![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 8, numéro 48, décembre 19 |
|
Madame Denise T. Casimir
Présidente
Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
Le point sur le dossier de la politique familiale
Où en sommes-nous en matière de politique familiale québécoise ?
En répondant à cette question, nous répondrons aussi à la suivante: où en sont les organismes familiaux ?
Outre le travail poursuivi en 1995 - 1996 en matière de politique familiale par la Table des organismes familiaux, sur le troisième plan d'action du gouvernement du Québec, on peut dire que nous sommes demeurés sur notre appétit. Et même au niveau du troisième plan d'action, la dernière réunion de la Table familiale remonte en mai dernier, et pourtant, très bientôt, le lundi 18 novembre l'ensemble des Tables devra se rencontrer.
Par ailleurs, nous avons vécu les derniers mois plongés dans l'incertitude. Le dépôt du projet de la loi 18, au printemps dernier, créant ainsi un ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration, n'a pas été étranger à notre sentiment d'inquiétude. Les rumeurs, de plus, qui circulaient alors, et, qui continuent à circuler concernant l'éventuelle disparition de différents Conseils, et plus prés de nous, du Conseil de la famille, du Conseil permanent de la jeunesse, du Conseil des aînés, du Secrétariat à la famille et du Conseil des communautés culturelles, de la fusion possible de tous ces Conseils et Secrétariat, voilà autant de modifications structurelles qui pouvaient et qui ne peuvent que nous convaincre qu'il y a péril en la demeure. Nous revenons au point zéro, celui des années 87-88 alors que l'Assemblée nationale dotait le Québec d'un énoncé de politique familiale et créait le Conseil de la famille.
C'est pourquoi devant cette situation inquiétante, avons-nous rallié nos organismes frères, c'est à dire la Fédération des unions de familles, la Confédération des organismes familiaux du Québec et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec pour demander conjointement une entrevue au Premier ministre Lucien Bouchard. Notre demande signée par les présidentes de ces groupes était envoyée le 2 mai dernier. Le 21 juin suivant, nous obtenions une rencontre avec madame Rosette Côté, du bureau du Premier ministre.
Au même moment se créait le 17 juin, le ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration et son titulaire nous accordait une rencontre le 19 juin suivant.
Lors de ces rencontres, où nous avons rappelé la démarche suivie depuis 1980 dans le dossier de la politique familiale, nous avons fait état de la stagnation actuelle de ce dossier. Outre le bon accueil reçu, peu de choses concrètes en ont résulté.
Il est vrai que nous venons d'être invité à titre d'observateur au prochain Sommet, mais il est vrai aussi, qu'on nous annonce "une nouvelle politique familiale pour laquelle aucune consultation n'a été tenue. Doit-on parler de nouvelle politique familiale ou plutôt d'une mesure financière à l'intérieur d'une telle politique familiale ?
Alors que nous reste-t-il à faire pour sortir de ces moments d'inertie où semble stagner le dossier de la politique familiale ?
À l'inverse de notre situation, on vient de former en Colombie Britannique, un ministère pour les Enfants et la Famille. Sommes-nous obliges, à cause de la différence, de négliger la famille au point de la confondre dans un tout sociétal sans saveur et "au plus fort la poche"?
Quelles sont les alternatives, comment faire valoir notre spécifique familial? Le gouvernement est-il à faire sa réflexion sur la famille comme promis dans le discours inaugural de la session ?
Reprenons en terminant les mots de monsieur Alban D'Amour, président de la récente Commission sur la fiscalité qui, au Symposium sur la fiscalité tenu au cours de l'Année internationale de la famille en 1994, disait: "En somme, reconnaître la place centrale que doit avoir la famille dans notre projet de société".