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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 3, numéro 22, octobre 1991 |
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Monsieur Marc Tremblay
Analyste-conseil
Conseil de la famille
Agir avec les familles en habitation
Présentation de l'Avis du Conseil de la famille "Agir avec les familles en habitation".
Il s'agit de:
Près de 100 000 familles québécoises sont aux prises avec un problème d'accessibilité financière au logement. Ce chiffre a été établi en tenant compte que ces familles doivent consacrer plus de 30% de leur revenu pour se loger, alors que leur revenu familial est de niveau faible ou modéré. Plus de la moitié de ces familles sont monoparentales dont la responsable est une femme. Elles ne disposent donc d'un seul revenu. Par ailleurs, les familles à faible revenu voient leur problème d'accessibilité financière s'aggraver avec le nombre d'enfants.
Il n'a pas été possible par ailleurs d'établir le nombre de familles exposées à la discrimination de la part de propriétaires ou d'administrateurs d'immeubles locatifs. Il faut tout de même mentionner que cette discrimination est à la hausse et qu'elle afflige particulièrement les familles des communautés culturelles, les familles monoparentales vivant de la sécurité du revenu et les familles avec jeunes enfants.
Il y a environ 50 000 familles, dont la plupart sont locataires qui occupent un logement détérioré. Ce problème, qui affecte autant de familles biparentales que monoparentales, s'accompagne souvent d'un problème d'accessibilité financière.
De plus, une dizaine de milliers de familles vivent dans un logement trop exergue compte tenu du nombre d'enfants. Enfin, plusieurs familles, dont il est difficile d'évaluer le nombre exact, occupent des logements inadaptés à leurs besoins (absence d'intimité, accès difficile au sol, manque d'espaces de rangement, etc.).
Près de 75 000 familles auraient les moyens d'accéder à la propriété. Plusieurs d'entre elles ne le souhaitent vraisemblablement pas; il s'agit donc de considérer les familles qui, avec un certain soutien, pourraient devenir propriétaires.
Ce soutien pourrait être accordé prioritairement aux familles des centres urbanisés où le pourcentage de propriétaires est plus bas que dans les autres parties du territoire québécois.
Les quartiers centraux des grandes agglomérations se caractérisent souvent par un environnement social et physique plus ou moins dégradé. Il en est de même pour le centre de plusieurs villes de taille moyenne.
Dans ces secteurs, l'incidence de la criminalité et le taux de pollution de l'air et du bruit y sont plus élevés qu'ailleurs. Il y a également un manque d'espaces verts et récréatifs.
L'ensemble de ces facteurs, conjugués avec le coût élevé des logements dans les centre-villes contribuent à y éloigner les familles. Celles qui continuent d'y résider assistent par ailleurs à une diminution de certains services, notamment les écoles primaires, ce qui entraîne une détérioration supplémentaire de leur qualité de vie.
Les différents intervenants dans le domaine de l'habitation ne connaissent pas toujours la nature des gestes posés par d'autres organismes que le leur. De plus, le fonctionnement des organismes ne fait pas toujours l'objet d'une action concertée. Ainsi, il arrive parfois que l'intervention de l'un ait des effets négatifs sur les actions de l'autre. Également, les familles ne sont pas nécessairement au courant de tous les programmes et services en habitation dont elles peuvent disposer.
Par ailleurs, les programmes sont généralement conçus sans que les familles ou leurs représentants y participent. Les familles ne sont donc pas considérées comme des partenaires par ceux qui sont pourtant à leur service.
Afin que la concertation entre les acteurs soit réellement efficace et effective, il faut que chacun ait le sentiment d'être traité comme ayant des compétences. Il faut également que chacun ait l'impression de disposer des ressources qu'il croit mériter et surtout dont il a besoin.
Dans ce contexte, le gouvernement du Québec estime ne pas recevoir sa juste part des fonds fédéraux consacrés à l'habitation sociale. Pour leur part, les municipalités n'ont pas toute la marge de manoeuvre légale et financière qu'il leur serait nécessaire pour répondre aux besoins des familles de leur territoire. Enfin, les organismes familiaux et communautaires en habitation n'ont généralement pas les ressources financières requises pour intervenir adéquatement en matière d'habitation.
Il s'agit de:
Une famille qui bénéficie d'un logement de bonne qualité, dont le loyer n'est pas trop élevé, compte tenu des revenus familiaux, est généralement dotée de conditions d'habitation propices à sa stabilité.
Cette stabilité est davantage renforcée si la famille est propriétaire de son logement.
Une famille à revenu modéré qui peut choisir entre diverses formes de logement social, bénéficie d'un support de la collectivité qui s'exerce en conférant à la famille une liberté, une marge de manoeuvre face aux diverses possibilités qui s'offrent à elle. L'État ne remplace donc pas la famille en l'obligeant à se diriger vers une forme de logement ou une autre.
Ainsi, une famille qui, souhaitant habiter une coopérative d'habitation, se voit offrir un tel type de logement, à l'occasion, contrairement aux autres formes de logement social, de maîtriser davantage ses conditions en habitation. Ce soutien de l'État vient compléter les efforts de la famille et ne consiste donc pas en une décision de l'État à laquelle la famille doit se conformer.
Tenir compte de la force et de la durabilité des liens de parenté, ainsi que l'influence que les membres de la famille exercent les uns sur les autres
L'ajout d'une pièce ou d'un petit appartement attenant au logement familial peut permettre à la famille de mieux loger les adolescents ou d'inviter sous son toit les grands parents.
En effet pour plusieurs familles, notamment de certaines communautés culturelles, les grands-parents ou d'autres membres de la parenté ont autant de place que les parents et les enfants dans le foyer familial.
Associer les familles aux décisions en matière d'habitation, tant au niveau provincial que municipal, constitue la pierre d'assise d'un véritable partenariat entre l'État et les familles.
Considérer les familles comme des partenaires compétents pour l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques et de programmes en habitation signifie également accorder un meilleur soutien financier à leurs représentants (les organismes familiaux et communautaires) afin qu'ils soient en mesure de mieux remplir leur rôle et assumer adéquatement leur responsabilité à l'égard des familles
Procurer un meilleur soutien financier aux familles monoparentales ou ayant plusieurs enfants pour le logement locatif consiste à respecter cette diversité familiale. Les familles victimes de discrimination parce qu'elles ne correspondent pas au modèle de famille traditionnelle québécoise (deux parents, deux enfants, blancs en général) méritent une attention particulière
Donner la priorité aux familles les plus vulnérables, à savoir celles dont les besoins psychologiques, sociaux ou économiques sont les plus grands.
Rénover les logements détériorés, qui sont habités par des familles à très faible revenu, consiste à prendre en compte les familles les plus vulnérables.
Accorder une priorité à l'environnement social et physique des centre-villes, là où habitent davantage des familles pauvres, respecte également ce critère.
1. L'accessibilité socio-économique au logement locatif
Il est recommandé au gouvernement du Québec que:
2. La qualité du logement
Il est recommandé au gouvernement du Québec que:
Il est recommandé aux municipalités que:
3. L'accès à la propriété
Il est recommandé au gouvernement du Québec que:
Il est recommandé aux municipalités que:
Il est recommandé aux institutions financières que:
4. La qualité de l'environnement
Il est recommandé aux municipalités que:
Il est recommandé aux commissions scolaires de:
Il est recommandé au gouvernement du Québec de:
5. La concertation et le soutien aux organismes du milieu
Il est recommandé au gouvernement du Québec de:
Il est recommandé aux municipalités: