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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 8, numéro 48, décembre 1996 |
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Rapport d'activités : 1995 - 1996
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec
Le 21 Novembre 1996
Mes bien chers amis,
Nous voici de nouveau réunis en assemblée générale annuelle. Notre dernier rendez-vous remonte au 15 novembre 1995 alors que j'avais le plaisir de vous recevoir à mon organisme, le YMCA Saint-Laurent.
Où en est le dossier de la politique familiale québécoise qui demeure l'orientation majeure de notre travail, objectif que nous nous donnions dés notre fondation en 1983 et que nous reconduisions en première priorité lors de nos trois rencontres tenues sur nos objectifs en mai et juin 1995 ?
La réponse à cette dernière question sur le dossier de la politique familiale m'apparaît des plus importante et je tenterai d'y répondre au cours de ce présent rapport annuel d'activités.
Commençons par répondre à la première question relative à ce qui s'est passé au cours de la dernière année.
Votre Conseil d'administration s'est réuni en neuf occasions, ce qui démontre sans aucun doute l'intérêt des membres du conseil.
Nous avons produit trois principaux mémoires aux Commissions parlementaires suivantes:
1. Commission sur la justice : mémoire intitulé: Les
grands-parents et la solidarité familiale dans l'amour et non à
cause de la loi
(Mars 96)
2. Commission sur la fiscalité et le coût du financement des
services publics: mémoire intitulé: Place à la politique
familiale en matière de fiscalité
(Août 96)
3. Commission des états généraux sur l'éducation: mémoire
préparé en collaboration avec l'Association des services de
garde de qualité sur les services de garde et la petite
enfance
(Mars 1996)
J'aimerais vous rappeler que nous avons publié en cours d'année, cinq numéros de notre bulletin "Pensons famille". La plupart de ces numéros renferment les présentations des personnes ressources données au cours de nos activités publiques connues sous l'appellation " Déjeuners-croissants " .
Ces déjeuners-croissants ont été nombreux: on en compte neuf de novembre 95 à juin 96 inclusivement. Cependant, je tiens à vous signaler les quatre sessions tenues depuis septembre dernier et, principalement, les rencontres du 2 octobre portant sur le bilan de l'Année intemationale de la famille de 1994 et celle du 23 octobre sur la situation actuelle du dossier de la politique familiale, rencontre qui a attiré plus d'une trentaine d'organismes.
Un total de treize rencontres a donc été organisé depuis notre dernière assemblée générale annuelle. Un tel rythme mensuel de réunions démontre l'importance que nous attachons à donner de l'information à nos membres et à connaître, en retour, leurs réactions. Les thèmes traités ont respecté le plan de sessions qui vous a été présenté à l'assemblée générale de novembre 95.
1. Nous poursuivons notre participation à la Table des organismes familiaux du troisième plan d'action en matière de politique familiale, c'est notre Vice-président secrétaire Richard Sarrasin qui nous y représente. Le quatrième plan est déjà en préparation.
2. Le Comité du financement des organismes familiaux, qui réunit les quatre organismes de regroupements nationaux suivants: la Confédération des organismes familiaux du Québec (COFAQ), la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), la Fédération des unions de familles (FUF) et le Regroupement (RIOPFQ), s'est réuni à des périodes fixes en cours d'année. Il a rencontré les différents représentants de ministères et de régies régionales pour préciser le rôle de nos regroupements. Au cours des derniers mois, il s'est particulièrement penché sur l'organisation du SACA (Secrétariat à l'action communautaire autonome). Madame Sylvie Lévesque de la FAFMRQ est la représentante des organismes familiaux à ce Secrétariat. Le SACA compte un grand nombre de regroupements sectoriels et intersectoriels. Nommons les secteurs de l'action bénévole, de la consommation, de la défense des droits, de l'éducation populaire, des femmes, des jeunes, de la famille, des personnes handicapées, des réfugiés, du logement, des services sociaux et de la santé et de plusieurs autres groupes communautaires. Créé par madame Lisette Lapointe il y a quelques années le budget de développement aux organismes du SACA est environ de 9 millions.
1. La Semaine québécoise de la famille où d'ailleurs j'ai assumé la présidence jusqu'à tout dernièrement et où madame Monique Dostie-Cliche agit comme notre représentante
2. Le Prix Gaston-Gauthier où notre représentant monsieur André Thouin vient de céder son siège à monsieur Gérard Valade
3. Le Comité consultatif des relations interculturelles de la CECM où notre consoeur Merlaine Brutus a accepté d'apporter sa collaboration pour une seconde année
4. Le Conseil de développement de la recherche sur la famille, un organisme national de promotion de la recherche sur la famille, où le Regroupement est représenté par monsieur Richard Sarrasin du conseil d'administration. Un quatrième Symposium de cet organisme est en préparation et se tiendra à Trois-Rivières en octobre 97
5. L'Association des services de garde de qualité dont nous sommes membres. À partir de travaux communs avec cette association, nous avons présenté un mémoire aux États généraux sur l'éducation concernant la petite enfance.
Suite aux différents engagements que nous poursuivons avec les organismes que nous venons de mentionner, nous devons nous-mêmes bâtir un plan d'action 96 - 97. Ce plan comporte notamment les éléments suivants:
Le respect des propositions que nous avons considérées comme prioritaires lors de nos trois rencontres sur nos objectifs, rencontres tenues au printemps 95, demeure en force. Rappelons-les:
Voici le calendrier des déjeuners-croissants 96 - 97. Le programme de nos rencontres a connu un vif succès en 95 - 96. Le projet a été bâti en tenant compte de nos priorités certes, mais aussi des engagements du programme d'intervention éducative du ministère de l'Éducation que nous avons obtenu dernièrement (PSEPA):
| 1. | Les familles Immigrantes: 25 septembre 96 |
| 2. | L'environnement des
familles à partir de l'Année internationale de la
famille 1994: 2 octobre 96 |
| 3. | Faut-il créer une
nouvelle force familiale ? 23 octobre 96 |
| 4. | Partenariat des
organismes familiaux avec le Conseil de développement de
la recherche sur la famille - Assemblée générale
annuelle: 21 novembre 96 |
| 5. | Travail - famille: 11 décembre 96 |
| 6. | La formation des couples: 29 janvier 97 |
| 7. | Les droits et les devoirs
de chacun des membres de la famille: 19 février 97 |
| 8. | Le système d'éducation: 19 mars 97 |
| 9. | La violence à toutes les
sauces: 16 avril 97 |
| 10. | La discrimination dans le
logement: 21 mai 97 |
| 11. | La vie associative: 11 juin 97 |
C'est la deuxième question posée au début de mon rapport, à laquelle j'aimerais vous faire part de mes réflexions personnelles.
Il y a quelques jours, soit le 23 octobre dernier, lors de notre dernier déjeuner-croissant, j'avais l'occasion de faire part à la rencontre dont le thème portait sur l'état du dossier de la politique familiale, de mes inquiétudes à ce sujet .
Voici un extrait de ma présentation d'alors:
"Nous avons vécu les derniers mois plongés dans l'incertitude. Le dépôt du projet de la loi 18 au printemps dernier créant un ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration n'a pas été étranger à notre sentiment d'inquiétude. Les rumeurs, de plus, qui circulaient alors, et, qui continuent à circuler concernant l'éventuelle disparition de différents Conseils, et plus près de nous, du Conseil de la famille, du Conseil permanent de la jeunesse, du Conseil des aînés, du Secrétariat à la famille et du Conseil des communautés culturelles, de la fusion possible de tous ces Conseils, voilà autant de modifications structurelles qui pouvaient et qui ne peuvent que nous convaincre qu'il y a péril en la demeure. Nous revenons au point zéro, celui des années 87-88 alors que l'Assemblée nationale dotait le Québec d'un énoncé de politique familiale et créait le Conseil de la famille.
C'est pourquoi devant cette situation inquiétante, avons-nous rallié nos organismes frères, c'est à dire la Fédération des unions de familles, la Confédération des organismes familiaux du Québec et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, pour demander conjointement une entrevue au Premier ministre Lucien Bouchard. Notre demande signée par les présidentes de ces groupes était envoyée le 2 mai dernier. Le 21 juin suivant, nous obtenions une rencontre avec madame Rosette Côté, du bureau du Premier ministre.
Au même moment se créait le 17 juin, le ministère des Relations avec les citoyens et de l'immigration et son titulaire nous accordait une rencontre le 19 juin .
Lors de ces rencontres nous avons rappelé la démarche suivie depuis 1980 dans le dossier de la politique familiale et nous avons fait état de la stagnation actuelle de ce dossier. Outre le bon accueil reçu, peu de choses concrètes en ont résulté. Même le travail que nous accomplissons sur le troisième plan d'action en matière de politique familiale est paralysé, notre dentier réunion à la Table des organismes familiaux de ce troisième plan d'action remontant en mai dernier."
Au cours de la rencontre du 23 octobre dernier, le Regroupement suggère aux quatre regroupements d'organismes familiaux présents, de rejoindre de nouveau le Premier ministre pour lui réitérer notre demande d'être non seulement invités au prochain Sommet sur l'économie et l'emploi, mais d'y avoir droit de parole.
Moins d'une semaine avant le Sommet, madame Carmen Saint-Laurent de la Confédération des organismes familiaux, l'un des quatre regroupements familiaux qui avait conjointement adressé la dite demande au Premier ministre, reçoit l'invitation de participer au Sommet à titre d'observatrice seulement. On ne peut pas dire que nous étions très heureux de cette invitation.
Cependant, il me faut mentionner quelques faits récents survenus dans ce dossier de la politique familiale vous laissant le soin de porter un jugement à ce sujet.
Durant le Sommet, soit jeudi matin le 31 octobre à 7:30 hres a.m., les quatre regroupements d'organismes familiaux déjà mentionnés ainsi que des groupes du monde de l'enfance sont invités à une rencontre matinale pour connaître en priorité le texte que le Premier ministre donnera à 11:00 hres ce même matin sur des éléments de politique familiale.
La rencontre où nous sommes invites est animée par madame Rosette Côté du bureau du Premier ministre et y assistent les ministres Marois, Harel et Boisclair, Jean-Louis Bazin du Secrétariat à la famille et Bernard Fortin du Conseil de la famille. Ce n'est pas à vrai dire une consultation, mais une séance d'explication sur le texte qui sera donné quelques heures plus tard par le Premier ministre.
À notre connaissance, le texte présenté est issu du Comité des priorités du bureau du P. m. et ni le Secrétariat, ni le Conseil de la famille n'ont été consulté à ce sujet. Y a-t-il lieu de s'en formaliser ? Je vous laisse le soin d'émettre votre opinion à ce sujet. Ce que nous pouvons tout de même déduire, c'est que l'ignorance dans laquelle le gouvernement québécois nous a laissés depuis mai 95 dans le domaine de la politique familiale se poursuivait. Il y a eu certes, considération de l'État, du moins possiblement de madame Rosette Côté du bureau du P.m., pour nous inviter à prendre connaissance le matin du jeudi 31 octobre, du texte à venir de l'allocution du P.m. mais une considération sans plus qui survient bien tard dans le processus d'implantation de nouveaux éléments de politique familiale
Quant aux éléments eux-mêmes de politique familiale dévoilés par le Premier ministre lors du Sommet, nous devons reconnaître à première lecture qu'ils nous apparaissent valables. Il y avait à craindre que dans le contexte actuel de contraintes financières, la politique familiale devienne essentiellement la politique pour certaines familles démunies. Nous reconnaissions que les nouveaux éléments apportés favorisent un large ensemble de familles. Voilà, pour le moment, notre première perception. Nous sommes également d'accord en ce qui concerne le dossier de la petite enfance, c'est la position que nous défendons avec l'association du Mouvement québécois des services de garde de qualité. Ajoutons que le gouvernement du Québec entend déposer prochainement un livre blanc sur la politique familiale. Une consultation suivra.
Un dernier élément survenu au début de novembre et au lendemain du Sommet sur l'économie et l'emploi, peut nous apporter un certain réconfort. Vous n'ignorez certainement pas les efforts que nous avons déployés au cours de la dernière année pour défendre les acquis en matière de structures dans le dossier de la politique familiale. L'un de ces acquis était le maintien du Conseil de la famille. On sait que la grande majorité des mandats des membres de ce Conseil étaient échus depuis prés de deux ans: ce qui laissait entrevoir des modifications possibles au statut du Conseil.
Or, voilà qu'une lettre du ministre André Boisclair nous demande de lui fournir le nom de personnes pouvant être désignées à ce Conseil. Le délai de réponse est fixé au 22 novembre pour permettre au Ministre de faire une recommandation au Conseil des ministres d'ici Noël ainsi qu'il le mentionne dans sa lettre.
Voilà donc, en terminant, une bonne nouvelle. Il est évident que la situation du Regroupement demeure précaire tout comme d'ailleurs celle des organismes familiaux de même nature. Grâce à votre collaboration, nous entendons poursuivre nos efforts pour assurer aux familles québécoises et aux organismes qui les représentent, le développement harmonieux d'une politique familiale cohérente et globale.
Denis T. Casimir
Présidente