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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 1, numéro 2, juillet 1989 |
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Monsieur John Mc Leod
Professeur en architecture du paysage
Université de Montréal
Les conditions environnementales sont telles que la survie de l'espèce est menacée. L'état de nos connaissances rend aujourd'hui possible l'adaptation d'un modèle de développement durable qui assure la sauvegarde des ressources aussi bien que l'épanouissement des hommes. Pour la société, la famille est une ressource vitale qu'il faut également protéger.
Monsieur John Mc Leod a commencé sa présentation en faisant référence à une exposition intitulée La terre nous façonne et nous façonnons la terre. Dans cette phrase sont exprimés les deux points-limite des rapports pouvant existé entre l'homme et son environnement. John Mc Leod demande: "Où en sommes-nous aujourd'hui dans ce continuum ? Sommes-nous plus près d'une conception anthropocentriste de domination et d'appropriation de la matière, ou au contraire entendons-nous assez clairement le message de la nature ?"
Dans un premier temps, John Mc Leod, nous a fait un historique rapide des parcs et jardins dans le monde . Deux observations importantes s'en dégagent :
1. Tandis que les premiers jardins, en Perse, tentaient de présenter une nature intouchée par l'homme (le seul tracé rectiligne des canaux devant figurer le logos), on en est venu progressivement aux jardins de la renaissance française et italienne, où perce clairement une attitude très conquérante face à l'environnement (formes, distances régulières, géométrie des tracés...).
2. Les parcs urbains sont apparus et se sont multipliés à partir de l'industrialisation, c'est-à-dire d'une part, lorsque les gens se sont retrouvés massivement dans la ville, coupés de leur habitat naturel, et d'autre part lorsque pour la première fois les écosystèmes ont commencé à subir les dommages causés par l'homme.
Selon, John Mc Leod, nous avons aujourd'hui deux grands modèles de développement urbain. Dans les pays riches, il y a le modèle des banlieues, que l'on peut considérer comme un cancer qui, partant des grands centres, s'étend toujours, empiétant sur les terres arables, autour des villes qui comptent souvent parmi les meilleures. Dans les pays dits en développement, des villes grandissent dans le désordre et à un rythme effréné. Les campagnes environnantes sont dévastées, les masses d'individus y sont entassées et vivent dans l'insalubrité. Nous avons donc deux modèles dominants de développement, mais ni l'un ni l'autre ne se montre vraiment sensible à l'environnement et respectueux des ressources limitées de la planète".
De l'avis de John Mc Leod, il y a à la base de toute solution du développement urbain deux éléments fondamentaux à considérer. L'un est la durabilité des systèmes naturels, l'autre est la capacité d'épanouissement des gens et donc des familles. A titre d'exemple, John Mc Leod évoque encore les pays en voie de développement où les conditions environnementales et les conditions de vie de communautés entières sont compromises, ceci au nom du progrès matériel et au seul profit des élites. A quoi bon ce mirage économique si la vie des travailleurs est ruinée ? D'autant plus que des conditions planétaires sont telles que nous n'avons plus d'autre choix: les valeurs qui nous ont conduits à cet état des choses nous laissent dans un cul-de-sac.
Pour John Mc Leod, nous en sommes à un moment clé de l'histoire de l'évolution du genre humain. Au cours des cinquante denières années, nous avons progressé de façon extraordinaire: nous maîtrisons l'atome et explorons l'espace, nous apprenons le fonctionnement du cerveau et réduisons la planète aux dimensions d'un village. L'homme a toujours marché à l'aveuglette dans l'histoire, devant s'ajuster après coup aux chocs de la guerre, aux mouvements économiques, etc.; il est aujourd'hui en mesure de prendre en main sa propre évolution.
La science nous aide également à comprendre la sensibilité des systèmes naturels, où chaque élément est recyclé et trouve une utilité nouvelle en passant d'une étape à l'autre. Par contraste, nous saisissons également le cercle vicieux du productivisme et de la consommation effrénée dans lequel nous sommes enfermés.
La renaissance de la famille dans un nouveau monde de développement respectueux de l'homme et de son environnement signalera l'arrivée du genre humain à la maturité : nous façonnerons la terre et la terre nous façonnera, et ni l'un ni l'autre n'auront à s'en plaindre. Le développement urbain, industriel, agricole, touristique ou autre sera assuré, tout en permettant aux ressources de se régénérer sans perte ou modification irréversible.
Dans un autre ordre d'idées, John Mc Leod considère que l'énoncé de politique familiale adopté par le gouvernement québécois consiste en l'amorce d'un programme de développement durable de cette ressource qu'est la famille : la reconnaissance de l'importance de cette institution est aussi capitale que notre prise de conscience environnementale.