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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 1, numéro 3, août 1989 |
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L'échec scolaire et les familles : un bref bilan des activités du Centre Haïtien d'Action Familiale
Madame Thérèse Eustache
Travailleuse sociale
L'échec scolaire et les familles : un bref bilan des activités du Centre Haitien d'Action Familiale
Sheila, 11 ans, enfant unique, a d'énormes difficultés à l'école depuis 2 ans : elle a doublé sa 4ième année et la directrice de son école croit que, si l'enfant ne double pas d'effort, que sa 5ième année est aussi en jeu. Sheila est constamment dans la lune, elle n'écoute pas son professeur dans la classe, n'a presque pas d'amis- es. Pourtant ce n'est pas une enfant à problèmes et les parents disent qu'elle fonctionne très bien à la maison. Ils acceptent de demander de l'aide pour l'enfant ne comprenant pas ce qui lui arrive.
Ce cas fictif est présenté ici, pour illustrer la démarche que le C.H.A.F. a suivi pendant l'hiver et ce printemps sur le thème de l'échec scolaire : une inquiétude des familles Trois soirées ont donc eu lieu les 25 février, le 1er avril et le 13 mai. Organisées en collaboration avec le Bureau de la Communauté Chrétienne des Haïtiens de Montréal et le support technique de la Ville de Montréal et la Garderie Ami-Soleil, ces activités avaient pour objectif général de sensibiliser les parents et intervenants aux difficultés familiales dont l'échec à l'école de l'enfant pourrait être un des symptômes.
Un enfant perturbé émotionnellement ne peut donner un rendement satisfaisant à l'école; il agit ainsi en thermomètre de la température familiale. Attention, nous ne disons pas ici, et nous n'avons pas dit lors de ces soirées que c'était la faute des parents quand l'enfant ne fonctionnait pas à l'école. En demandant de voir ce qui se passe dans la famille, nous demandons aux parents de relever la température (climat) du milieu dans lequel l'enfant a le plus de liens affectifs et émotionnels et qui doit le premier répondre à ses besoins fondamentaux.
Comme le Centre Haïtien d'Action Familiale intervient auprès du système familial, il n'était pas opportun pour nous à ce moment-ci de la démarche d'aller voir, d'analyser ce qui se passait dans le système école ou encore dans le système société tout en étant conscients que ces différents systèmes sont interreliés et s'influencent mutuellement. Nous avons dû laisser en cours de route l'aspect des difficultés d'apprentissage lié à l'école pour répondre aux besoins des parents qui voulaient accorder plus de temps à la question des droits et pouvoirs parentaux en lien avec la loi de la protection de la Jeunesse.
La soirée du 25 février, touchait par la représentation de tableaux familiaux, à tout l'aspect des émotions et des sentiments présents dans la famille et qui sont exacerbés par les problèmes scolaires de l'enfant. Celle du 1er avril, nous permettait de voir chez nous, parents ce qui nous énervait, agaçait le plus chez notre enfant dans son comportement et qui pour était l'explication de ses échecs scolaires (il est paresseux, il ne pense qu'a jouer .... ) Nous avons pu faire la distinction entre comportement acceptable ou inacceptable et les étiquettes ainsi qu'à leurs conséquences négatives.
Enfin, la soirée du 13 mai, nous avons abordé l'aspect des droits et de pouvoirs parentaux, comment les parents haïtiens le conçoivent, en quoi sont-ils limités au Québec et quels types de pouvoir ils peuvent utiliser pour influencer la conduite et le comportement de leurs enfants ? Le témoignage d'une mère monoparentale québécoise sur les problèmes de délinquance d'un de ses fils et comment la famille s'en est sortie, (le fils aussi) a été un aspect très apprécié par les participants de cette soirée.
Près de 250 personnes en tout ont assisté à ces différentes soirées. Bien que le thème abordé pouvait paraître difficile à certains parents ou/et intervenants car il s'agissait de se regarder soi-même comme cause possible d'échec scolaire et que le C.H.A.F. , n'avançait pas de solutions toutes faites, les participants-es ont souligné l'importance de ces soirées et la nécessité de les poursuivre à l'automne. Les parents ont soulevé aussi l'accessibilité de ces soirées aux adolescents-es, car si les premiers ont accepté de se regarder comme parents, ils apprécieraient que les enfants soient conscients qu'ils ne sont pas que sujets de droits, mais comme tout individu, ils ont aussi des devoirs.