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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 9, numéro 53, mars 1998 |
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De vieux dictons racontent que les voyages forment la jeunesse et consolent la vieillesse.
Cependant, par les temps qui courent, nous sommes obligés de réviser nos perceptions de la vie, des phénomènes économiques, sociaux et culturels.
Que sont maintenant la jeunesse et la vieillesse? Ces notions s'appliquent-elles encore? Rendent-elles compte de la réalité actuelle?
On serait porté à comprendre que les réalités fondamentales ne changent pas, et que les concepts pour les appréhender et les mots pour les dire sont justes et adéquats de tout temps.
Non seulement les réalités changent, mais les manières de les comprendre et de les dire évoluent avec les temps, les civilisations, les cultures.
Il fut un temps au début de la colonie où l'on se mariait vers la treizième année de sa vie et où l'espérance de vie était d'au plus quarante années. Que voulait alors dire la jeunesse? On passait de l'enfance à l'âge adulte.
Plus tard dans l'histoire du Québec, on disait des jeunes gens bien en santé que c'étaient des jeunesses!
Et qui est jeune aujourd'hui, maintenant que les études s'étirent jusqu'à la trentaine avancée.
Et qu'est la vieillesse maintenant? On dit que l'âge d'or commence à cinquante ans, on parle de troisième et quatrième âge. On ne parle plus de vieillesse, on parle d'aînés.
Tout cela pour dire, que si la vie humaine est fondamentalement la même, la façon dont elle se déroule est différente avec les temps, les civilisations et les cultures. Les manières de l'appréhender et les mots pour le dire changent et évoluent.
Un phénomène extraordinaire de notre temps consiste en l'abolition des distances, soit par le déplacement des personnes, soit par la facilité des communications entre les personnes.
Tout le monde voyage. Les jeunes, les aînés. Le populations se déplacent, de grands phénomènes migratoires sont en cours. Tout un chacun est à la porte de l'autre et cela souvent sans invitation ni sollicitation.
Dans le coeur de la matière, dans le monde nucléaire, deux grandes forces se font sentir : la fusion et la fission. Ces forces sont en perpétuelle dialectique. Tout à la fois, ces forces rapprochent et éloignent les éléments.
Or voilà qu'actuellement, au coeur de l'humanité, dans notre monde planétaire, ces deux grandes forces se font également sentir et affectent grandement l'humanité et les personnes humaines qui la composent.
Cela est dû à la percée inouïe et sans cesse accélérée du développement technologique.
L'abolition des distances, par les grands moyens de communications, l'avion, la télévision, l'internet, amène une mise en contact sans précédent et un rapprochement accéléré des personnes, des idées et des façons de faire. Il se crée par ce rapprochement une tendance à l'unification des idées et des moeurs. C'est la fusion.
Par contre, ces grands échanges entre les personnes et les idées amènent une recherche et un rapprochement des semblables et des spécifiques, et un détachement des grands ensembles. Cela permet la formation de plus petites entités cohérentes. C'est la fission.
Les familles sont soumises à ces deux forces, très souvent au prix de déchirements, d'aliénations, mais aussi de solidarités.
Afin d'étudier ces deux phénomènes, FAMILIS, l'Organisation mondiale pour les familles, tiendra à Montréal, du mardi 9 juin au jeudi 11 juin, une Conférence internationale sur "Les familles et la mondialisation".
On y étudiera les répercussions de ces deux grandes forces sur les familles et comment elles en sont affectées.
La Conférence considérera d'abord, en préjugeant peut-être des conclusions de la conférence, de la nécessité de la solidarité entre les familles, et a fait appel à quelqu'un qui sait comprendre et dire cette réalité : Jacques Proulx, fondateur et président de Solidarité rurale.
Ensuite, la Conférence considérera le tout nouveau moyen de communication qui révolutionne actuellement l'humanité en y créant une révolution culturelle : l'internet. Pour ce faire, Michel Cartier, professeur au Département des communications à l'UQÀM, à qui on doit l'invention du concept d'inforoute, nous aidera à mieux saisir toutes les implications de cette révolution.
Familles et télévision : un modèle américain unique? nous dira si les familles sont influencées par l'omniprésence de la télévision et du modèle unique qu'elle nous propose : l'american way of life.
Famille et travail : une économie mondiale? nous amènera à comprendre comment la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services affectent profondément la stabilité et l'unité des familles.
Familles et éducation : y-a-t-il un savoir universel? nous fera découvrir si les grandes connaissances aliènent les cultures particulières des peuples et des nations. Et ceux qui sont analphabètes?
Familles et environnement : qui est la poubelle de qui? nous fera saisir comment le développement des uns compromet la santé des autres.
Familles et coopération : des programmes et projets concrets? nous interrogera sur les possibilités des collaborations au plan mondial.
Enfin, la grande conférence de clôture sera un appel à la solidarité entre les familles devant ce grand phénomène de la mondialisation.
Cette conférence de clôture célébrera également le 15e Anniversaire du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec.
Notre présidente Denise T.Casimir aura sûrement la tentation de nous dire les similitudes entre l'action du Regroupement au Québec et de FAMILIS au plan mondial.
Nous vous invitons très cordialement à participer à cette conférence et venir échanger avec les participants de nombreux pays qui y seront.
Le Directeur général
Yves Lajoie