Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 8, numéro 48, décembre 1996

Monsieur Kenneth George
Agent de recherche Gouvernement du Québec

Bilan de l'Année internationale de la famille 1994

Il y a deux ans, les activités de l'Année internationale de la famille connaissaient des moments historiques. Suite à ces moments, quel bilan pouvons-nous en faire, et quelles perspectives pour l'avenir de la politique familiale, des organismes familiaux et des groupes à intérêt familial, pouvons-nous dégager?

Lors de la rencontre du 2 octobre dernier, monsieur Kenneth George, nous a dressé un bilan de l'Année internationale de la famille.

1. L'Année internationale de la famille a été marquée. Et ce, de façon éclatante! En comparaison avec ce qui s'est passé en d'autres années internationales, en comparaison avec ce qui s'est passé ailleurs en 1994, cela n'est pas banal!

2. L'Année a été une expérience originale de concertation. Une expérience qui a durée deux ans. Il y a là une distinction radicale avec les pratiques lors d'autres années internationales qu'on a célébrées au Québec.

3. L'Année a été une occasion de cheminements réels de tous les intervenants sur le statut de la famille. Elle a permis notamment aux organismes à intérêt familial d'exercer un leadership remarquable et remarqué, comme en fait foi la Déclaration sur la famille adoptée par le Bureau québécois de l'Année internationale de la famille 1994.

4. Le colloque sur la fiscalité des familles, expression de la priorité dans leur entreprise.

5. L'autre priorité, la conciliation travail - famille, a aussi été l'occasion d'une innovation. Quel autre livre connaît-on qui a été signé, non seulement par toutes les grandes centrales syndicales du Québec, mais aussi par toutes les grandes associations patronales? Remarquons que le livre est un guide d'action et donc qu'il appelle à la mobilisation des travailleurs et des employeurs dans leur entreprise.

6. L'action menée par le Bureau a provoqué des interventions et des débats chez d'autres acteurs habituellement insensibles à ce type d'enjeux. Quand a-t-on vu le Conseil du patronat du Québec organiser un colloque en rapport avec le thème d'une année internationale ?

7. Dans toute son action, le Bureau n'a évidemment pu s'empêcher de faire des choix hautement politiques. Ainsi, comme le gouvernement, comme les organismes familiaux et l'ensemble des acteurs sociaux, le Bureau n'a pas voulu aborder le problème de la stabilité des couples. Rappelons, à cet égard, la corrélation entre la monoparentalité et la pauvreté des familles. Rappelons aussi que le Québec est la société où le taux de séparation et de divorce est parmi les plus hauts dans les sociétés occidentales, ce qui, comme tout autre trait distinctif, devrait nous intéresser.

8. Un autre silence, aussi voulu. On n'a pas voulu aborder l'enjeu de la répartition de la richesse entre les générations. Sans égard aux jugements à porter et aux orientations qui auraient pu découler d'une telle réflexion, personne n'a voulu poser le problème de l'équité intergénérationnelle dans la répartition de la richesse collective.

9. Qu'en est-il quelques années plus tard ? On ne saurait prétendre que la situation des familles ait changée à cause de l'Année internationale de la famille. Cela aurait été quelque peu naïf de croire en une telle possibilité. Mais l'Année a fourni des outils merveilleux à ceux qui veulent poursuivre la lutte pour la pleine reconnaissance du statut des familles dans la société.

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