Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 4, numéro 28, décembre 1992

Éditorial

Richard Sarrasin, t.s.
Vice-président secrétaire

Penser famille plus que jamais en 1993!
Un souhait utopique peut-être, mais un souhait qui s'impose.

Au début de décembre dernier, une étude du Conseil national du bien-être social révèlait que le taux de pauvreté chez les familles du Québec s'élève à 14.5% de la population famille. En fait, c'est au Québec d'après cette étude, que l'on retrouve la plus haute proportion de la population vivant sous le seuil de la pauvreté (soit 18% de l'ensemble). Que nos dirigeants québécois s'insurgent sur le chiffre de 14.5% pour le ramener, selon eux, à 11.2%, il n'est pas dans notre intention de prendre parti pour l'une ou pour l'autre donnée et d'oublier ainsi, le terrible constat de pauvreté où plus de 10% des familles québécoises sont au prise avec la misère.

La situation familiale au Québec est des plus critique ... cependant pas à cause de la famille elle-même, mais à cause de la situation économique qui contribue aux facteurs de déséquilibre, de frustration, d'anxiété. Autant de moments durs, néfastes à l'entente familiale.

Est-il utopique d'envisager avec espoir, un lendemain propice à l'épanouissement de la famille ? Malgré le contexte tragique, particulièrement la stagnation de la situation des sans-emplois, il nous semble,dans un esprit quelque peu euphorique, pouvoir déceler quelques signes d'optimisme à l'horizon. Ainsi, la volonté gouvernementale qué-bécoise de vouloir doter le Québec d'une véritable politique familiale par l'adoption consécutive de deux plans d'action en matière de politique familiale, ceux de septembre 89 et d'avril 92, est l'un de ces signes. Aux tentatives de l'État québécois de désirer positionner avantageuse-ment "la famille en tête", viennent s'ajouter les efforts constants des organismes communautaires familiaux. Citons à ce sujet : les quel-ques 30 ans de combat pour la famille de la Fédération des unions de familles, des 20 ans de la Confédération des organismes familiaux du Québec, des 15 ans de la Fédération des associations de familles monoparentales du Québec et enfin les 10 ans de notre Regroupement. Combien d'autres organismes familiaux faudrait-il ajouter à cette liste et dont l'action est reconnue par l'État, comme le témoigne d'ailleurs le 2e plan d'action (voir page 39 du 2e plan).

Ces quelques lueurs d'espoir pour un lendemain plus propice à l'épanouissement de la famille, trouvent leurs raisons d'être dans la force que représentent les familles elles-mêmes. À cet effet soulignions un article de presse intitulé : "Nouvelles familles, pires parents?", article commis par Laurent Laplante qui traite entre autres, de la magistrale étude conduite (par le ministère de l'Éducation et le Centre de recherche de l'Université Laval) auprès de 5,500 jeunes du secondaire. Dans le même article, monsieur Laplante signale ces conclusions de l'étude : que les parents, de l'avis même des jeunes, sont physiquement présents auprès d'eux aussi bien en soirée qu'au cours des fins de semaine, ouverts à leurs doléances, capables de dialogues et soucieux d'encourager. Sur ces thèmes, les jeunes présentent des réponses réconfortantes dans plus de 80 ou 90% des cas.

(Le Soleil, 9 octobre 1992)

Voilà donc pour nous quelques raisons d'être, malgré tout, optimistes, et celà, un an avant l'Année internationale de la famille 1994.

 

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