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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 3, numéro 26, juin 1992 |
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Les participants s'entendent pour dire que le renforcement des compétences parentales s'étend au-delà de la période de 0 à 6 ans. On reconnaît que cette période est cruciale et qu'il y ait tendance à focaliser sur celle-ci notre attention, mais on souligne les difficultés réelles que peuvent traverser les familles où il y a des adolescents.
Par ailleurs, on déplore le manque d'importance accordé à la famille dans la période qui suit l'accouchement, et l'imposition de normes et de façons de faire (cf. allaitement) qui peuvent avoir pour résultat de culpabiliser les parents. Il y a plusieurs façons de vivre la vie familiale, et non une seule.
Les participants constatent l'isolement dont souffrent les jeunes mères au foyer. Une participante souligne qu'un mois après la naissance de l'enfant, les parents sont souvent abandonnés à eux-mêmes. Les mesures sont destinées aux CLSC.
Il faudrait impliquer davantage les groupes communautaires dans le rôle de soutien, ce qui veut dire aussi donner les ressources financières. Le rôle des aînés est également à promouvoir pour soutenir les jeunes parents (cf. "Grands-mères caresses"). Enfin, on souhaiterait que soit reconnue la carrière de personne au foyer, avec salaire en conséquence.
Une participante note que la famille est coupée des enfants lorsqu'ils atteignent l'âge de 18 ans. Dans une famille où l'on trouve une personne handicapée, les responsabilités parentales peuvent s'étendrent au-delà de la majorité.
Certains participants suggèrent qu'on inclut dans cette mesure les élèves des communautés culturelles. On estime en effet qu'il y a souvent un décalage créé entre les enfants de différentes origines. Trop d'enfants sont classés dans des catégories spéciales et sont défavorisés par une méconnaissance des réalités culturelles.
On donne pour exemple les expériences de la communauté haitienne où les perceptions différentes quant à l'autorité ou à l'intervention de l'État ne sont pas toujours comprises.
Les participants considèrent que les sessions de formation à l'éducation interculturelle doivent être données au-delà des services de garde. Encore une fois, on note que trop de mesures sont centrées sur la petite enfance. Des enfants des communautés culturelles peuvent pendant la période scolaire n'être aucunement en contact avec d'autres élèves de la communauté d'accueil. On donne pour exemple deux écoles de Montréal, à proximité l'une de l'autre, et composées d'une part d'élèves des communautés culturelles et d'autre part d'élèves d'origine française, qui ne se rencontrent jamais.
Les participants déplorent que les adolescents ne soient pas désignés. On constate à cet égard que les adolescents ayant des problèmes particuliers sont négligés, sauf peut-être en ce qui concerne leur sexualité (cf mesures 25 et 26).
Dans la mise à jour des programmes de formation personnelle et sociale et d'économie familiale, les participants soulignent l'importance de sensibiliser les jeunes à la violence et aux moyens de la désamorcer. Les aspects positifs de la vie des adolescents devraient aussi être communiqués. On déplore enfin le manque de reconnaissance à l'égard du travail fait dans le cadre de ces programmes.
Il faut particulièrement impliquer les pères et promouvoir le rôle qu'il peut jouer dans le développement des enfants et adolescents.
Les participants ont discuté de la possibilité de mettre sur pied des ateliers dans les classes pour enseigner la résolution des conflits. Il est démontré, par exemple, que la violence est tributaire des émissions de télévision. Il faut donc proposer aux jeunes d'autres solutions que celles montrées dans ces émissions.
Les participants ajoutent qu'il faut aussi impliquer les parents dans la tâche de promotion des comportements pacifiques et faire participer les intervenants sociaux et ceux du domaine de la santé. On ne peut en cette matière recourir uniquement au milieu scolaire.
Enfin, les participants considèrent que la prévention doit s'effectuer au-delà de l'école primaire, et qu'un travail important doit être fait auprès des adolescents. On craint d'assister actuellement au sacrifice d'une génération. Des efforts sur les générations à venir devraient être investis.
Les participants considèrent que la sensibilisation est insuffisante pour la promotion des comportements pacifiques. Il faut en plus amener les gens, particulièrement les parents, à travailler sur des nouveaux modes de communication et de résolution des problèmes. Auprès des jeunes, il faut faire un travail sur l'affirmation de leur identité personnelle pour qu'ils puissent dire "non" dans les situations de conflits ou dans celles où on leur offre des drogues.
Un participant note qu'il faut dans le cadre de ces colloques, conférences, et autres symposiums, promouvoir le rôle des pères et éliminer les stéréotypes à leur égard. Il est important d'accepter la différence de leurs approches auprès des jeunes. De plus, de nouveaux modèles d'agressivité, plus positifs, devraient être communiqués.
Les participants soulignent l'importance de la concertation entre tous les ministères dans l'application du plan d'action.
Les participants souhaitent que l'application du plan d'action en matière de prévention se fasse en partenariat avec les organismes communautaires qui offrent des ressources plus flexibles et moins onéreuses que l'institutionnel.
Les participants sont d'accord avec l'ensemble du plan d'action et trouvent que les mesures sont bien nécessaires. Il s'agit d'un pas dans la bonne direction. Plus particulièrement, les participants remarquent l'emphase plus grande et plus réelle mise dans ce plan d'action sur la prévention.
On remarque une certaine anomalie concernant les communautés culturelles, les personnes âgées et les handicapés. Il fut donc proposé qu'on inclut à l'avenir un préambule indiquant que les mesures s'adressent autant à ces catégories de personnes qu'à toute autre personne. Un participant note cependant que dans certaines mesures, où des catégories spéciales de personnes sont désignées, on met l'accent sur des expériences particulières (voir par exempleles mesures 4 et 31).
Enfin, les participants déplorent l'absence de mesure relative à la prévention du stress et des problèmes de santé mentale des nouveaux arrivés, plus particulièrement les réfugiés.