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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 7, numéro 44, décembre 1995 |
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Éditorial
La famille sur la place publique : rêve ou réalité en 1996 !
A l'aurore de l'année 1996, les représentants et amis de la famille peuvent se demander avec raison si la famille a encore droit de cité sous le soleil.
Non pas qu'on en parle plus, non pas qu'on ne veuille pas faire appel à elle dans ces moments cruciaux du virage ambulatoire, non pas que de façon générale, on ne compte pas sur elle pour jouer son rôle d'assembleur, de protecteur et de développement de ses membres pour en faire des actifs sociaux. Pourquoi alors doutons-nous de l'activité familiale à l'aurore de la nouvelle année ?
Malgré les témoignages favorables nombreux et répétés, que les autorités publiques émettent envers la famille, peu de cas concrètement lui sont dévolus. Monsieur Jean-Pierre Lamoureux du Conseil de la famille, lors de la conférence synthèse qu'il prononçait dans le cadre du 3ième Symposium de recherche sur la famille tenu en novembre dernier à Trois-Rivières, faisait écho à cette situation inquiétante de l'oubli des familles :
"Quand on évoque, disait-il, la responsabilisation des parents pour l'éducation scolaire, pour les services de garde, pour le financement des études supérieures, pour le maintien à domicile accentué par le virage ambulatoire... on mobilise la force du milieu familial. Mais de quelles familles parle-t-on ? Tenons-nous compte du désarroi, de la pauvreté, du manque de temps, du manque de support des parents ? Notre connaissance des situations familiales sert-elle à jauger cette ressource naturelle que l'on cherche à valoriser et à mobiliser ? Trop peu en ce moment !
L'évaluation des programmes d'intervention au gouvernement est menaçante car elle fait ressortir le coût des services déjà assumés par les familles, mais qui ne sont pas comptabilisés. Comme il est difficile de quantifier les ressources requises, on en profite pour économiser au détriment des familles. En fait, il y a actuellement des facteurs structurels qui commandent la réorganisation des ressources collectives. Malheureusement, ce ne sont pas les connaissances acquises sur les familles qui dominent dans ces facteurs. Ce sont les impératifs économiques."
Nous poursuivons, pour notre part, notre rôle de soutien à la famille. Le programme de nos activités 95-96 présenté dans ce numéro en fait foi. De même, nous poursuivrons les efforts que nous avons entrepris avec les regroupements familiaux : la Confédération des organismes familiaux du Québec, la Fédération des associations de familles mono-parentales du Québec et la Fédération des unions de familles pour obtenir une classification distincte pour les organismes familiaux au sein du Service de soutien aux organismes communautaires (SOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux. Les régies régionales pourraient par la suite adopter la même politique. La reconnaissance concrète des organismes familiaux commence par là au gouvernement du Québec et à ses régies régionales.
Richard Sarrasin, t.s.
Vice-président secrétaire