Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 5, numéro 33, octobre 1993

Madame Danielle Métras
Agente de développement

Maison des grands-parents de Villeray

La Maison des Grands-parents

Vers un nouvel équilibre des âges

... finalement, l'ensemble de la société, de ses citoyens, de même que l'État ont, eux aussi, un rôle très important à jouer à l'égard de la personne âgée. Il leur incombe de faire en sorte que cette dernière puisse continuer, dans la mesure de ses capacités et selon sa volonté, à participer pleinement et activement à la vie collective.

L'âge, en aucun cas, ne devrait constituer un motif valable de mise à l'écart et, encore moins, de dévalorisation sociale.

Préambule

La Maison des grands-parents, est un projet pilote. Actuellement, l'élaboration du projet répond au désir des aînés en favorisant une implication sociale auprès des familles.

La mise en place de ce projet pilote a été fortement encouragée tant par des organismes familiaux et communautaires, que par des individus de tous les âges et de différents milieux.

Ce projet novateur, ayant au départ pour objectif que des grands-parents soient utiles et actifs dans la société, s'est d'abord sensibilisé à la vie de quartier Villeray, là même où l'idée d'une telle intervention communautaire est née.

La Maison des grands-parents se veut un lieu d'actions bénévoles des aînés. Avant tout, ce projet pilote sera un soutien par des grands-parents pour les familles les plus à risques et participera à l'entraide collective. C'est de la Maison que partiront toutes les activités des aînés pour les familles du quartier.

Les aînés, un actif dans la société

* Actions priorisées :

- soutien aux familles à risques

- accueil aux communautés culturelles

- support aux jeunes dans leur démarche de vie et autres

- remise à neuf des biens matériels

* Clientèle visée

- familles du quartier Villeray

- école primaire de Sainte-Cécile

- adolescents

* Responsable du projet

- le Club de l'âge d'or le Pélican

* Partenaires

- Fédération de l'âge d'or du Québec

- Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec

- CLSC Villeray

Historique

Un des volets de la Fédération de l'âge d'or du Québec, est de soutenir les ainés dans leurs projets, lorsque ceux-ci sont propres à l'épanouissement des aînés. C'est donc dans cette optique que la FADOQ s'est intéressée de près au désir des aînés qui manifestent le souhait de rapprochement avec les familles.

Initié par le Club de l'âge d'or le Pélican et par la Fédération de l'âge d'or du Québec, ce projet pilote, la «Maison des grands-parents», relève du dossier famille de la FADOQ.

En janvier '91, des aînés, en l'occurrence mesdames Jacqueline Desjardins et Lucille Girard, ayant résolument exprimé le souhait de se rapprocher des familles, enclenchaient un processus de rencontres et de discussions.

Dès le début, les principales raisons qui éloignaient les grands-parents de la famille, ayant pour conséquence, le risque de ghettorisation des générations ont été ciblées. Ces raisons étaient :

- les nombreuses responsabilités des deux parents qui travaillent à l'extérieur

- les familles reconstituées bousculent la cellule familiale traditionnelle

- le manque de contact aînés / adolescents

- la distance des lieux.

À la recherche d'une jonction

Devant de tels faits, les ainés ont cherché tout à la fois, les différents moyens de se rapprocher des familles et les manières d'établir des contacts avec celles-ci.

Il est une vérité de La Palice, les familles sont mouvantes! Mais une particularité s'y rattache : des grands-parents souhaitent créer un rapprochement avec elles.

L'intention au départ n'était pas d'aller frapper aux portes des leurs avec un panier de services. Ce n'était pas la formule recherchée. D'autant plus que plusieurs n'ont pas de familles et que le critère de base ne concerne pas tant la fibre familiale que le rapprochement ainés / familles. Non, ce qu'ils voulaient, c'était bien d'être utiles à un ensemble de familles !

C'est donc dans un esprit communautaire, avec la vision de rendre service aux familles, que des grands-parents ont affirmé leur désir d'aider leur quartier en aidant les familles.

Des aînés veulent s'intéresser à des besoins réels

L'apport des ainés se veut d'abord humanisant. Il sera fait à la mesure des capacités des grands-parents.

Les aînés ne régleront pas des problèmes ou des difficultés majeures avec enfants et adolescents. Mais ils échangeront avec eux, sur les vues et expériences de chacun. Ils seront consultants et consultés, vivant ainsi l'intergé-nération, par des rencontres dans la Maison.

Ils seront davantage là pour soutenir les familles qui exprimeront une volonté de se prendre en main. Ils les supporteront dans leurs démarches de mieux-être.

Ils accueilleront les familles des communautés culturelles, en leur faisant connaître leur quartier et les services rendus à la communauté. Des rencontres se feront aussi avec eux à la Maison.

Des grands-parents menuisiers pourront travailler à la remise à neuf des dons matériels qu'ils recevront.

Les grands-parents veulent participer à soulager mora-lement et matériellement, les familles en difficulté et à soutenir celles qui veulent se prendre en main.

L'aspect préventif pour un concept positif du vieillissement

Le tort dont on accable souvent les aînés d'être dépendants de la société, de remplir les salles d'urgence, de se bourrer de médicaments ou de n'être que des joueurs de cartes ne doit plus être l'unique référence que nous avons d'eux.

Les aînés ont le potentiel, les capacités et le vouloir d'être actifs au sein de la société. Leurs habiletés sont multiples, ils souhaitent les mettre à contribution. Ils possèdent une connaissance qui leur donne toute l'expertise nécessaire pour un intervention efficace. Ils ont de la disponibilité.

Ce qu'ils choisissent de faire, ils le font par choix et par générosité. Leur expérience ne peut s'avérer que très significative, cependant que leur apport ne se quantifie pas, il se qualifie.

Pour ceux qui n'ont pas choisi le silence et le retrait dans lesquels la vie les confine parfois, l'unique fait de se sentir utiles, d'être partie intégrante de la société, ne fait qu'améliorer leur qualité de vie.Ces actions souhaitées des aînés seront profitables tant pour eux, que pour les familles. Les retombées ne peuvent en être que bénéfiques.

Les liens conciliateurs qu'ils sont amenés à créer, harmoniseront pour un ensemble de familles, le manque à combler de l'écoute, de la disponibilité et une meilleure connaissance de l'évolution normale de la vie.

Statistiques du quartier Villeray

Le Club de l'âge d'or le Pélican est situé dans le quartier Villeray. Une étude sur la vie de ce quartier donnait une première cueillette significative:

- augmentation progressive des familles monoparen-tales

- présence significative des aînés (15%)

- présence significative des 18-30 ans (30%)

- progression constante des communautés culturelles

- pauvreté à soulager là aussi.

.Retour à la table des matières

Retour à la liste des activités