| Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 10, numéro 56, décembre 1998 |
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Allocution de
Madame Nicole Léger
Ministre déléguée à la Famille et à I'Enfance
Assemblée générale annuelle
du Regroupement inter-organismes pour une
politique familiale au Québec
Jeudi 12 novembre 1998
Mesdames, Messieurs,
J'aimerais tout d'abord vous remercier de m'avoir invitée.
En tant que ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance, je suis heureuse de partager avec vous ma vision de la politique familiale québécoise.
Je vous rappelle que cette politique, nous l'avons mise en place à la demande des divers groupes familiaux. Et c'est ensemble que nous pourrons contribuer au plein épanouissement des 1,6 millions d'enfants et des quelques 950 000 familles du Québec.
La politique familiale est au coeur des priorités du gouvernement. C'est ce qui nous a amené à y consacrer beaucoup d'efforts et de ressources depuis septembre 1997. Nous avons aussi redonné à la Famille ses lettres de noblesse en créant un véritable ministère de la Famille et de l'Enfance, une demande qui répondait aux attentes formulées par les groupes et les organismes voués aux interdits de la famille et de l'enfance.
Le ministère de la Famille et de l'Enfance administre un budget annuel de 1,2 milliards $, ce qui le place au quatrième rang en ordre d'importance budgétaire des ministères québécois. C'est dire l'attention que nous portons aux besoins des enfants et des familles du Québec.
Permettez-moi de vous faire un bref rappel concernant les objectifs des nouvelles dispositions. L'État reconnaît que c'est aux parents qu'incombe la responsabilité première de subvenir aux besoins de leurs enfants de même que de soutenir les familles.
Les nouvelles dispositions de la politique familiale
québécoise visent trois objectifs:
. assurer l'équité par un soutien universel aux familles, tout
en fournissant une aide accrue aux familles à faible revenu,
. faciliter la conciliation des responsabilités parentales et
professionnelles;
. et favoriser le développement des enfiants et l'égalité des
chances pour chacun d'eux.
Nous tirons un bilan extrêmement positif de l'application des nouvelles dispositions de la politique familiale.
Prenons le cas des services de garde! Il sagit d'une pièce maîtresse de la politique familiale et notre plus beau fleuron.
Qu'on pense:
. à la maternelle à temps plein pour tous les enfants de cinq
ans;
. à la création des centres de la petite enfance et au
développement accéléré du réseau;
. à l'application d'un programme éducatif commun.
Mais ce n'est pas tout d'assurer la qualité des services. 11
faut également en faciliter l'accès, ce que nous avons fait en
innovant avec les places à contribution réduite (les places 5
$):
. pour les enfants de 3 et 4 ans actuellement, et pour tous les
enfants de moins de cinq ans dès l'an 2000;
. pour les enfants de cinq à douze ans dans les services de
garde du milieu scolaire.
L'engouement pour cette mesure nous indique qu'elle répond à un besoin concret des familles québécoises. Voilà pourquoi nous entendons accélérer et devancer d'un an la mise en place des fameuses places de services de garde à 5$ pour les enfants de moins de deux ans.
L'autre pièce maîtresse des nouvelles dispositions de la
politique familiale, c'est la nouvelle allocation familiale.
Cette mesure de soutien financier vise à assurer la couverture
des besoins essentiels des enfants. Dans le cadre du soutien
universel aux familles, elle apporte, en toute équité, une aide
accrue aux familles à faible revenu. Cette nouvelle disposition
de la politique familiale s'intègre l'ensemble des autres
mesures de soutien direct et indirect aux familles québécoises,
dont:
. le crédit d'impôt remboursable pour enfants;
. la réduction d'impôt à l'égard des familles;
. le crédit d'impôt remboursable pour frais de garde;
. le crédit d'impôt TVQ;
. et les programmes APPORT et Allocation-Logement.
À cela s' ajoute la réforme fiscale, qui se traduit, dès l'année d'imposition 1998, par un gain de 500 millions $ pour les particuliers, et ce, même en tenant compte de la hausse de la TVQ.
Je me permets aussi de rappeler les bénéfices financiers que procurent aux familles, entre autres, la maternelle à temps plein et les services de garde à coût réduit.
Somme toute, le gouvernement du Québec agit là ou ça compte
le plus, en apportant son soutien aux familles quand les besoins
sont les plus criants, soit:
. lorsque les enfants sont jeunes;
. et lorsque les revenus familiaux sont les plus faibles.
Tout en respectant son objectif budgétaire, le gouvernement du Québec n'a pas oublié les familles. Il a su mettre de l'avant des mesures ayant un impact positif sur leur revenu disponible.
C'est donc avec beaucoup de fierté que je fais état aujourd'hui de toutes ces réalisations, rendues possibles grâce à votre appui et à la collaboration de l'ensemble de nos partenaires.
Nous comptons poursuivre le travail, notamment au chapitre des services de garde éducatifs.
Le plan de développement, que nous avons dévoilé en avril dernier, prévoyait que plus de 173 000 places de services de garde {éducatifs seraient disponibles d'ici l'an 2005-2006 (ce que nous avons ramené à 2003-2004), de même que le réseau permettrait de couvrir la quasi-totalité des besoins des familles québécoises.
Comme je I'ai annoncé la semaine dernière, nous comptons:
. étendre la mesure des places à 5 $ à l'ensemble des enfants
de moins de cinq ans dès septembre 2000,
. accélérer le développement des places,
. et maintenir le tarif de 5 $ pour la durée d 'un prochain
mandat.
Les prochaines années poseront un défi de taille: celui de la diversfication des services de garde à offrir aux familles québécoises.
Puisqu'il est question d'avenir, j'aimerais aussi dire
quelques mots sur notre projet de régime d'assurance parentale,
qui fait partie des nouvelles dispositions de la politique
familiale. Nous avons fait connaître, cette semain, les grandes
lignes du régime que nous entendons mettre sur pied. Je vous
rappelle les principaux éléments de ce projet:
. l 'abolition des délais de carence de deux semaines;
. l 'augmentation du nombre de semaines indemnisées, de 15 à 18
semaines;
. une indemnisation de revenus de 55% à 70%;
. l'admissibilité des travailleurs autonomes à ce régime;
. et l'introduction du congé de paternité de trois semaines.
Avec toutes ces mesures, le Québec fait preuve d'un véritable leadership en Amérique du Nord en matière de soutien à la famille et à l'enfance. Il nous reste toutefois encore beaucoup de pain sur la planche!
Voilà pourquoi nous voulons continuer d'innover au chapitre de la famille et de l'enfance, en concertation et en collaboration avec vous tous, qui êtes les véritables acteurs en matière de politique familiale.
Nous aurons à nous questionner sur l'avenir de la famille, sur les familles traditionnelles, sur les familles recomposées, mais aussi sur le rôle du père.
Je compte sur vous pour m'alimenter, alimenter vos partenaires et susciter de nouvelles réflexions et actions dont profiteront les enfants, l'ensemble des familles et toute la société québécoise!
0ù s'en va-t-on? Que veut-on au Québec pour développer nos familles avec un grand F? Où se situe la Famille dans notre société de demain ? Quel est son avenir ?
Je suis issue d'une famille qui m'a donné de belles valeurs, le sens du partage, de l'écoute, de l'argumentation et du respect.
La Famille, c'est le noyau, c'est de là qu'on part et c'est de 1à qu'on inscrit notre avenir. Quelles sont les ressources qu'on donne à nos parents ? C'est quoi être parent? Quelle place occupent les organismes familiaux ?
Voilà tout le travail à accomplir et je suis plus qu'enthousiaste de m'y atteler!