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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 10, numéro 56, décembre 1998 |
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... du peuple, par le peuple, pour le peuple
Au moment d'écrire cet éditorial, nous apprenons les nominations de mesdames Pauline Marois au titre de ministre de la Famille et de l'Enfance et de madame Nicole Léger au titre de ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance.
D'abord, nous voulons les féliciter publiquement et officiellement pour leurs brillantes réélections comme députées, respectivement, de Taillon et de Pointe-aux-Trembles. Elles ont donc la confiance de leurs commettants. Dans notre système électoral, nul ne peut accéder à des fonctions ministérielles sans se soumettre au verdict de l'électorat local.
Ensuite, nous les félicitons pour la confiance que le Premier ministre, monsieur Lucien Bouchard, met en elles en les nommant Ministre et Ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance.
Par la même occasion, nous félicitons très chaleureusement le Premier ministre pour sa réélection personnelle et pour le choix que les Québécoises et les Québécois ont fait de lui confier pour quatre années les destinées du Québec.
Mais que vous soyez député, ministre ou premier ministre, il faut prendre conscience et réalité que c'est le peuple qui vous y a porté et que si le peuple ne le veut plus, vous n'en serez plus.
Un malin disait qu'un chef ne doit marcher qu'un pas en avant du peuple. Sous peine de ne plus être en contact avec son peuple, ou de se faire tirer dans le dos.
Les élus n'arrivent pas au pouvoir sans le peuple, et ne peuvent s'y maintenir sans le peuple.
Et ceux qui arrivent au pouvoir, y sont pour le service du peuple. La réalité et la notion du pouvoir supposent que dans une société parfaite, il n'y a pas de chef, car tous connaissent le bien commun, y travaillent chacun à sa capacité, y travaillent ensemble.
Le pouvoir sert donc a définir le bien public à partir du bien exprimé par chacun, à stimuler chacun à y contribuer selon sa capacité, et à faire en sorte que tout cela se fasse dans l'harmonie.
Dans le domaine qui nous occupe, la politique familiale au Québec, le peuple par la médiation des organismes familiaux qu'il a mis sur pied a réclamé et réclame encore comme un bien commun l'établissement et la construction d'une politique familiale pour le mieux-être des familles québécoises.
Aussi toute politique familiale qui ne serait pas désirée ou qui ne s'accomplirait pas en symbiose ou en partenariat avec le peuple, les familles et les organismes familiaux qu'ils ont mis sur pied serait voué à l'échec.
Faisons un petit retour historique.
Le 24 août 1981, monsieur René Lévesque, Premier ministre du Québec, déclarait : Le Québec sera doté d'un énoncé de politique familiale soumis à une large consultation dans la population .
Depuis ce temps, dix (10) ministres différents ont assumé soit comme responsables, délégués, ou en titre, la responsabilité ministérielle de la Famille.
Pour mémoire, nous vous les nommons : Denis Lazure, Pierre-Marc Johnson, Camille Laurin, Yves Beaumier, Thérèse Lavoie-Roux, Robert Dutil, Violette Trépanier, Pauline Marois, André Boisclair, Nicole Léger.
Chacune et chacun dans la chaîne de l'histoire du Québec moderne, ils ont travaillé et travaillent encore à l'élaboration d'une politique familiale au Québec.
Ces ministres ont eu la collaboration éclairée de Sous-ministres ou de Secrétaires à la famille qui exerçant leurs fonctions propres ont rendu possibles et concrètes ces politiques familiales.
Nommons-les : Maurice Champagne, Aubert Ouellet, Jean-Louis Bazin, Jacqueline Bédard, Maurice Boisvert.
L'élaboration de ces politiques familiales s'est faite parce qu'il y a eu une volonté politique de travailler au mieux-être des familles québécoises, volonté politique exercée conjointement par les équipes ministérielles, sous-ministérielles, et communautaires, représentées par les organismes familiaux.
On doit cependant affirmer que nous aurions aimé plus de transparence, de consultation et de partenariat.
Mais, on doit le dire, tant allait la politique familiale qu'existait la volonté politique du Premier ministre en fonction. Quand celui-ci en faisait une priorité, cette politique familiale progressait à pas de géant pour le mieux-être des familles.
Nous voulons saluer ici très particulièrement le Premier ministre, monsieur Lucien Bouchard, qui a clairement exprimé sa volonté du développement d'une politique familiale en mettant de l'avant de nouvelles dispositions, appréciées, de la politique familiale, en y mettant des ressources considérables, et en créant un tout niveau ministère de la Famille et de l'Enfance, le 4 juillet 1997.
Vous nous permettrez également de saluer très chaleureusement et fraternellement monsieur Maurice Champagne qui nous a quitté si abruptement.
Maurice Champagne a été celui à qui a été confié par monsieur Réné Lévesque le mandat de consulter la peuple et de mettre de l'avant un énoncé de politique familiale. Ce n'est sûrement pas une erreur de dire que notre ami Maurice a été l'un des parents de la politique familiale moderne.
En conclusion, nous disons au Premier ministre de maintenir sa volonté d'une politique familiale et d'y consacrer les ressources nécessaires. Car autant vaut la société que vaut la famille.
Nous sommes très heureux du maintien dans leurs responsabilité de mesdames Marois et Léger, et nous leur donnons l'assurance de notre collaboration et de notre partenariat.
Il faut d'abord consolider les nouvelles dispositions de la politique familiale qui sont en marche et établir le plus rapidement possible la disposition concernant l'assurance parentale.
Plus que jamais nous invitons nos élues et élus à tenir en tête qu'ils sont ... du peuple, par le peuple, pour le peuple.
Le Directeur général
Yves Lajoie