Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 4, numéro 30, avril 1993

Animateur
Monsieur Molière Estinville
Commission des écoles protestantes du Grand Montréal

:Madame Marie-Thérèse Aïna
Secrétaire d'atelier

Rapport de l'atelier numéro 2 : Le décrochage scolaire, aussi une réalité ?

Le décrochage scolaire, sujet pertinent, préoccupant dans le monde de l'éducation. Il importe de faire un parallèle entre Haïti et Québec.

La réussite scolaire est une priorité sociale au Québec. Les bénéfices escomptés en sont la diminution du chômage ainsi qu'une meilleure qualité de vie. Cependant, malgré toutes les initiatives des dirigeants, les jeunes décrochent. En Haïti, l'enseignement primaire est obligatoire et gratuit. Le quart des élèves réussit et on relève un fort taux d'analphabétisme.

Voici certaines constatations retenues par les participants de l'atelier :

Incidences :

Sexe : Au Québec les filles restent à l'école plus longtemps que les garçons.

Langue maternelle : La maîtrise de la langue maternelle permet l'apprentissage.

Langue d'usage : Les Grecs, les Italiens ne décrochent pas. Les anglophones décrochent moins que les francophones.

Il existe des moyens de dépistage du décrochage scolaire : les manifestations de symptômes dépressifs : fatigue, perte d'espoir, agressivité, etc.

À la maison, le jeune décrocheur exprime de faux besoins et des attentes irréalistes.

À l'école, il cumule des retards, multiplie les absences et ses difficultés scolaires le mène à des échecs. Il expérimente un manque de stimulations et de contacst avec les enseignants, éprouve une pauvre estime de lui-même et de faibles aspirations.

Le décrochage, est-ce une réalité

On a tendance à globaliser. La communauté haïtienne, société en devenir n'est pas autonome. Elle se recherche, émotionnellement, vit avec Haïti, rêve.

Quand on considère bien les choses, on voit qu'il y a une catégorie issue de la classe socio-économique faible. Sans encadrement familial, les parents ne sont pas en mesure d'aider; ils sont au stade fonctionnel.

Les jeunes sont-ils décrocheurs ?

Non, l'éducation pour cette communauté constitue une richesse sur laquelle les familles comptent pour réussir. L'école est une valeur importante dans notre société. Seul de graves problèmes peuvent faire décrocher... Il faut comprendre les motifs d'abandon qui sont communs à tous les jeunes.

Le choc culturel rend l'apprentis-sage difficile . Les codes culturels du Québec ne sont pas semblables à ceux d'Haïti. L'encadrement familial est déficient : absence de modèles.

Les services sont absents dans la communauté. Le prix à payer : des jeunes décrocheurs, des jeunes filles-mères.

Ce ne sont pas tous les Haïtiens qui ont ces problèmes dans la démarche d'intégration à la société québécois. Le chômage touche les jeunes des milieux les plus défavorisés.

Dans le milieu scolaire, les problèmes se font sentir : transplantation migratoire, tensions familiales, retards scolaires, etc. Conséquence: c'est la délinquance. C'est pourquoi ce sont des exclus, des décrochés non des décrocheurs. Les jeunes se retrouvent au centre d'accueil qui pour eux n'est qu'une prison.

Processus d'appropriation de l'école

Utilisation de leurs connaissances, de leurs ressources, de leurs aptitudes pour pouvoir intervenir dans la vie de l'école. L'appropriation implique changement et compréhension. La communauté fournit soutien et accessibilité à l'informat ion. Des parents volontairespeuvent poursuivre, encadré par le projet : "Entre nous, la famille, mon école et moi".

 

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