![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 2, numéro 19, janvier 1991 |
|
Éditorial
Monsieur Richard Sarrasin
Vice-président secrétaire
1991 : Le point est à faire sur le dossier de la politique familiale
En ce début d'année, il apparaît nécessaire de faire le point sur le dossier de la politique familiale au Québec, telle est la décision du Conseil d'administration du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec.
L'automne a été pratiquement uniquement marqué par le monde des affaires sociales au Québec par l'attente du dépôt de la réforme sur les services de santé et les services sociaux. Cette réforme maintenant déposée, il est temps de s'assurer et de voir en quoi elle fera progresser le dossier de la politique familiale.
Depuis septembre 1989, soit depuis le dépôt du plan d'action gouvernemental en matière de politique familiale, le dossier de la politique familiale n'a pas connu de rebondissement important. Quelques mesures parmi les cinquante-huit du plan ont sans doute vu le jour, mais à l'aube de l'année 91, nous devons constater que ce dossier semble être tombé dans un état de torpeur et il apparaît difficile de déceler dans la réforme proposée des signes positifs de progression du "penser et agir familial" de l'ex-slogan gouvernemental.
Le Conseil d'administration du Regroupement a donc décidé d'analyser le contenu de cette réforme sous l'angle familial. L'opération conduite avec succès par le Regroupement au cours de la dernière année sur l'analyse des quatorze chapitres du plan d'action "Familles en tête" sera donc reprise cette fois, sur le contenu familial de la réforme Côté. Les programmes visant les "clientèles" jeunesse et troisième âge touchés par la réforme seront particulièrement repensés dans une optique familiale. Le financement des organismes communautaires familiaux, tel que le préconisait le Regroupement dans le mémoire qu'il présentait en mars 90 à la Commission parlementaire sur la réforme de la santé et des services sociaux, sera aussi un dossier majeur d'étude par le Regroupement. Même si, à certaines indications, l'État signifie son intention de reconnaître les organismes communautaires, il nous est difficile d'oublier qu'au moment même ou cette reconnaissance était proposée dans le texte de la réforme, le Ministre de la santé et des services sociaux décidait de façon unilatérale, sans avis préalable et en pleine année fiscale, de couper drastiquement les budgets de six organismes familiaux. Au questionnement de ces organismes sur le pourquoi de ces coupures, les représentants de l'État n'ont pu apporter à date de réponse vraiment significative. Les critères appuyant leur décision demeurent inconnus. Pourquoi eux et pourquoi pas d'autres? Et pourquoi avant la réforme ?
Le point est à faire sur le dossier de la politique familiale au Québec et le Regroupement convie tous ceux et celles qui pensent "famille" à unir leurs efforts pour le faire.