Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 4, numéro 29, janvier 1993

Les droits économiques des familles

Monsieur Richard Martin
Vice-président trésorier
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec

Cette courte analyse des ONG (organismes non-gouvernementaux) concernant les politiques non-gouvernementales et leurs influences sur la situation économique des familles, a été présentée le 24 novembre dernier à Curitiba au Brésil, à la Conférence mondiale de l'Union internationale des organismes familiaux sur les droits économiques des familles.

Analyse des politiques non-gouvernementales et leurs influences sur la situation économique des familles (Actions des ONG)

Je représente à cette conférence trois O.N.G. : Familles : Horizon 1994 (Comité canadien et québécois de l'UIOF pour l'Année internationale de la famille), la Confédération des organismes familiaux du Québec, et je suis également membre du Conseil d'administration du Regrou-pement inter-organismes pour une politique familiale au Québec.

Mon intervention sera brève, compte tenu du fait que deux conférenciers de cette session, monsieur René Boué de la France (Région Europe), ainsi que madame Barraquat de l'Égypte (Région Afrique), ont abordé certains points qui seront touchés par cette intervention. Je suis heureux d'intervenir à la suite de madame Valcourt de la Belgique, qui nous a fait part de la collaboration entre la Belgique et le Brésil relativement à une coopération visant une action-terrain au Brésil.

 

Deux objectifs sont à la base de mon propos

D'abord, je veux insister sur l'aspect que le soutien, en général, aux organismes familiaux et communau-taires, doit faire partie intégrante des droits économiques des familles et du projet de déclaration sur ces droits.

Deuxièmement, je souhaite mettre en évidence qu'une des actions et des politiques importantes des ONG pouvant exercer une influence sur la situation économique des familles, tient au développement de la concertation et de la coopération entre ONG. Je fais référence, ici, à la mise en commun de ressources et d'expertises développées à la base par les organismes familiaux ; on peut penser ici: aux initiatives touchant les coopératives d'habitation, aux petites unités de production du Brésil citées par l'intervenante de la Belgique, la gestion des ressources alimentaires, l'accessibilité à plusieurs types de services de soutien aux familles. Je fais également référence au développement de ces ressources par une action collective plus large.

En ce qui a trait à l'inscription nécessaire du soutien aux organismes familiaux à titre de droits économiques des familles, je soulignerai qu'au moment de la publication de son cahier thématique sur les droits économiques des familles et de l'organisation de son séminaire au Canada sur cette même thématique, Familles : Horizon 1994 et les deux autres organismes que je représente ici, ont centré l'analyse et les discussions sur trois grands axes.

 

Le droit à un travail et à un soutien financier aux familles

Je nommerai rapidement les deux premiers, car monsieur Boué les a bien situés. Premièrement, le droit au travail comme mode de répartition de la richesse et de participation à la vie de notre société. Nous parlons donc d'un revenu adéquat provenant d'un travail. Deuxièmement, le droit de toutes les familles à un soutien financier via des prestations familiales et la fiscalité visant, entre autres, à assurer ce revenu minimum adéquat pour assumer les responsabilités familiales. Donc, d'une part, le caractère universel de cette reconnaissance aux familles et, d'autre part, le caractère progressif de ce soutien en fonction des ressources de la famille.

 

Le droit collectif des familles

Par ailleurs, il nous faut constater que ces deux droits de base relatifs à la participation et à la répartition de la richesse, font défaut dans l'ensemble de nos pays. Dès lors, un troisième droit économique s'impose : le droit des familles à être soutenues collectivement. Ce droit collectif, inspiré par le principe de solidarité entre les familles, vise d'une part, à tenter de palier aux manquements touchant les deux premiers, mais plus encore, à lutter contre l'exclusion économique et l'exclusion sociale causant des torts considérables au respect de la personne, à ses droits fondamentaux et à sa dignité.

Alors attention, soutien aux organismes familiaux, non seulement à titre de représentants légitimes des familles auprès des décideurs, mais soutien aux familles collectivement solidaires comme acteurs portant les solutions appropriées aux besoins des familles, et agissant d'une manière d'abord préventive, et très souvent novatrice.

Nous disions, à ce propos, dans la publication à laquelle je faisais référence précédemment, que "le soutien aux organismes familiaux et communautaires constitue un droit économique en ce qu'il contribue à la création et au soutien d'un environnement social indispensable pour l'accès à un certain nombre d'autres ressources".

 

Le droit à l'autonomie des organismes

Il y aurait beaucoup à dire également à l'égard du soutien financier aux organismes et de leurs droits à l'autonomie, ce dernier se justifiant par la sauvegarde d'un rapport dynamique entre les besoins individuels et collectifs des familles. Madame Barraquat a fait allusion à cette problématique et je n'irai pas plus loin sur ce terrain.

En ce qui concerne le deuxième objectif de mon intervention touchant la coopération entre ONG, je voudrais seulement ajouter que les ONG et les organismes familiaux agissent sur la situation économique des familles, lorsque sous la forme de coopératives ou d'associations, ils réussissent à mettre en place et à développer des services qui ont habituellement un coût trop élevé pour celles-ci. J'ai identifié précédemment quelques exemples et secteurs par le biais desquels des parents sont soutenus.

 

Souhaits pour l'Année internationale de la famille 1994

La communication et la coopération entre ONG élargissent le réseau d'entraide au niveau inter-associatif, et ont pour effet d'apporter aux familles, via l'accès à un groupe familial, l'accès aux ressources multiples d'un réseau de groupes familiaux. Cela m'apparaît un point stratégique du développement associatif favorable aux ressources des familles. J'espère que l'Année internationale de la famille contribuera à la reconnaissance de ce droit des familles à être soutenues collectivement et au développement du réseau associatif et inter-associatif les touchant.

 

 

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