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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 3, numéro 24, mars 1992 |
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Monsieur Luden Lavallière, t.s.
Directeur sous-régional
Centre des Services sociaux Richelieu
Un document "rafraîchissant"
"Rafraîchissant" !
Le rapport Bouchard est un document "rafraîchissant" dans l'environnement des services sociaux aux enfants et de leur protection au sens large du mot. Ce rapport est "rafraîchissant", à plus d'un titre, car il se situe au-delà des conséquences que nous constatons tous les jours en protection de la jeunesse pour remonter aux causes profondes de détérioration de nombreuses situations familiales et de cas de protection d'enfants.
Ce rapport identifie et reconnaît clairement l'impact majeur de la pauvreté et de l'isolement social comme facteurs étroitement associés aux difficultés des familles ou des enfants.
De plus le rapport Bouchard reconnaît les limites des services de protection de la jeunesse qui selon leur essence même doivent être procurés sur une base d'exception et de façon limitée pour l'ensemble de la population.
Le rapport Bouchard identifie la prévention comme élément essentiel du développement harmonieux et équilibré des enfants et de leur famille.
À cet effet, il reconnaît les parents comme "maître d'oeuvre" du développement des enfants en les rendant imputables d'une part, mais aussi il identifie le besoin, pour ces mêmes parents d'un soutien inconditionnel de la communauté.
Les mesures mises de l'avant pour les jeunes enfants de 0-4 ans sont particulièrement intéressantes car beaucoup d'enfants de ces âges se retrouvent parmi la clientèle en besoin de protection et victime de négligence grave. Ce sont de jeunes victimes sans voix dont les parents, souvent de jeunes mères monoparentales, ont besoin de soutien et d'aide pour mieux exercer leurs compétences.
Il faut se réjouir de l'insistance avec laquelle le rapport traite de la nécessité de concertation avec les différents réseaux formels tel l'éducation, la justice, la sécurité du revenu et les affaires sociales de même que des réseaux informels d'entraide et de services communautaires pour apprendre à aimer, aider et au besoin protéger nos enfants.
On perçoit dans ce rapport, le souci du comité de réduire le pourcentage d'enfants qui vivent des difficultés majeures et son choix d'intervenir de façon préventive dans le cycle de vie des enfants plutôt que d'intervenir seulement lorsque les problèmes se manifestent.
Tous ces objectifs de prévention découlent d'un postulat de base soit la réduction de la pauvreté des jeunes familles et des familles monoparentales; c'est une nécessité absolue compte tenu de l'ampleur du phénomène.
En terminant, précisons que ce document n'est pas un rapport isolé pour améliorer le sort des enfants du Québec puisqu'il fait en quelque sorte partie d'une " Trilogie " qui devrait aider tant le gouvernement, le réseaux de la santé et des services sociaux et les organismes liés aux jeunes à banaliser l'ensemble des interventions auprès des jeunes en difficulté.
Le rapport Harvey II publié, il y a quelques semaines, vise à améliorer la prise en charge et le suivi des cas de protection de la jeunesse. De son côté le rapport Jasmin fait des recommandations pour mieux adapter le fonctionnement du tribunal de la jeunesse au profit des jeunes qui doivent y être référés.
De ces trois rapports très importants pour l'amélioration des services aux enfants, le rapport Bouchard est selon nous une pièce maîtresse parce qu'il fait beaucoup de place à la prévention, qu'il remonte aux causes de nombreux problèmes vécus par nos enfants et qu'il formule plusieurs recommandations concrètes pour y remédier.