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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 7, numéro 43, octobre1995 |
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Les aînés ont-ils une place dans nos familles ?
Monsieur Richard
Sarrasin, t.s.
Vice-président secrétaire
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
N'avons-nous pas quelque chose à perdre en nous séparant de nos aînés?
L'An 2000 : la société face à un aîné absent ou à un aîné participant
La société de l'an 2000 considérera-t-elle les personnes aînées comme des citoyens exclus, des personnes qui ont terminé leur pèlerinage terrestre, des parasites sociaux et familiaux ? Voilà le danger qui guette le groupe des aînés.
La tendance sociale, qui depuis une dizaine d'années, se développe chez nos voisins du Sud à l'effet de bâtir des "villes" pour les aînes, gagnera-t-elle le Québec ? Ces villes où seules les personnes âgées peuvent résider deviendront-elles le "paradis" rêvé, l'ultra chic à l'avant-garde du développement gérontologique ?
Ces ghettos d'aînés peuvent être, à prime abord, sympathiques parce que répondant à des aspirations de repos, d'amusements et de loisirs adaptés à la situation du vieil âge ; deviendront-ils l'alternative première, l'aspiration unique des citoyens de 55 ans et plus ? Si certains veulent ce milieu de vie, d'autres, par contre, désirent demeurer des actifs sociaux.
Les états ne seront-ils pas heureux de voir se retirer dans ces villes fermées et imperméables, ceux et celles qui, encore hier, manifestaient une présence active et encombrante pour eux dans la société ? La conscience apaisée des politiciens qui auront participé à l'élaboration de telles cités, limitera leurs vues à un type de population aînée très limitée, à un club restreint et sélect capable financièrement de se payer dans ces villes, une maison, aujourd'hui évaluée à $1000,000 1 , à des îlots où ne peut demeurer aucun résident permanent de moins de dix-huit ans et ou les enfants ne "peuvent demeurer avec les résidents que pour une période d'un où deux ans, et seulement après que les parents en ont obtenu légalement la permission."2
Est-ce ce genre de vie que nous voulons avoir ?
Ce repliement de génération sur soi et cette forme de vie statique sans l'apport des autres générations ? Le danger de "placer convenablement" les aînés dans ces paradis artificiels est là.
Personnellement, et je ne suis pas le seul, je désire inscrire l'action des aînés au sein des familles et dans notre société.
L'intergénération est appelée à jouer un rôle social et familial de plus en plus visible. Il faut valoriser les rencontres intergénérationnelles, donner une tribune aux aînés et aux jeunes qui ont vécu de telles expériences intergénérationnelles.
Les personnes aînées doivent être vues comme des personnes actives au sein de la famille et de la société.
Tout le travail déjà amorcé au niveau des relations intergénérationnelles devra atteindre son apogée en l'An 1999 décrété par les Nations Unies "Année internationale des personnes âgées". En l'an 2000, nous serons alors en mesure d'offrir à la société et à son développement un modèle de participation active des aînés.3
Références en français
1. Sun City et autres villes spécialement réservées aux retraités. La Presse, Montréal, samedi 4 février 1995.
3. Source : Cité en partie dans le journal La Presse, 4 février 95