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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 1, numéro 13, mai 1990 |
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Monsieur Richard Sarrasin,
t.s.
Le secrétaire du Conseil
Le dossier de la politique familiale au Québec a connu depuis les années 60 de la révolution tranquille des hauts et des bas. La description des "Vingt ans d'attente pour une politique familiale québécoise (1964-1984)" a déjà été faite et nous n'avons pas l'intention dans ce billet d'y revenir.
Nous désirons cependant nous approprier le slogan publicisé par le Conseil de la famille pour voir si le discours et l'action du gouvernement, depuis les années 80, se sont inspirées du "penser et agir famille".
Il faut reconnaître que les différents gouvernements du Québec, et ce, par l'entremise des huit ministres qui se sont succédés à la responsabilité du dossier de la politique familiale, ont "pensé et agi famille". Mais les actions faites ont été réalisées en très grande partie au niveau de la structure administrative gouvernementale. C'était nécessaire, nous en convenons. Mais, maintenant, il faut "attaquer" le contenu de ce que doit être une politique de la famille.
Le 10 mai dernier, une assemble générale spéciale du Regroupement amenait les délégués des organismes membres à se prononcer sur le plan d'action "Familles en tête". Déjà, en préambule à cette assemblée, s'étaient tenues plusieurs rencontres sur différents volets de ce plan. Nous reproduisons in extenso dans ce bulletin l'ensemble des réactions que notre Assemblée générale a désiré souligner à l'égard de plusieurs chapitres de ce plan d'action.
Par ailleurs, nous savons qu'actuellement est remis en question le financement par l'État québécois des organismes communautaires et familiaux. Déjà, lors de notre comparution à la Commission parlementaire des affaires sociales le 15 février dernier où nous déposions notre mémoire sur le projet de loi sur la Santé et les Services sociaux, nous avions annoncé avoir en main une hypothèse de financement à présenter à l'État pour les organismes communautaires et familiaux. Un tel protocole de financement a été de nouveau travaillé et les organismes membres du Regroupement ont été appelés à exprimer leur avis à son sujet. Les lecteurs trouveront dans ces pages copie de l'essentiel ce protocole rédigé dans sa phase finale.
La question du financement des organismes communautaires et familiaux est pressante d'actualité: le ministre Marc-Yvan Cote ne disait-il pas à ce sujet le 18 avril dernier: "Les organismes communautaires devront réapprivoiser la liberté du ministère de les financer ou non". Or, voila justement que le protocole préparé par nos soins présente les critères de reconnaissance des organismes familiaux que l'État doit adopter et ce, non pas comme l'expression d'un mécénat récompensant les actes méritoires, mais comme les investissements méthodiques de ressources collectives en vue d'un développement communautaire essentiel au bien-être des familles.
Posons brutalement la question: pourquoi avoir mis en place, au cours des derrières années, une Ministre responsable de la famille, un Secrétariat à la famille, un Conseil de la famille, des Responsables et des Répondants ministériels à la famille, pourquoi toute cette structure administrative si la famille elle-même est absente? II faut maintenant que l'État agisse en développant un véritable et fort partenariat avec les familles et leurs représentants.