Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 4, numéro 30, avril 1993

Monsieur Kéder Hyppolite
Président
Alliance des Communautés culturelles pour l'égalité dans la santé et les services sociaux (ACCESSS)

La violence raciale et la discrimination, est-ce une réalité ?

Parler de violence raciale et de discrimination dans notre société n'est pas un fait divers, parce que la question qui est posée en est une de fond.

Les médias

Il suffit d'écouter CKAC et CJMS pour ne nommer que ces deux stations de radio durant les émissions de lignes ouvertes. Il suffit de lire "La Presse", particulièrement au printemps 1992 où un sondage a révélé les différents groupes qui se disaient victimes de racisme. On était même surpris de voir la communauté italienne se situer au deuxième rang parmi les communautés qui se disent victimes de racisme, derrière la communauté noire ou anglophone. La société québécoise a toujours cru que les Italiens étaient intégrés.

Notre système scolaire

Si nous regardons de plus près notre système scolaire, nous devons déplorer toute la violence raciale qui a été portée à l'écran à l'émission "Le Point " à Radio Canada, il y a à peu près deux ans. À cette émission animée par monsieur Simon Durivage, une jeune étudiante du CEGEP Saint-Laurent disait et je cite :"Les Chinois peuvent passer, mais les noirs je les déteste, ils sont laids, ils sont sales".

Les différentes commissions

En 1991, qui ne se rappelle pas les attaques orchestrées par les Skinheads, contre des jeunes de la communauté haïtienne qui ont été pourchassés jusqu'au métro. La déclaration du président de la Commission des droits de la personne, les constats de la Commission Bellemare, et tout dernièrement ceux de la Commission Corbo, et que dire de ce jeune qui a eu à prononcer une sentence contre un jeune noir suite à une première offense de vol à l'étalage, en lui disant à peu près en ces termes :" Qu'ici on ne peut pas vous laisser faire, si on vous laissait faire ce serait l'anarchie, et ce serait la dictature comme dans votre pays..." il a prononcé une sentence exemplaire et l'avocat de répondre : "votre Honneur, il est né à Montréal".

Se donner les moyens

C'est une façon à moi de répondre à cette question et d'ajouter qu'il n'est pas suffisant de "Prendre le temps de nous connaître", il faut qu'on se donne ou que l'on nous donne les moyens.

Les différentes lois

En 1971, l'Assemblée nationale adoptait la Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels.

En 1974, la loi concernant la protection des enfants soumis à de mauvais traitements créait le Comité de protection de la jeunesse.

En 1986, les ministères de la Justice et de la Sécurité publique adoptaient une politique d'intervention judiciaire en matière de violence conjugale.

En 1988, l'Assemblée nationale adoptait la loi portant sur l'aide aux victimes d'actes criminels.

L'article 10 de la Charte des droits et libertés est une disposition qui assure un recours aux victimes de racisme. Cette disposition n'est pas suffisante. L'Assemblée nationale doit adopter une loi pour indemniser les victimes de racisme comme c'est le cas à Richmond, en Virginie, où la responsabilité est léguée à la ville.

C'est ce que j'appelle donner les moyens.

 

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