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Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille
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Volume 1, numéro 13,
mai 1990
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Le financement des organismes familiaux
communautaires
Bien que consciente que la recommandation 14 du chapitre 4 du
plan d'action spécifie "d'augmenter le soutien financier
aux organismes familiaux qui agissent sur le renforcement de
l'entraide familiale et les responsabilités parentales",
l'Assemblée juge primordial de dire bien davantage sur cette
question du financement des organismes familiaux.
À l'heure même où est remis en cause le financement de ces
organismes, l'Assemblée générale juge impérieux d'attirer
l'attention du législateur sur le rôle essentiellement social
et non seulement familial joue par les organisations familiales
et les groupes à intérêt familial.
C'est dans cet esprit qu'apparaît fort limitée la place que
le plan d'action laisse "au financement des organismes
familiaux". En effet, la seule recommandation spécifique au
financement des organismes familiaux est la recommandation 14 du
chapitre 4, et encore cette recommandation limite l'aide
financière aux "organismes familiaux qui agissent sur le
renforcement de l'entraide familiale et les responsabilités
parentales".
Or, il nous apparaît que les organismes familiaux et
particulièrement leurs regroupements, remplissent au sein de la
communauté québécoise, des fonctions beaucoup plus larges. Non
seulement remplissent-ils le rôle que leur attribue la
recommandation 14, mais encore agissent-ils comme autant
d'investisseurs méthodiques de ressources collectives en vue
d'un développement communautaire essentiel au développement
politique, économique et social.
C'est pourquoi l'Assemblée générale propose-t-elle a
l'État les considérations et recommandations suivantes:
considérant que le 3 décembre 1987, le Conseil des ministres
adoptait un Énoncé des orientations et de la dynamique
administrative en matière de politique familiale affirmant:
- "une politique familiale implique donc que le
Gouvernement soutienne la famille en harmonie avec les
multiples formes de soutien aux individus et aux groupes
sociaux que constitue l'éventail des politiques
gouvernementales"; (page 8)
-
- "le Gouvernement a toujours cru que la participation
des familles et de leurs représentants au sein des
organismes familiaux était une condition essentielle a
la mise en oeuvre d'une politique qui est précisément
destinée à soutenir les familles. Leur implication dans
la politique familiale sera la meilleure assurance de
faire en sorte que ce soutien soit apporté"; (page
13)
considérant que le 13 septembre 1989, le gouvernement du
Québec, sous les signatures du Premier ministre Robert Bourassa
et de la ministre responsable de la famille, madame Thérèse
Lavoie-Roux, publiait "Familles en tête, le plan d'action
en matière de politique familiale 1989-1991", affirmant, le
Gouvernement va:
- "augmenter le soutien financier aux organismes
familiaux ou communautaires qui agissent sur le
renforcement de l'entraide familiale et les
responsabilités parentales"; (page 32)
considérant que le 8 février 1990, le Conseil de la famille
transmettait à madame la ministre Violette Trepanier l'avis que:
- "avec le développement de la politique familiale,
qui érige en objectif fonctionnel non seulement la
participation mais le partenariat avec les parents, le
gouvernement doit contribuer à ce que les regroupements
de parents puissent compter sur les ressources requises
leur permettant une permanence et une continuité dans
leurs actions, la concertation entre les organismes
membres, la formation, une prise de parole efficace dans
les débats publics, une contribution dans les services
rendus aux parents et les moyens d'assurer la
représentation et la promotion des intérêts des
familles"; (page 12)
considérant que le 12 mars 1990, le Conseil de la famille
transmettait à madame la ministre Violette Trepanier la
recommandation:
- "que les organismes familiaux, locaux et régionaux,
soient subventionnes par les régies régionales, comme
le préconise le document "Orientations", non
seulement en fonction des priorités retenues par le
ministère de la Santé et des Services sociaux mais
aussi en raison de leurs diverges activités de soutien
aux parents";
-
- "de subventionner également les regroupements
d'organismes familiaux de même que les organismes
familiaux ayant un rayonnement d'envergure provinciale,
afin qu'ils puissent exercer leur essentiel travail de
représentation des intérêts de leurs membres, de
concertation, de développement et de formation dans leur
champ intérêt respectif". (page 16);
39. Le Regroupement inter-organismes pour une politique
familiale au Québec recommande:
- de reconnaître les organismes familiaux communautaires,
- de reconnaître la valeur des organismes communautaires
familiaux qui, dans la diversité de leurs approches et
de leurs actions spécifiques, constituent les outils
indispensables d'un développement communautaire complet
au service des familles,
- d'affirmer qu'un soutien financier concret des organismes
de la part de l'État est une priorité sociale qui
reconnaît le partenariat des familles et leur donne les
moyens découlant de l'Énoncé de politique familiale,
- de considérer les subventions des organismes permanents
( avec lettres patentes) , non comme l'expression d'un
mécénat d'État récompensant les activités
méritoires, mais comme les investissements méthodiques
de ressources collectives en vue d'un développement
communautaire essentiel au développement politique et
socio-économique,
- de reconnaître que la complexité de la société exige
de la part des organismes une expertise sérieuse qui ne
saurait se faire si l'action du volontariat n'est pas
soutenue par des permanents professionnels et un soutien
technique adéquat,
- d'affirmer que les subventions dont seront l'objet ces
organismes ne vent pas des sommes d'argent données par
l'État mais attribuées en vertu d'une légitime justice
distributive,
- de subventionner automatiquement les organismes
satisfaisant aux critères de reconnaissance, mettant
désormais les organismes à l'abri d'une quelconque
volonté discriminatoire du pouvoir politique,
- d'établir que la reconnaissance et la subvention des
organismes basées sur un texte officiel leur assurera
une sécurité pour mieux définir leurs actions et les
appuyer sur des prévisions budgétaires stables,
- d'établir que la Ministre responsable de la famille
prononce la reconnaissance des organismes ; l'organisme
à qui cette reconnaissance serait déniée pourra
demander au Conseil de la famille un avis sur son statut
à être transmis à la Ministre responsable de la
famille,
- de reconnaître les organismes familiaux communautaires
selon une des qualifications suivantes: un mouvement, un
groupe spécialisé, un service, un organisme de
coordination,
- de reconnaître les organismes familiaux communautaires
oeuvrant sur les plans: national, régional, local,
- de subventionner les organismes familiaux communautaires
sur une base établie de trois (3) années,
- de subventionner les organismes familiaux communautaires
selon les quatre (4) modes concourant suivants:
- un financement de base comprenant:
- une subvention forfaitaire annuelle de
fonctionnement,
- une intervention dans les dépenses de
personnel,
- une intervention dans les dépenses
d'activités,
- une participation contractuelle volontaire des
organismes aux priorités et programmes
gouvernementaux,
- un achat contractuel par l'État des projets des
organismes,
- un programme d'encouragement à la recherche et
à l'expérimentation,
Le Regroupement adopta également:
- que ces recommandations soient acheminées au
Gouvernement et dans les différents ministères
concernes,
- que cette réflexion soit déférée devant le grand
public et à travers les médias,
- que le Regroupement en saisisse les autres organismes
communautaires concernés et fasse front commun pour en
arriver a un consensus au niveau du financement.