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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 4, numéro 28, décembre 1992 |
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Monsieur Francis Pomerleau
Recherchiste-documentaliste
Résumé de l'atelier 2 sur les mesures 10 à 28 du 2e plan d'action en matière de politique familiale
Lors de cet atelier, les discussions ont tourné autour de quatre sujets principaux : la concertation inter-ministérielle, l'intervenante (auxiliaire) familiale, les futures mamans, et la contribution des aînés.
Madame Nicole Gagnon du ministère de l'Education et monsieur Serge Fleury du Conseil permanent de la jeunesseétaient présents en tant que personnes-ressources. Monsieur René Pagé de la Corporation professionnelle des travailleurs sociaux du Québec, et président du conseil d'administration du Regroupement, était l'animateur de l'atelier.
Nous vivons présentement de grands changements sociaux-économiques. Nous assistons, entre autres, au passage dans la vie du couple d'un extrême à l'autre, c'est-à-dire de la famille à la carrière, où se retrouvent au centre les enfants. Les parents suivent un cheminement de carrière (ou d'emploi), les enfants un cheminement scolaire. Entre ces deux pôles d'activités, la transition dans le passage de l'un à l'autre doit être progressive et cohérente, afin d'établir un climat d'ensemble harmonieux; d'où l'importance de la concertation entre les ministères concernés. Madame Nicole Gagnon nous a fait part de la volonté des ministères à enquêter directement auprès des familles et de la population, avant d'agir, au lieu d'inventer des modèles d'intervention ou des scénarios d'action, pour ensuite les appliquer au pied de la lettre. A cet effet, madame Gagnon nous a distribué une "Liste commune des cibles et des mesures" proposées par le plan d'action sur la réussite éducative de son ministère. (Vous trouverez cette liste à la page 7 du bulletin).
Sur ce point, les participants ont soulevé quelques interrogations, à savoir : à quel moment déterminé l'auxiliaire familiale peut-elle intervenir auprès des familles en milieux défavorisés ? Quelle est l'étendue de son pouvoir d'intervention ? Quelles sont les sommes d'argent réservées à ces fins ? On a aussi suggéré la mise sur pied d'un regroupement de ressources des milieux intervenants auprès des familles en difficulté.
On a ici mentionné le manque d'aide financière accordée aux futures mamans qui veulent rester à la maison, que ce soient les mères adolescentes, les jeunes mères ou les femmes de famille monoparentale. Il y a aussi un manque de valorisation de la mère au foyer; on ne stimule pas assez les mères à demeurer chez elles pour éduquer leurs enfants. Ainsi, on encourage indirectement les services de garde dont un pourcentage des subventions pourrait plutôt être distribué comme salaire aux mères.
Malheureusement, la femme est trop souvent confrontée au dilemme qui suit : le choix entre sa vocation de mère et sa présence sur le marché du travail. Cette tendance diminuerait, si le gouvernement reconnaissait et valorisait davantage le travail et le dévouement de la mère au foyer. De plus, beaucoup de problèmes vécus par les enfants et adolescents auront tendance à s'amoindrir si nous continuons à favoriser le développement du bien-être familial à la maison.
Il est apparu clair que la principale préoccupation des participants à l'atelier tournait autour de la place réservée aux aînés et de leur contribution qui devrait être plus active dans la société. D'ailleurs, ce sujet a été débattu pendant au moins la moitié de la période.
Les participants ont souligné la nécessité pour les aînés de reprendre leur place, principalement auprès des parents de jeunes enfants. Les aînés possèdent un vécu et un savoir inestimables pour les jeunes générations qui font face à l'apprentissage de la vie. Souvent, aux yeux de la famille, la Maison des grands-parents symbolise un refuge, un lieu de stabilité et de continuité des valeurs et coutumes familiales.
Certains aînés ont exprimé leur malaise quant à leur participation à la vie de leur propre famille. Ils n'osent plus intervenir, ayant le sentiment de ne plus avoir leur place. Ceci peut être relié au besoin d'affirmation et d'autonomie du couple-parents, à sa crainte de déléguer certaines tâches ou faire certaines concessions vis-à-vis ses aînés, ou strictement, à une mauvaise communication. Ce fossé peut avoir tendance à s'élargir parmi les familles reconstituées, avec l'arrivée d'un nouveau conjoint. Les grands-parents doivent alors faire preuve de discrétion et de compréhension; ils reconnaissent que l'acceptation (même s'il y a désaccord) des nouveaux arrivés dans le cercle familial est vitale, afin de préserver les liens avec leurs proches.
En fait, pour eux, tout est question ici de respect et de confiance mutuels, mais aussi de respect envers soi-même. On se doit de communiquer clairement, de part et d'autre, ses impressions, ses craintes, ses attentes. Il ne faut pas non plus oublier la réalité de la famille monoparentale, où la présence et la participation des aînés sont encore plus vitales.
Par ailleurs, il a été aussi question de l'intégration des aînés par l'entremise du milieu scolaire, à travers des rencontres regroupant les jeunes et aînés; ces rencontres favorisent des échanges très positifs et contribuent à créer des liens amicaux. De plus, on organise ces types de rencontres chez les communautés culturelles, afin de permettre aux enfants d'immigrants, qui n'ont pas eu la chance de connaître leurs vrais grands-parents dans leur pays d'origine, d'échanger des contacts avec des aînés d'ici et d'établir des liens d'amitié durables.
Evidemment, les participants ont constaté le retour en force des valeurs familiales et traditionnelles, et il est donc primordial, pour eux, de continuer à promouvoir la place privilégiée qu'occupent nos aînés dans nos foyers. De plus, on a fait remarquer que pour la première fois dans le plan d'action, on retrouve deux mesures qui traitent des aînés. Souhaitons vivement que d'autres mesures les concernant soient proposées lors du 3e plan d'action.
Pour terminer, soulignons que cet atelier fut très animé, autant par les questions qu'il a suscitées que par ses réponses. Bien que certaines mesures de l'objectif 1.2 n'ont pu être discutées, la plupart d'entre elles furent couvertes. Il est évident que si l'on se rapporte à l'objectif 1.2 du plan d'action, nous devons constater que certains sujets ci-haut mentionnés ont débordé du cadre thématique de l'atelier, mais sans pour autant manquer de pertinence et d'actualité. Ce qui est important de retenir, c'est la spontanéité avec laquelle les personnes présentes se sont engagées dans les discussions, une spontanéité qui reflétait avec éloquence leurs véritables préoccupations.