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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 4, numéro 30, avril 1993 |
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Madame Anne-Marie Thibodeau
Secrétaire d'atelier :
L'atelier est animé par madame Lucie Brown du Bureau de service social du Centre-Nord. Elle était assistée de madame Immacula Dieudonné intervenante au même bureau.
Après une brève présentation des deux animatrices, l'échange est engagé sur l'identification du phénomène soit; la problématique particulière de l'intervention de la Protection de la Jeunesse dans les différentes communautés culturelles.
* La méconnaissance chez les parents de la Loi de la protection de la jeunesse et des objectifs visés par cette loi, de même que la différence dans les valeurs et habitudes de la société québécoise relativement à l'exercice de l'autorité parentale.
* Le fait que par l'école et leur environnement social, les jeunes sont souvent mieux informés que leurs parents des droits reconnus aux enfants, et des valeurs et attitudes éducatives différentes de la société d'accueil, cette situation génère beaucoup d'insécurité chez les parents.
* Les parents auraient tendance à se désengager de leurs responsabilités parentales face à l'action de l'État. De plus, on constate chez eux une tendance à accepter les différentes valeurs et façons de faire à l'école ou dans la société en général : ils acceptent beaucoup plus difficilement qu'on les questionne ou qu'on remette en question leur façon de faire "chez eux, dans leur famille".
* Si l'intervenant n'est pas suffisamment sensibilisé "aux différences", il peut agir sans nuances ou sans une approche appropriée face aux particularités de la situation.
* Assurer aux différentes communautés une information plus complète et plus adéquate tant de la Loi que de ses objectifs, de même qu'une plus grande sensibilisation aux valeurs prônées par la société québécoise (liberté, autonomie et individualité, de même que les conséquences de ces valeurs en termes de responsabilisation et de devoir).
* Sensibilisation des parents pour les amener à une plus grande compréhension et à une meilleure acceptation des droits des enfants, tels que : le droit de parole, le droit à l'information, le droit à son opinion...
* Que les intervenants de la protection de la jeunesse disposent de suffisamment de temps d'intervention pour expliquer certaines dimensions de leurs actions telles que :
- l'objectif visé par les parents et par la Loi souvent le même, mais que ce sont parfois les moyens utilisés par les parents qui sont inadéquats;
- la valorisation de l'objectif du parent et la prise de conscience des effets des gestes qu'il pose;
- rappeler que la Loi n'est pas là pour se substituer à eux, ni pour saper leur autorité.
La dernière partie de l'atelier a permis d'identifier la nécessité de ne pas tout attendre des "services de l'État", la pertinence d'une intervention plus collective et d'une intensification des moyens supportant et favorisant l'action des organismes communau-taires, et la nécessaire concertation entre les différents acteurs.