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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 4, numéro 30, avril 1993 |
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Madame Violette Trépanier
Ministre déléguée à
la Condition féminine
et ministre responsable de la famille
La politique familiale est au coeur même de l'existence du Regroupement
Il me fait plaisir d'être parmi vous, ce soir, pour célébrer le dixième anniversaire du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québecet participer quelque peu au colloque sur les relations parents-enfants dans les communautés culturelles. L'initiative de célébrer cet important anniversaire et d'y associer les communautés culturelles est tout à l'honneur de notre hôte, le RIO pour les initiés.
Par ailleurs, le Québec, au cours des trente dernières années, a redessiner le portrait de la famille québécoise. Nous sommes porteurs de records mondiaux peu enviables: taux de fécondité le plus bas, taux de divortialité le plus haut, etc. Heureusement, les sondages nous rappellent encore fréquemment que les Québécoises et Québécois placent la famille au premier rang de leurs priorités. Entre nous, Québécois de vieille souche et Québécois immigrants ou issus des communautés culturelles, il y a donc un consensus important autour de la place prioritaire de la famille dans notre société.
Dans ce contexte, la qualité des relations parents-enfants dans cette communauté davantage pluri-ethnique, qui est maintenant la nôtre, prend une place de première importance. Etre parents, voilà une condition qui nous est commune. Ce qui l'est moins est de l'ordre de nos repères, ces attitudes, ces valeurs dont nous avons été témoins au cours de notre enfance et auxquelles naturellement nous nous référons. Force est d'admettre, par ailleurs, que si nos passés sont différents, notre avenir est lié. Etre parents au Québec en 1993, c'est partager cette responsabilité de tracer pour nos enfants des voies harmonieuses pour un projet de société prometteur.
L'avenir des jeunes Québécoises et Québécois, de toutes origines, repose sur les choix que nous faisons chaque jour comme parents, choix qui se traduisent dans nos discours et nos attitudes.
On ne saurait trop encourager une vision interculturelle de la famille. À Montréal, nos enfants vivent la pluri-ethnicité dans le quotidien. Que faisons-nous comme parents pour les préparer à ces échanges interculturelles? Quel est notre discours face à la tolérance, à l'ouverture sur le monde? Quels livres ou journaux lisons-nous? Qui accueillons-nous dans notre maison? Tirons-nous profit de l'expérience de nos jeunes au niveau des relations pluri-ethniques? Voilà autant de questions qui peuvent nous mettre sur la piste, nous faire réfléchir sur les modèles que nous projetons dans nos relations avec nos enfants.
Ces préoccupations ont leur écho dans l'action gouvernementale. Vous me permettrez de profiter de l'occasion pour rappeler les activités tenues, sous la coordination du Secrétariat à la famille, en 1992 et 1993, en rapport avec la réalité des familles et du rapprochement interculturel. D'abord le 11 décembre dernier, lors d'une journée-contact entre les organismes familiaux et les organismes de communautés culturelles, j'ai été à même de constater le vif intérêt des participantes et participants à connaître le cheminement des uns et des autres par rapport à la famille. Un document-synthèse de cette journée, de même qu'un vidéo, sont disponibles au Secrétariat pour celles et ceux qui voudraient en prendre connaissance.
De plus, en janvier et février 1993, six organismes communautaires de la région métropolitaine ont bien voulu expérimenter un guide d'animation sur les relations parents-enfants. Le Secrétariat à la famille diffusera largement ce guide au cours des prochaines mois. Cet outil d'animation a été spécialement conçu dans le but de supporter des groupes désireux de tenir un atelier mettant en présence des parents québécois de vieille souche et des parents québécois immigrants ou issus des communautés culturelles. En toute simplicité, ce guide offre une occasion d'échanges autour de l'un ou l'autre des thèmes suivants : être parents, familles et adolescence, familles-écoles et, enfin, familles et réseaux d'entraide.
Je tiens à souligner que c'est toujours dans un esprit de soutien et de collaboration avec les organismes familiaux, communautaires ou gouvernementaux que nous entendons contribuer aux efforts mis de l'avant pour favoriser le rapprochement interculturel des familles québécoises.
Le projet "Familles et rapprochement interculturel" mené par le Secrétariat à la famille s'inscrit dans le plan d'action du ministère des Communautés culturelles et de l'Immigration. Le Secrétariat a par ailleurs obtenu du même ministère une aide financière et des conseils précieux pour réaliser ces activités. De son côté, le 2e plan d'action en matière de politique familiale compte un ensemble de mesures auxquelles peuvent se rapporter les familles québécoises de toutes origines. Une mesure en particulier, la mesure 74, devrait contribuer à une meilleure connaissance au niveau gouvernemental du portrait des familles québécoises immigrantes ou issues des communautés culturelles. Enfin, le Conseil de la famille s'est également penché sur cette question au cours de la dernière année.
À l'aube de l'Année internationale de la famille qui aura lieu en 1994, je voudrais profiter de l'occasion qui m'est donnée pour solliciter la participation des représentants des organismes des communautés culturelles intéressés à la famille. Vous avez des alliés au sein des organismes familiaux et gouvernementaux. C'est le temps de se parler, de grandir ensemble pour le mieux-être des familles du Québec. Nous entendons souligner de façon particulière cette année qui sera consacrée, à l'échelle mondiale, à la réflexion, à la valorisation et à l'amélioration de la qualité de vie des familles. C'est pour cette raison d'ailleurs que j'ai annoncé, en décembre dernier, la création du Bureau québécois de l'Année internationale de la famille destiné à assurer la préparation et la coordination du programme d'activités qui se dérouleront au Québec.
Enfin, le 3e plan d'action en matière de politique familiale, prévu pour 1994, est en quelque sorte en préparation. Déjà une première biennale a permis, à l'automne 1993, une prise de contact de tous les partenaires que nous souhaitons voir s'engager dans ce plan d'action. Nous voulons que son élaboration, qui devrait prendre forme lors de la 2e biennale, repose sur un éventail plus large de partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux,dont les partenaires socio-économiques. Vous êtes invités, encore une fois, à vous associer à l'ensemble des partenaires intéressés à la famille au Québec pour mettre en place des actions concrètes visant à mieux soutenir le développement des familles dans votre milieu et, par le fait même, à préparer pour tous nos enfants un avenir de qualité où les valeurs familiales auront une place prépondérante.