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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 5, numéro 35, janvier 1994 |
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Le 29 décembre dernier, madame Claudette Tougas signait dans la page éditoriale de la Presse, un article sur l'Année internationale de la famille. Elle écrivait : "Nous voici donc à l'aube d'une année de réflexions, de dialogues et d'actions engagées pour créer, encourager, entreprendre et privilégier l'importance du rôle de la famille dans la société en mutation". Elle faisait écho, par la suite, au programme chargé que les responsables de l'Année internationale de la famille ont mis sur pied "...comptant beaucoup sur l'engagement des familles elles-mêmes, pour diffuser le plus largement possible de l'information, échanger, discuter des problèmes actuels de la famille éclatée, etc.". Elle s'interrogeait, entre autres, sur la volonté du gouvernement du Québec de faire autre chose pour cette Année internationale de la famille d'organiser des conférences et forums divers.
Dans cette même page éditoriale, madame Odette Ouellet, ex-membre du Groupe de travail pour les jeunes qui produisait le Rapport Bouchard :"Un Québec fou de ses enfants, à quand une véritable priorité ?" se demandait elle aussi, quand le Rapport serait une priorité et souhaitait que "la période des fêtes soit une occasion de remettre les enfants au coeur de notre conscience individuelle et collective". Ces écrits témoignent de l'incertitude de passer à une action véritable de changement des mentalités à l'égard des valeurs familiales pourtant bien reconnues comme premières sources d'éducation, de socialisation et d'amour. Elles témoignent aussi de l'incertitude que l'on peut nourrir à l'égard d'un engagement profond de nos gouvernements a vouloir régler, une fois pour toutes, les problèmes sociaux de base (les garderies, la fiscalité familiale, l'équité dans l'emploi, etc.)
Notre incertitude peut être d'autant plus grande que comme l'écrit si bien madame Lise Bissonnette dans le Devoir (décembre 93) "1994 sera par exemple, l'Année de la révision des programmes sociaux au Québec comme au Canada et les premiers signes vont dans le sens d'un retrait plutôt que de la recherche d'un équilibre à partir des ressources restreintes. Couper dans les prestations, retrancher des bénéficiaires, telle est la technique dominante".
Est-ce alors utopique de préconiser, pour l'Année internationale de la famille, tant au niveau de nos échanges individuels que collectifs une approche familiale dans la façon de gérer les situations de crise ou les problèmes de tous les jours qui se présentent à l'emploi, à l'école, dans les municipalités et les officines gouvernementales?
"L'espoir est rarement comblé, en bout de cause , mais le pire serait d'y renoncer" comme l'écrit madame Bissonnette dans l'article évoqué plus haut. L'Année internationale de la famille 94 doit être autre chose que fumée!
Richard Sarrasin, t.s.
Vice-président secrétaire