![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 2, numéro 16, septembre 1990 |
|
Monsieur Aldo Morrone
Praticien au service de Médiation familiale du CSSMM
Co-fondateur de l'Institut de Médiation de Montréal
Le divorce et ses conséquences sur les familles: un constat
Lors d'un divorce, on s'aperçoit de la nécessité d'une remise en question de ses propres valeurs et des concepts traditionnels touchant la famille.
Même la définition de la résidence familiale est bouleversée. On se retrouve avec deux adresses pour la maison, pour le chez-moi, ce qui a pour conséquence chez l'enfant un double enracinement.
Il faut pourtant continuer d'assurer une stabilité dans ce déséquilibra émotionnel. Cette stabilité doit être définie en terme relationnel plutôt que géographique et surtout en terme de continuité des relations parents-enfants.
Il faut redéfinir la notion de "parentage" en termes non-exclusifs et non possessifs. Le divorce ne signifie pas la fin du couple ni la fin de la famille mais son évolution vers une autre définition. Pour le couple, ça constitue l'évolution de la relation conjugale entre conjoints vers une nouvelle relation fonctionnelle.
L'appauvrissement économique d'un des deux parents désavantage automatiquement les enfants. Le divorce contrairement a ce que l'on pourrait croire ne signifie pas la fin, la solution des problèmes; au contraire, on y constate alors une continuation fréquente des conflits. De plus, on observe des difficultés pour les personnes récemment séparés à encadrer leur lancée vers une vie différente.
La raison en est que souvent, pour les parents, l'adaptation personnelle à la vie de divorcé est très difficile à assumer et affecte négativement l'adaptation des enfants. Les problèmes sont exacerbés et non plus occultés, et on observe des différences non-apparentes avant le divorce dans les styles de vie et dans les règles d'éducation devenant plus conflictuelles.
Les principaux objectifs sont:
Les notions de bases qui sont appliquées lors de la médiation. La première règle est que les membres de la famille sont capables de résoudre leurs différents avec l'aide d'un tiers, même dans des circonstances qui paraissent inextricables. Souvent les solutions définies par les deux parties antagonistes sont jugées plus convenables et plus respectées que les solutions imposées par un juge.
Elle permet de créer une relation fonctionnelle basée sur le juste équilibre entre la raison et les émotions, de maintenir une communication entre les parties, une compréhension des raisons et des motivations réciproques. Plutôt que d'utiliser les pouvoirs, elle préconise la persuasion. Elle fait comprendre la nécessité pour les parties d'entretenir des relations avec l'autre, même après le divorce, pour le bien-être des enfants. Elle permet également de mettre en perspective le comportement personnel qui est celui d'une personne responsable et fiable.
Elle permet aussi d'aider les familles à exploiter leurs ressources personnelles en évitant les démissions parentales, les interventions de la société et des professionnels du divorce. Tout cela pour une meilleur gestion des conflits dans l'objectif du mieux être de chacun.