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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 8, numéro 49, juin1997 |
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Madame Jocelyne Saint-Cyr
Présidente provinciale
Association des parents catholiques du Québec
Les inquiétudes des parents
Les inquiétudes des parents vis-à-vis la mise en place des maternelles plein temps sont-elles justifiées et pourquoi ? Nous tenterons de les énumérer et de les comprendre.
C'est avec joie que j'ai accepté l'invitation de monsieur Yves Lajoie, directeur général du Regroupement, de participer à la rencontre d'aujourd'hui, d'autant plus que l'Association des parents catholiques est parmi les groupes fondateurs du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec. Notre association a toujours été, depuis sa fondation en 1966, très préoccupée par le mieux-être de la famille. À plusieurs reprises, elle a présenté des mémoires sur la politique familiale, elle a organisé des congrès réunissant des parents et des jeunes et, au cours de l'Année internationale de la famille, elle a tenue une activité provinciale soit l'Université de la famille à l'Université Laval à Québec sous la présidence d'honneur du président du Conseil pontifical de la famille, le Cardinal Alfonso Lopez Trujillo.
Ce matin, nous sommes invités à réagir à la mise en place de la maternelle à plein temps pour les enfants de (5) ans. Bien que n'étant pas une spécialiste, je vous présenterai les commentaires que nous avons recueillis depuis l'annonce de l'implantation de cette nouvelle politique de la ministre de l'Éducation, madame Pauline Marois.
Bien que nous reconnaissions que l'implantation des maternelles cinq ans répond à des besoins particuliers dans les milieux défavorisés, de nombreux parents sont ébranlés par cette décision qui prend un peu tout le monde par surprise, particulièrement par la rapidité avec laquelle on veut l'implanter. Toutefois, il ne faudrait pas oublier que la plupart des familles remplissent très bien la tâche d'éducation de leurs enfants.
"... On veut implanter la maternelle à plein temps malgré le manque de locaux, de programmes pédagogiques, d'enseignants... La directive est donnée pour réaliser le tout dans un très court laps de temps, sans garanties des ressources financières adéquates. Même si on peut se servir de l'expérience du temps plein en milieu défavorisé pour les programmes, ne risque-t-on pas de drainer les ressources de l'école primaire vers l'organisation prioritaire de la maternelle temps plein, alors qu'il y a toujours beaucoup à faire pour les autres élèves du primaire pour l'intégration des enfants en difficulté?" Ce sont des commentaires entendus lors de la journée de réflexion du 5 février 1997 lors de la rencontre de divers organismes et des représentants du Conseil de la famille.
Les parents vivent mal le manque de consultation. "...La Ministre s'appuie sur le rapport des États généraux de l'éducation pour aller de l'avant en matière de petite enfance. Or, faut-il le rappeler, les parents ont réclamé au cours des diverses audiences un développement prudent à cet égard et un respect du choix des parents. Or, c'est le point de vue des spécialistes qui a prévalu. L'unanimité des parents concernant la maternelle plein temps, par exemple, est loin d'être assurée". (même source)
Les parent se sentent &laqnodéstabilisés», c'est-à dire que l'État met en doute la capacité des parents d'élever leurs enfants!
Les locaux, le transport scolaire que seront-ils ? Combien d'heures les enfants devront-ils voyager ? A Tascherau en Abitibi, on ramasse les élèves de la maternelle en même temps que ceux du primaire déjà un horaire d'adulte pour un enfant de 5 ans ?,..
Qu'arrivera-t-il aux enfants dont les parents choisissent de les garder à la maison parce qu'ils considèrent que la maternelle plein temps c'est trop pour leur enfant ? En plus de miner leur droit de choisir !...
Plusieurs parents ont demandé qu'il y ait une année de transition, la maternelle à demi-temps afin de permettre aux commissions scolaires de prendre les dispositions nécessaires pour répondre aux besoins des nouveaux élèves et aux parents de préparer les enfants. Les parents déplorent le manque de souplesse de la ministre Marois qui déclare qu'elle ne changera pas sa décision, peu importe les demandes exprimées par les parents.
Une autre réaction qui nous a surpris est celle de nombreux parents qui déclarent qu'ils ne savaient pas la maternelle n'était pas obligatoire, bien que l'ensemble des enfants fréquente la maternelle mi-temps à cinq ans. Bien que la Ministre souligne que la fréquentation de la maternelle cinq ans ne sera pas obligatoire, il faut dire que dans les faits, elle le sera pratiquement car, si les curriculums de la première, deuxième et troisième années, sont modifiés en fonction du programme de la maternelle - tel que mentionné, récemment, par madame Marois - cela devient évident que la maternelle n'est plus vraiment un choix.
De plus, à la lueur de ce qui est déjà annoncé dans la politique familiale, on peut craindre que l'État québécois s'arroge de plus en plus de pouvoirs sur la petite enfance, érodant de même coup l'influence de la famille.
C'est ce qui fait dire à plusieurs que les nouvelles dispositions de la politique familiale sont plus sociales que familiales.
À notre avis, les parents sont inquiets car ils sont placés devant une situation qu'ils ne peuvent pratiquement pas changer et qui est tout à fait nouvelle pour la majorité d'entre eux.
Suite à la tourne de la Ministre quelles modifications seront apportées à ce livre blanc ? ... Le discours est parfois discordant, cependant nous devrons demeurer vigilants car cette nouvelle politique familiale et le virage vers la réussite ne devront essentiellement viser que la meilleure et la plus complète formation possible pour les jeunes québécois.
Le gouvernement ne devra pas oublier que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et qu'ils doivent être considérés comme des partenaires de la première ligne au sein du monde de l'éducation.