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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 5, numéro 33, octobre 1993 |
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Madame Marie-Ange Beauclair
Le Pélican de Sainte-Cécile
Témoignage
Depuis un an , je fais des rencontres intergénération avec des adolescents de la Polyvalente Lucien-Pagé et des aînés du Pélican.
J'ai toujours aimé partager avec les jeunes. À mon emploi, j'aimais travailler les soirs et les samedis car les jeunes prenaient leur pause-café chacun leur tour, assis devant ma machine à coudre pour me raconter leurs ambitions, leurs amours, leurs loisirs, leurs peines ou tout simplement pour me demander de leur parler de mon vécu ou de "dans votre temps" comme ils questionnaient. Ils savaient que mon rêve était de m'occuper des jeunes et ils m'encourageaient.
Alors quand on annonça au cours d'une soirée au Pélican que l'on avait besoin des aînés pour rencontrer des adolescents, je n'ai pas hésité a donner mon nom.
Au cours de ces rencontres nous échangions et participions à certains jeux, nous avons chanté, mangé, et même dansé avec eux. Une responsable de la Polyvalente m'a dit que l'activité qui avait plû supérieurement aux autres pour les jeunes était l'intergénération, et déjà nous avons commencé à planifier des rencontres pour l'année qui vient.
Je me sens à l'aise avec les adolescents contrairement aux bébés qui eux m'agressent par en-dedans comme je dis souvent car devant leurs pleurs alors que tous leurs besoins me semblent comblés, je me sens démunie, désemparée et même impatiente.
Je me suis rendue un jour avec ma soeur qui fait du bénévolat à l'hôpital Jean-Talon auprès des aînés malades, à une fête des bénéficiaires et j'en suis ressortie, triste, bouleversée et je me suis même sentie coupable devant mon incapacité à les réconforter.
Cependant, pendant et après mes rencontres intergénération je me sens bien, ragaillardie, survoltée et si près d'eux car je me souviens m'être fait une adolescence difficile étant de caractère triste, négative et renfermée.
Je crois que ce qui entretient mon intérêt pour les jeunes, c'est l'espoir. Je sais qu'ils ont de la volonté et que si nous les comprenons et les encourageons dans ce qu'ils ont et font de mieux, au lieu de nous acharner sur leurs problèmes, ils prendront confiance en eux et voudront s'améliorer et améliorer leurs relations avec l'entourage. Nous ne sommes pas obligés d'approuver ce qui n'est pas correct à nos yeux et pourrons le leur dire mais nous pouvons quand même les écouter et surtout les aimer.
Ils ont besoin de nous et nous avons besoin d'eux pour avancer dans la vie, pour nous garder jeunes, "dans le coup" comme ils disent.
Ils se disent aussi prêts à aider les aînés que ce soit pour leur tenir compagnie, parler avec eux, faire les courses, prendre une marche, etc.
Aimons-les très fort, appuyons-les dans leurs réussites comme dans leurs échecs, ils deviendront capable de vivre en harmonie avec nous, donnons-leur des objectifs positifs, revalorisants et ils oublieront la drogue et leur désillusion face à la vie.
Semons beaucoup, beaucoup d'affection envers eux et nous récolterons plein d'amour