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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 3, numéro 25, mai 1992 |
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Madame Lise Lavoie-Gauthier
Membre du groupe de travail pour les jeunes
Directrice
École Notre-Dame de la défense
Concerter les efforts des adultes qui entourent les enfants
Madame Lavoie-Gauthier a d'abord insisté sur l'importance de s'appuyer entre professionnels qui oeuvrent dans les écoles auprès des enfants. Pour imager cela, elle a expliqué ce qui est fait à son école. À toutes les semaines, tous les professionnels de l'école (psychologue, travailleur social, infirmière, etc.) se réunissent pour discuter des cas qu'ils ont à s'occuper. Ceci afin d'améliorer leurs interventions auprès des jeunes qui souvent sont suivis par plusieurs d'entre eux. Ils se sentent ainsi davantage épaulés par ces collègues qu'ils ne verraient généralement pas puisqu'ils sont présents à l'école qu'une journée ou deux par semaine. Les professeurs sont aussi impliqués lorsque c'est jugé nécessaire.
Après avoir expliqué la problématique multi-ethnique de son école, où les Québécois dit de source ne représentent que 15% du total des élèves, madame Lavoie-Gauthier a aussi insisté sur l'importance de réduire la pauvreté. Il est très difficile pour des élèves d'apprendre lorsqu'ils ne mangent pas suffisamment ou qu'ils ne peuvent se vêtir convenablement l'hiver. Mais comme les élèves doivent apprendre à lire et à compter malgré tout à cette école, l'implication des parents dans le processus d'apprentissage de leurs enfants peut être déterminante. Pour ce faire, un mini-colloque a été organisé à son école pour les parents. Tout a été mis en oeuvre pour que les parents viennent à cette activité : les invitations aux parents ont été faites par l'intermédiaire des enfants; un repas leur a été offert gratuitement grâce à la collaboration des marchands du quartier; le curé a organisé une garderie dans le sous-sol de son église; des interprètes étaient sur place pour les parents maîtrisant mal le français. Les professeurs et les professionnels y étaient aussi. Tous ensemble, ils ont discuté des enfants, de ce qu'ils veulent pour ceux-ci et du rôle qu'ils peuvent jouer dans leur éducation.
Par la suite, pour poursuivre dans cette même veine, tous les professeurs ont fait faire aux élèves le travail suivant : par un texte ou un dessin (dépendamment de l'âge de l'élève), ils devaient exprimer ce qu'ils feraient s'ils étaient parents pour que leurs enfants soient heureux. Ce texte ou ce dessin devrait être amené à la maison par l'élève et signer par les parents, afin que ceux-ci puissent en prendre connaissance. Cela a permis des échanges très intéressants entre parents et enfants.
Un exercice semblable a été repris suite à cela : par un dessin ou un texte, l'élève devait exprimer ce qu'il ferait s'il était professeur pour faire passer tous ses étudiants. Encore une fois l'exercice a été très profitable.
Beaucoup d'efforts ont été déployés pour que tous les adultes qui entourent l'enfant durant son passage à cette école primaire s'impliquent mieux auprès de l'enfant et collaborent davantage entre eux. Ces actions méritent d'être poursuivies. Quoi de plus normal que de remettre les élèves au centre de l'école et d'en faire une école folle de ses enfants.