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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 5, numéro 35, janvier 1994 |
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Madame Renée Condé-Icart
Déléguée du
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
Après avoir travaillé sur les droits économiques , légaux et sociaux des familles, l'Union internationale des organismes familiaux (UIOF) dans l'application de son plan quinquennal organisait la grande conférence mondiale sur "les droits culturels des familles" au Caire en Égypte du 21 au 25 septembre dernier.
Nul choix de ville ne pouvait être plus approprié. En effet, le Caire est le coeur même de la civilisation et de la culture d'une Égypte plus que "millénaire". L'idée d'y tenir cette conférence sur les droits culturels des familles nous rappelait symboliquement qu'à la base de toute civilisation, il y a la richesse de l'héritage transmis et intégré par les familles et par ailleurs que la vigilance est de mise face aux technologies modernes envahissant nos foyers, introduisant des façons de penser, des modèles culturels et des idéologies pas toujours en accord avec les besoins des familles et des peuples.
Cette conférence réunissait des délégués de quarante-sept (47) pays provenant surtout des organismes familiaux mais aussi du secteur gouvernemental. Encore une fois, il faut noter une nette prédominance des délégués européens. Certaines parties du monde étaient peu ou pas représentées (Caraïbes, Asie, ou nettement sous-représentées : Afrique noire). La mondialisation de l'Union internationale tant souhaitée est encore à faire.
Le grand thème de la conférence sur "les droits culturels des familles" se déroula comme suit :
- La première journée a été consacrée à l'influence des médias particulièrement la télévision sur les structures familiales
- La deuxième journée, nous avons abordé la problématique des droits culturels des familles
- La troisième journée, il a été question de la nécessité des politiques culturelles
- La quatrième journée, nous avons parlé de la coopération internationale et des droits culturels de la famille et nous avons ratifié la charte des droits de la famille.
D'entrée de jeu, un constat s'impose: les problèmes socioculturels ne pourront que gagner en importance et en acuité à l'aube du 21 ème siècle. La sousestimation des facteurs culturels, l'accélération des progrès technologiques, la standardisation des modèles de consommation, la pression démographique, posent des problèmes sans précédent dans l'histoire de l'humanité. L'homme dans sa globalité doit être la finalité même du développement qui ne peut plus se définir seulement en termes de croissance économique. Force nous a été de nous interroger sur la culture comme espace de dialogue procédant d'une communication et d'un échange :
La famille joue un rôle irremplaçable dans la transmission et la transformation de cette culture créatrice de sens, de cette culture qui concourt à la préservation d'une identité. Parler de droits culturels des familles, c'est reconnaître certaines fonctions culturelles des familles de même que le caractère dynamique et dialectique de celle-ci. Les droits culturels doivent être appréhendés dans une double polarité : celle des droits et de la responsabilité. Les familles ont besoin d'un environnement leur permettant d'assurer, de façon satisfaisante, leur mission culturelle. L'absence d'une politique culturelle ne peut laisser de place qu'à une image réductrice de l'homme, de la famille et de la société. D'où la nécessité de politiques assurant l'existence de conditions-cadres nécessaires à cet échange.
Une politique culturelle peut être l'affaire du secteur privé ou celle d'un organisme parapublic. Elle pourrait être menée au niveau national (communes, régions, états), au niveau international (UNES, OCDE, Conseil d'Europe, Ligue des États Arabes, OUA, OEA). Le professeur Mache-net, conseiller d'état (Fribourg, Suisse), dont je m'inspire surtout nous a énuméré dix bonnes raisons de mener une politique culturelle active. La mutation profonde de la culture nous fait craindre, dit-il, un rétrécissement de l'espace de dialogue "nécessaire à toute vie culturelle. Crainte que la culture consommée l'emporte sur la culture vécue".
L'école, la plus grande institution culturelle de l'État, constitue un formidable instrument capable de favoriser et de servir ce concept de culture tel que défini. La famille devra de plus en plus y trouver sa place. les parents, premiers responsables de l'éducation de leurs enfants, les enseignants, les autorités scolaires devraient y trouver une relation plus riche de "partenariat". Une nouvelle mobilisation contre l'analphabétisme devra aussi être faite afin d'ouvrir pour le plus grand nombre "les chemins essentiels de la culture".
Un moment fort dans le déroulement de cette conférence pour ma part était celui de l'exposé sur les droits culturels et le projet de déclaration universelle des droits de la famille puisque lors de l'assemblée générale il y a eu comme une évacuation de ce seul document politique ... une grande place étant accordée aux règlements généraux.
Avec les exposés sur les droits culturels des familles et les problématiques soulevés dans chacune des régions nous cheminons plus concrètement dans la réflexion. Ce tour d'horizon prenait en compte aussi bien :
La réflexion lors de la dernière journée portait sur la coopération internationale et les droits culturels des familles. Les grands exposés nous ont laissé sur notre faim étant donné le manque de projet culturel.
Une journée culturelle nous a permis de faire relâche. En effet, il nous a été donné d'appréhender ce qui faisait vivre les gens d'antan, du temps des pharaons et l'histoire de cette civilisation antique d'une inestimable valeur.
Les droits culturels ou droits à la culture sont les droits les plus récemment reconnus et acquis parmi les droits humains. Cette préoccupation est récente étant donné que la culture américano-européenne affichait une totale indifférence envers les autres cultures et une tendance à l'absorption. La faible présence du tiers-monde n'a pas permis un échange assez substantiel et réaliste sur la thématique des droits culturels.
Il est impératif que des efforts soient faits pour établir des liens d'échange entre les membres de l'Union, d'une part et entre l'Union et les organismes familiaux du tiers-monde, d'autre part.