Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 10, numéro 55, octobre 1998

Éditorial

... je reviens chez-nous

L'an passé, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec avait embauché une étudiante à la maîtrise en Anthropologie pour faire le point sur “ L'impact du sida sur les familles ”.

Il en avait résulté un numéro spécial du “ Pensons famille ” sur le sujet. (Volume 9, numéro 51, septembre 1997)

Nous avons récidivé cette année avec l'embauche de madame Barbara Fournier, étudiante à la maîtrise en anthropologie à l'Université de Montréal.

Nous lui avions demandé de faire le point sur “ Le maintien à domicile des personnes âgées ”, mais après études et observations sur le terrain, madame Fournier a finement observé que le maintien à domicile s'appliquait également aux femmes qui venaient d'accoucher, aux personnes handicapées, aux enfants atteints de certaines maladies chroniques et aux personnes relevant de certaines chirurgies.

Aussi, nous publions aujourd'hui son rapport de recherche intitulé “ Le maintien à domicile des personnes à autonomie réduite ”.

Longtemps, très longtemps, la société québécoise dispersée sur un immense territoire n'avait d'autres ressources que celles de la famille. La naissance, la vie, la maladie, la mort, étaient affaires de famille.

Avec les années et la création d'une certaine richesse, des institutions se sont mises en place pour supplémenter, voire complémenter les ressources familiales. Avec les années encore, ces institutions ont supplanter la famille et ses ressources.

Nous avons mis sur pied des institutions tellement `chromées' que la famille en a souvent été exclue et que les coûts d'opérations (!) ont spiralés vers le haut.

Mais voilà qu'avec l'amélioration des conditions de vie, les progrès de la science, les techniques d'opération, les nouveaux médicaments, de même que les coûts de ces services, l'institutionnalisation des personnes devient de plus en plus une réalité qu'on veut éviter ou écourter.

Ainsi, peut-être pas pour les bonnes raisons, nous redécouvrons, tout à coup, l'extraordinarité des vertus de la famille et du maintien à domicile !

Mais la famille n'est pas toujours au rendez-vous du domicile. Et la société se met à redévelopper des outils de maintien à domicile, gouvernementaux, privés, coopératifs, sans but lucratif.

L'analyse de madame Fournier fait bien saisir, dans cette oeuvre du maintien à domicile, les types de personnes à autonomie réduite, les services offerts à domicile par le réseau social et divers organismes. Elle identifie les types de besoins de ces personnes et les facteurs externes ayant une influence sur le maintien à domicile. Elle analyse finement la socialisation dichotomique des femmes et des hommes. Elle souligne les différences entre les résidents de Montréal et des Régions.

Nous voulons saluer chaleureusement et remercier grandement celles et ceux qui ont accueilli madame Fournier lui permettant de faire ses observations et ses analyses.

Merci surtout à madame Fournier pour son professionnalisme auprès des personnes rencontrées, mais aussi pour la qualité de sa présence auprès de nous au Regroupement. Merci Barbara.

Je crois, en terminant, que la société québécoise après un long détour par les institutions, peut dire avec le poète : ... je reviens chez-nous!

Le Directeur général
Yves Lajoie

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