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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 8, numéro 49, juin1997 |
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Madame Diane Roy
Directrice
Association pour l'Éducation interculturelle du Québec (APEIQ)
Les mariages / unions mixtes
Les mariages/unions mixtes se définissent comme toute union conjugale conclue entre personnes appartenant à des religions, des "races", des ethnies différentes.
Il est difficile de donner des informations générales sur ce sujet car chaque couple mixte a ses propres particularités. Il peut y avoir de grandes différences de comportement et de réactions selon les variables prises en compte et selon la combinaison de ces variables dans le couple étudié. Ainsi les couples mixtes dont la femme est québécoise et l'homme est d'origine différente ne réagiront pas de la même façon sur certaines questions (éducation des enfants, nourriture etc.. ) que les couples dont c'est le mari qui est québécois et la femme d'origine différente. Si l'on ajoute à cette première variable, d'autres variables (comme la différence de couleur de peau ou de caractéristiques visibles, la religion différente, la date d'arrivée au pays du partenaire "immigré", le fait que le partenaire "immigré" a de la famille ici ou pas, etc.. ), on voit la complexité de pouvoir décrire les couples mixtes.
Il n'y a pas si longtemps, avant les années soixante, par exemple aux États-Unis, 30 états avaient une législation interdisant une forme ou l'autre de mariages mixtes (inter-ethniques, inter-religieux ou inter-raciaux). Vers la fin des années soixante, cette législation était encore appliquée dans 17 états, et ce n'est qu'au mois de juin 1967 que la Cour Suprême des États-Unis statuait sur l'illégalité de ce genre de législation qui a donc été complètement abolie.
On peut affirmer que dans plusieurs sociétés, un peu à l'image des États-Unis, les mariages/unions mixtes, n'étaient pas du tout encouragés sinon interdits. Les réticences aux mariages/unions mixtes que l'on rencontre souvent dans l'opinion publique ou dans certains groupes ethnoculturels s'expliquent en partie par ce contexte historique. Par contre, il y a depuis une vingtaine d'années un courant d'acceptation de ces unions par la population en général, c'est considéré comme un élément de changement positif.
Pour la famille immédiate, les réactions sont ni totalement positives, ni totalement négatives. Cela dépend, encore là, de plusieurs facteurs: l'ouverture de la famille à ce qui est étranger, l'acceptation des différences, la capacité à remettre en question ses propres valeurs, la connaissance du conjoint avant le mariage, etc...
L'identité culturelle est présente dans la vie de tous les jours. L'identité a une fonction synthétisante. Elle nous indique la représentation que l'on se fait de nous-mêmes, mais aussi la représentation que se font notre entourage et les autres, de ce que nous sommes. Le contexte dans lequel vit une personne lui permet de se définir face aux autres, d'être reconnu par les autres et par la suite d'intérioriser les images qu'on lui retourne. Cette identité regroupe différents aspects: l'ego, le corps, l'ethnie, la culture, la sexualité, le social.
Chez les couples mixtes son intensité varie selon la force de l'identité de chacun et selon le degré d'attachement à son groupe d'origine. Cette identité peut aussi amener des incompréhensions dans le couple. Plus les facteurs sont forts, plus le couple sentira les écarts culturels.
La venue d'un enfant dans un couple confirme souvent une vie conjugale à long terme. Pour le couple mixte, c'est souvent à ce moment-là que peuvent apparaître certaines craintes ou divergences dans la façon d'éduquer les enfants.
Mais de façon générale, les parents d'une union mixte souhaitent:
Peu de recherches ont été réalisées sur les unions mixtes au Québec jusqu'à maintenant. Probablement la plus récente est celle de madame Catherine Passerieux en 1989 pour une thèse en sociologie à l'UQAM qui a porté sur les couples mixtes formés de québécoises et d'africains / haïtiens.
On a constaté que les enfants issus d'un mariage/union mixte, nés au Québec, s'identifient en très grande majorité à la culture québécoise plutôt qu'à celle du parent d'origine étrangère. Souvent ils ne parlent pas la langue d'origine du parent immigré s'il s'agit du père, mais s'il s'agit de la mère, l'enfant a plus de chance de parler sa langue d'origine.
Références bibliographiques:
Revues:
"Face aux mariages mixtes - Nouvelles approches de l'Église catholique romaine", Oecuménisme, No 61, (1981)
"La révolution pluriethnique", Réseaux, (janvier 1992)
"L'exotisme conjugal", Madame au foyer, (septembre 1995)
"L'interculturalisme dans la famille", Images interculturelles, Vol 3 No 5, (mai 1994)
"Mariages mixtes", Châtelaine, (août 1992)
"Mariages sans frontières", Horizons interculturels, Dossier, No 26, Institut intercuiturel de Montréal, (hiver 1992).
"Une pastorale oecuménique pour les mariages interreligieux", Vivre ensemble, Centre Justice et foi, (printemps 1991)
"Une pastorale oecuménique pour les mariages mixtes", l'église canadienne, (novembre 1983)
"Voyez-vous du racisme à l'école?", Vice Versa, (décembre 1991)
Vidéos:
"Domino", ONF, 1994 de Shanti Thaikur, le point de vue des enfants de couples mixtes
"L'amour en couleurs", 1990, Association pour l'éducation interculturelle du Québec (7 min.)
"Les noces de papiers", Can. 1988. Une enseignante accepte d'épouser un réfugié chilien pour lui éviter la déportation. (1 h 30 min)
"Mon amour, My love", Une enquête sur les mariages mixtes, ONF, (56 min)
"Vivre avec un étranger", (1988?), Série C'est la vie, Télé-Quebec. (50 min 31 s)