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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 1, numéro 1, juillet 1989 |
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Allocutions
Monsieur René Pagé
Directeur général
Corporation professionnelle des travailleurs sociaux du Québec
L'opinion émise par monsieur René Pagé traduit celle des travailleurs sociaux provenant de CSS, CLSC et autres établissements de diverses régions du Québec. Satisfait de la conservation du principe d'accessibilité et d'universalité, il attire cependant l'attention sur l'insuffisance en nombre et en qualité des services sociaux et psychosociaux offerts aux familles. Il insiste sur la nécessité d'implanter au Québec une politique familiale intersectorielle et inter-ministérielle.
Accessibilité et universalité
La nouvelle politique de santé et de services sociaux conserve ces principes et respecte un consensus qui était généralement établi à travers les enquêtes de la Commission Rochon, de Santé-Québec et du Comité Harnois.
Accessibilité
Dans la réalité cependant, l'accès aux services sociaux est axé sur les groupes à risque (enfants, handicapés, cas de la protection de la jeunesse, etc...)
Dans une perspective de politique familiale on doit traiter la famille comme un ensemble ou un système. Identifier un individu particulier qui a un problème particulier ne traduit pas une vision globale d'un ensemble.
L'accès aux services sociaux et psychosociaux dans toutes les régions du Québec est loin d'être acquis. Beaucoup de régions sont privées de ces services.
Depuis les coupures budgétaires des années quatre-vingt, plusieurs services aux familles ont disparu ou sont peu accessibles.
Les services de prévention, d'entraide, d'encouragement et de soutien à la famille doivent être favorisés pour créer un environnement propice à l'épanouissement des familles.
Il faut donner des services et situations aux familles qui puissent leur permettent de mobiliser plus facilement et plus rapidement leurs propres ressources et celle de leur environnement.
Trop attendre pour donner ces services peut créer des situations à problèmes multiples dont la complexité menace la réussite du rétablissement de l'équilibre familial.
On se dirige vers une société qui n'offre des services aux individus qu'au moment où celui-ci se trouve en situation de crise. Pourquoi les centres de services sociaux et les services communautaires n'agiraient-ils pas à titre préventif pour éviter que de telles situations apparaissent?
On a tendance aujourd'hui à encadrer les gens à l'intérieur de lois pour les protéger. Il faut agir avant que la loi agisse. Exemple: les budgets alloués à la protection de la jeunesse ne seront pas suffisants pour résorber les listes d'attente.
Universalité et financement
Le Livre blanc relie l'universalité des services sociaux à un financement accru du gouvernement fédéral.
On connaît la tendance actuelle qui est de réduire les budgets alloués aux provinces par rapport à divers services.
Il faut voir une menace réelle, tangible et à court terme du principe d'universalité.
Conclusion
Il faut qu'il y ait un rôle de complémentarité entre les services publics, les services communautaires et les services professionnels.
On doit rendre accessibles aux parents et aux familles les services sociaux et psychosociaux si l'on ne veut pas se retrouver devant une judiciarisation et/ou médicalisation des problèmes sociaux.
Il faut pour une vraie politique familiale, une gamme de services de prévention, de restauration et de développement accessibles aux familles.
Il faut une politique gouvernementale intersectorielle et inter-ministérielle qui permette l'amélioration des conditions de l'environnement physique, social et économique des familles.