutenir par des avantages sociaux et économiques la tâche
légale, sociale et éducative des parents;
- assurer aux adolescents et aux jeunes adultes une éducation à
la nature et à lexercice de la responsabilité parentale;
- protéger chaque membre de la famille, à commencer par
lenfant, contre tous abus et agressions par un autre membre
de la famille ou par des tierces personnes ou groupes sociaux,
dont ceux des sectes fermées;
- développer une politique familiale multisectorielle et
globale, qui fasse que lintérêt supérieur de
lInstitution familiale et des familles elles-mêmes soit
pris en compte dans toutes ses autres politiques;
- écouter et soutenir les organismes communautaires, familiaux
et para-familiaux, qui ont une crédibilité spéciale ou peuvent
lacquérir.
III. Sur la solidarité des familles
Que votre solidarité soit sur le terrain où vous vivez
immédiatement, avec vos voisins surtout, qui vivent en général
les mêmes besoins et les mêmes problèmes que vous, bien sûr.
Mais quelle soit aussi collective et internationale. Et
donc, vive FAMILIS et le Regroupement inter-organismes pour une
politique familiale au Québec.
Unissez-vous à travers même vos différences de convictions et
dintérêts, quil sagisse des données
culturelles ou religieuses, de questions déthique comme
lavortement, les nouvelles technologies de reproduction, le
sort des grands-parents, etc...
Surtout, prenez parole et devenez des
forces collectives, comme les syndicats, le patronat, de
multiples groupes de pression.
Les grands problèmes de la très faible existence sociale et
politique des familles et des organismes qui les représentent,
dans de nombreuses sociétés occidentales, sont : leur propre
isolement, la perception idéologique que la famille est une
force conservatrice de droite, et leur incapacité généralisée
à affirmer publiquement les vraies valeurs de la réalité
familiale. Bref, elles sont souvent, avec des organismes qui les
représentent, les premiers ennemis de la cause des familles et
des parents.
En conclusion
Le XXIe siècle sera humain, cest-à-dire «affectif» ou
il ne sera que technique, mécaniste, objectal, de tête et de
sexe, sans pontage affectif, à limage de la fin du XXe.
Parents et gens de famille, ne devez-vous pas être les premiers
artisans et artisanes des valeurs civilisatrices, dont les
valeurs affectives qui unissent les êtres humains. Donnez-en le
témoignage, sil vous plaît. Que la famille ne soit ni
traditionnelle, ni nouvelle. Redécouvrons ses valeurs
civilisatrices qui dépassent temps et espace, frontières et
cultures. Quelle soit un force civilisatrice du XXIe
siècle.
Et je vous souhaite le bonheur, à faire, à partager et à dire,
pour que les peuples heureux et les familles heureuses aient
enfin une histoire. Le bonheur tel que situé par le grand ,
Alexandre Lowen : «La conscience de croître».
Merci.