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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 5, numéro 34, décembre 1993 |
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Allocution de Monsieur Jean-Pierre Lamoureux,
du Conseil de la famille
à l'occasion de l'assemblée générale annuelle du RIOPFQ
Penser et agir famille
Merci, monsieur le président et merci au Regroupement pour cette invitation à participer à votre assemblée générale. Que ce soit monsieur Bernard Fortin, le président du Conseil, un membre du personnel ou moi-même, nous sommes toujours heureux de participer aux activités du Regroupement et de concourir au développement de l'influence du mouvement familial.
Monsieur Sarrasin m'a demandé quelle était la perspective du Conseil de la famille à l'orée de l'Année internationale de la famille et de vous entretenir de ses préoccupations. Je le fais donc avec plaisir car je connais à l'avance votre intérêt pour les travaux du Conseil.
Effectivement, les membres du Conseil voient dans cette Année internationale de la famille une occasion en or de valoriser et de reconnaître la part des familles au développement des personnes, à l'éducation des enfants, à l'essor de l'économie, en somme à toute la société québécoise. Cette année arrive, pour chacune des familles, je dirais à un moment providentiel et stratégique dont nous avions besoin pour relancer, sinon mieux asseoir la famille et la politique familiale du Québec dans une meilleure position en dépit de la situation socio-économique difficile que nous traversons.
En effet, de nos conversations, de nos rencontres de travail, des consultations du Conseil de la famille, il se dégage qu'une morosité importante envahit les parents actuellement. Le chômage et, particulièrement le manque de travail des jeunes, la pauvreté, la misère morale et économique des familles monopa-rentales, les difficultés que vivent les familles avec les adolescents, l'ensemble des coupures de services ou les désassurances sociales, le cul-de-sac qui attend les jeunes... tout cela concourt à inquiéter les parents. Tout est remis en question dans un contexte politique fragile. D'où l'importance pour le mouvement familial de tirer son épingle du jeu pour survivre ou pour maintenir certains acquis chèrement gagnés.
Même le Conseil de la famille en 1994 sera évalué, examiné en quelque sorte, à partir du bilan de ses activités pour justifier la reconduction de la Loi qui l'a constitué. Je le dis rapidement mais le Conseil de la famille qui a été créé à l'instigation du mouvement familial pour favoriser l'expression des familles, est un organisme qu'il faut sans aucun doute sauvegarder. Je crois que vous aurez un rôle à jouer dans cette démarche et c'est pour cela que nous vous reviendrons là-dessus dans quelques mois.
Je présume que vous connaissez les travaux du Conseil mais je vous énumère, pour mémoire, nos travaux récents. Ils ont porté sur la garde des enfants au domicile des parents, sur les services de garde à l'enfance, sur la perception automatique des pensions alimentaires, sur la nécessité de préserver la capacité des parents de remplir leurs responsabilités, sur la paternité, et, dernièrement, sur la question de la fiscalité et des familles. Ce sont des dossiers énormes en terme d'influence sur la vie familiale qu'il nous faut approfondir encore et relayer à l'ensemble des familles du Québec.
Je vous indique aussi les préoccupations qui sont présentes au Conseil de la famille. Aussitôt que les ressources du Conseil le lui permettront, le Conseil travaillera sur l'apport des grands-parents comme ressources à la vie familiale et auprès des petits-enfants. À la demande de la Ministre, le Conseil se penchera également sur les questions des familles recomposées, de la garde partagée et sur les relations des parents avec le milieu scolaire.
Compte tenu toujours des modestes ressources, le Conseil de la famille apportera les contributions suivantes à l'Année internationale de la famille. La pièce la plus mar-quante sera probablement la proposition d'un guide déontologique d'intervention familiale qui servira à prolonger et à concrétiser le Penser et Agir famille du Conseil.
Par ailleurs, le Conseil, déjà présent au Conseil d'administration du Bureau québécois, le sera aussi au Québec par la participation de ses membres aux tables régionales et aux activités nationales dont nous entendrons parler bientôt. Bien d'autres sujets sont évidemment à l'ordre du jour du Conseil mais puisque ses capacités sont limitées, certains ont dû être mis en attente. Je pense aux projets d'avis concernant les familles et les communautés culturelles, les familles et les personnes han-dicapées, les familles ayant des adolescents.
Je m'en voudrais de terminer sans vous livrer l'essentiel du message des membres du Conseil de la famille actuellement. Ce que l'Année internationale de la famille devrait apporter, c'est l'espoir. Entre nous, c'est la marque de commerce des familles et c'est la motivation d'agir pour la majorité des parents. Donner naissance à un enfant, c'est un acte d'espoir, de confiance. L'éduquer, c'est lui ouvrir des portes pour l'avenir. Les parents ne peuvent pas démissionner actuellement à cause des difficultés. Inlassablement, il faut répéter l'encouragement dont ont besoin les parents du Québec et, plus que jamais, le mouvement familial doit dire que l'avenir du Québec passe par des familles fortes et des familles saines. Vous l'aurez sans doute noté, c'est un message que le Conseil de la famille cherche à partager constamment dans ses Avis, dans ses travaux et dans les réflexions qu'il propose. Je vous invite à faire de même comme représentants des parents.