Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 4, numéro 30, avril 1993

Monsieur Martin Oré
Directeur
Regroupement des organismes du Montréal-ethnique pour le logement

Le logement et les communautés culturelles

1. Un survol de la situation démographique et socio-économique des familles

La population du Québec était en juin 1989 de 6 692 100 personnes.

D'après le recensement Canada 1980, 12 % de la population québécoise appartiendrait aux communautés culturelles.

Ménages familiaux :

- 31% des ménages non-immigrants étaient composés de ménages familiaux.

- 18% de ces ménages sont des familles monoparentales.

- 10,4% sont des ménages multi-familiaux.

- Chez les communautés culturelles, 53% des ménages immigrants sont composés de familles avec enfants.

- 29% d'entre eux sont des ménages multi-familiaux.

Les familles immigrantes comptent un peu moins de familles monoparentales. Cette situation varie selon les groupes, par exemple 33% des familles antillaises et 18% des familles latino-américaines sont des familles monoparentales.

Nombres d'enfants :

- Les familles immigrantes ont en moyenne plus d'enfants que l'ensemble des familles du Québec.

- Par exemple: 14% sont des familles de 3 enfants, contre 11% chez les non-immigrants.

- 17% sont des familles de 4 enfants et plus, comparativement à 2,6% chez les non-immigrants.

Le revenu moyen :

- Pour la population immigrante, il s'établit en 1986 à 18 379$ comparativement à 16 913$ pour la population non-immigrante.

- Le revenu des familles non-immigrantes (1988) :

* Familles biparentales : 47 947$

* Familles monoparentales : 23 711$

- 55% des ménages des nouveaux immigrants avaient un revenu inférieur à 20 000$, com-parativement à 47% chez les non-immigrants

2. Situation de logement :

- Au Québec, 56% des ménages sont propriétaires de leur logement.

- À Montréal, 74% louent le logement occupé.

- 67% des propriétaires à Montréal sont nés au Canada.

- 27% des propriétaires sont des immigrants européens et 6% de la nouvelle génération.

La répartition des propriétaires et locataires dans ces sous-populations offre un portrait différent.

Les immigrants européens sont plus souvent propriétaires de leur logement (46%), comparé aux nouveaux immigrants (19%) et à la population née au Canada (23%).

C'est chez les nouveaux immigrants que l'on trouve la plus forte proportion de locataires, soit 81%.

Taux d'effort des locataires :

- Près de 56% des immigrants du tiers-monde consacrent plus de 25% de leurs revenus au loyer, comparé à 49% des immigrants européens et 47% des non-immigrants.

- 33,4% des locataires nouveaux arrivants avaient un taux d'effort de 40% et plus, et 24,6% un taux d'effort de 50% et plus.

Taux d'effort des propriétaires :

- 54% des propriétaires avaient un taux d'effort inférieur à 25% de leurs revenus.

- 46% des propriétaires provenant du tiers-monde ont un taux d'effort supérieur à 25%.

- 24,3% des immigrants du tiers-monde avaient un taux d'effort de 40% et plus, et 16% avaient un taux d'effort de 50% et plus.

- 32% des propriétaires immigrants européens avaient un taux d'effort supérieur à 25%, comparativement à 27% chez les propriétaires nés au Canada.

Tant chez les locataires que chez les propriétaires des ménages du tiers-monde, ce sont les couples avec enfants, les familles monoparentales et les personnes seules qui ont les taux d'efforts les plus élevés.

3. Des problèmes des communautés culturelles sur le marché locatif privé se posent au niveau de :

A. L'accessibilité :

B. La discrimination :

- On touche principalement la communauté noire, les familles avec des enfants, membres des minorités visibles et autres.

C. L'information :

- Méconnaissance des communautés culturelles et des nouveaux arrivants sur les programmes, ressources et services offerts en habitation.

D. Les conditions de logement :

- À Montréal, il y avait 60 000 logements qui auraient eu besoin de réparations majeures, ce qui représente 13% du parc résidentiel montréalais.

- Sur les 325 000 logements du secteur privé, seuls 5 600 (soit moins de 2%) seraient franchement pitoyables.

- Nombre de nouveaux arrivants qui sont aux prises avec des logements en mauvaises conditions d'habitabilité.

E. Le logement social :

- Au Québec, 6% en 1989.

- Au 31/12/90, on dénombrait 57 232 logements HLM, 3 943 unités coop et OBSL, 10 541 bénéficiaires de suppléments au loyer et 42 068 allocations-logements pour personnes âgées.

- À Montréal, 4% du parc locatif, soit 14 536 logements HLM en mars 1989, dont 40% étaient occupés pas des familles et 54% par des retraités et pré-retraités.

 

Retour à la table des matières

Retour à la liste des activités