Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 10, numéro 56, décembre 1998

Monsieur Richard Sarrasin
Membre du Conseil des aînés
Membre du Conseil d’administration du Bureau québécois de l’Année internationale des personnes âgées 1999
Vice-président secrétaire du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec

Revaloriser l’aîné dans la société

L’Année internationale des personnes âgées 1999
Vous parler de l’Année internationale des personnes âgées m’est un plaisir certes, mais bien vous parler en quelques vingt minutes seulement m’apparaît comme un sérieux handicap. Tant de choses sont à dire, tant de choses sont à témoigner non seulement de la part des décideurs mais de la part de ceux et celles qui vivent leur âge avancé.

J’aimerais bien dans ces quelques minutes vous transmettre l’information officielle de ce qui se prépare pour cette année, mais j’aimerais surtout tenter de vous livrer ce que vivent les aînés eux-mêmes et ce qu’ils voudraient vivre durant cette année.

Rappelons donc tout d’abord les grandes lignes de l’organisation générale de l’Année internationale des personnes âgées 1999. Comment tout ça a commencé.

. L’Organisation des Nations Unies a convoqué en 1982 l’Assemblée mondiale sur le vieillissement et, la même année, l’Assemblée générale a fait sien le Plan d’action international sur le vieillissement (résolution 37/51).

. Puis en 1990, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 1er octobre « Journée internationale pour les personnes âgées » (résolution 45/106) et un an plus tard, en 1991, elle a adopté les principes des Nations Unies pour les personnes âgées (résolution 47/86).

. Enfin dans sa résolution 47/5 du 16 octobre 92, l’Assemblée générale a décidé de célébrer en 1999 l’Année internationale des personnes âgées. On voit donc que cette Année a été précédée de plusieurs propositions antérieures à la déclaration de l’Année internationale des personnes âgées 1999.

Le cadre conceptuel du programme des Nations Unies pour cette année internationale fait référence à quatre dimensions :
1. La situation des personnes âgées
2. L’épanouissement de l’individu tout au long de sa vie
3. les relations entre les générations
4. les liens entre le développement et vieillissement des populations.

Le logo pour l’Année est : « Vers une société pour tous les âges».
Voilà donc brièvement décrite l’histoire de l’Année internationale des personnes âgées vécue aux Nations Unies. Voyons maintenant ce qui a été décidé de faire au Canada et au Québec.

Le Bureau Québécois de l’Année internationale des personnes âgées
Tous les pays du monde étaient invités à participer à cette année internationale. Le Canada et le Québec acceptèrent l’invitation de l’ONU. Pour ce qui est du Canada, je laisserai ma collègue de ce panel et ma collègue également au Bureau québécois de l’Année internationale des personnes âgées, madame Lise Bertrand, de Santé Canada, le soin de vous décrire les différentes facettes de l’organisation prévue par le Canada pour cette année.

Voici ce qu’il en est pour le Québec.
Il fut décidé de mettre en place une association sans but lucratif et non gouvernementale pour assurer l’organisation bureaucratique de l’Année. Ce Bureau sera formé de membres choisis par le ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, monsieur André Boisclair. Vous savez sans doute que c’est maintenant monsieur le ministre Matthias Rioux qui en est le responsable. Le mandat donné a ce Bureau est de promouvoir et de coordonner, sous un même parapluie, l’ensemble des activités organisées dans le cadre de l’Année internationale des personnes âgées au Québec.

C’est au cours du printemps 1998 que furent choisis les quelques 37 membres du Bureau présidé par madame Monique Vézina. Ce Bureau se réunit pour la première fois à Montréal le 15 juin dernier et il y eut dans les semaines suivantes une autre rencontre avant la période des vacances. Un exécutif fut formé aussi que certains comités de travail. Le Bureau a aussi pour mission de réaliser des activités d’envergure nationale, de soutenir les 17 tables régionales responsables de favoriser l’élaboration d’activités dans chacune des 17 régions du Québec et d’administrer un programme d’aide visant à supporter des projets issus de tous les coins du Québec.

Afin de stimuler des programmes, projets et activités à développer au cours de l’Année internationale, le Bureau détermina trois genres de projets :
1. les projets d’envergure nationale
2. les projets régionaux déterminés par les tables régionales
3. les projets locaux.

La date ultime de remise des projets nationaux a été fixé au 31 octobre prochain. Quant aux tables régionales, celles-ci viennent tout juste d’être formées.

Les montants alloués pour les projets sont d’environ 10 000$ pour les projets nationaux, de 1 000$ pour les projets régionaux et de quelques centaines de dollars pour les projets locaux. La somme totale attribuée par le gouvernement de Québec est de 1 300 000$ (1.3M$). Des comités d’étude des projets présentés ont été crées et au début de janvier prochain les projets acceptés seront connus. Enfin, en septembre 1999 à Montréal, se tiendra le congrès international de la Fédération internationale du vieillissement à laquelle le Québec versera 25,000$.

Le lancement de l’Année internationale a eu lieu simultanément à Québec et à Montréal le 1er octobre dernier. Au début de janvier une autre manifestation publique sera tenue par le Bureau, manifestation au cours de laquelle une déclaration solennelle de l’Année et de la personne âgée sera déposée. Voilà très brièvement décrit le Bureau Québécois de l’Année internationale des personnes âgées. Je pourrai, si requis, répondre des questions pour compléter.

Qu’est maintenant le Conseil des Aînés du Québec
Je dois vous avouer que je suis particulièrement heureux de vous entretenir de ce Conseil des aînés parce qu’il m’apparaît répondre à plusieurs dimensions dont je vous faisais part au début de notre rencontre en vous décrivant le cadre conceptuel du programme des Nations Unies qui faisait alors référence à quatre dimensions et particulièrement à la 1ère dimension, soit celle de la situation des personnes âgées. En somme, le Conseil des aînés du Québec apporte le contenu requis à l’Année internationale des personnes âgées.

Aussi les récents travaux du Conseil ont trait à un avis sur les orientations d’une politique du vieillissement, à une étude sur la situation économique des aînés au Québec, à l’amorce d’une étude sur le milieu de vie des aînés. Le Conseil s’est de plus penché sur l’importance de l’apport socio-économique des aînés « qui n’est pas suffisamment mis en évidence dans la collectivité, recommandant au gouvernement de consolider les domaines dans lesquels les aînés sont impliqués tout en leur ouvrant de nouveaux champs d’action, afin de leur permettre de contribuer au développement de la société. » * Rapport annuel du Conseil des aînés 1997-1998.

Il m’apparaît qu’il y a là et dans beaucoup d’autres travaux du Conseil d’ailleurs, une matière indispensable, une sous-structure indispensable à l’organisation de rencontres, de projets et d’activités qui pourraient prendre place durant l’Année internationale. Les célébrations qui peuvent se dérouler n’ont de sens, à mon avis, que si elles s’appuient sur un contenu valable et il est à espérer que les travaux du Conseil servent à alimenter les différentes propositions de projets durant l’Année internationale 1999.

Qu’est le Conseil des Aînés ?
Le Conseil des aînés a été institué en vertu de l’Article 1 de la loi sur le Conseil des aînés sanctionné le 22 décembre 1992. Il relevait du ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration jusqu’à tout récemment, c’est à dire jusqu’au récent remaniement ministériel alors que le ministre du travail, monsieur Matthias Rioux se voit confier les aînés.

Le Conseil des aînés est la seule instance gouvernementale, composée majoritairement d’aînés, qui possède une vue d’ensemble de leur situation et qui peut conseiller le gouvernement sur les questions qui les concernent.

Dans le but de bien exercer son mandat et de tenir compte de la réalité des aînés, le Conseil s’est fixé des principes qui appuient sa demande et orientent ses travaux. Citons parmi ces principes :
- reconnaître et respecter l’autonomie des aînés
- propager une image positive du vieillissement
- compter sur l’engagement et la responsabilité des aînés
- susciter et collaborer à l’élaboration d’une véritable politique du vieillissement. Des travaux sont d’ailleurs en cours à ce sujet au Conseil

Dans le cadre de ses travaux, le Conseil a identifié les principaux thèmes qui feront l’objet de ses préoccupations constantes :
- la santé et le bien-être
- les abus et la négligence
- le revenu
- la participation sociale
- l’habitat et l’environnement
- la formation et le perfectionnement des dispensateurs de services oeuvrant auprès des aînés
- la recherche reliée au vieillissement

Le conseil est formé de 12 membres votants au nombre desquels j’ai l’honneur de participer. Par ailleurs les membres d’office n’ayant pas droit de vote, comprennent le Sous-ministre de la Santé et des Services sociaux, le Sous-ministre de la Justice, le Sous-ministre des Transports, le Sous-ministre de l’Emploi et de la Solidarité, le Sous-ministre associé à qui est confié le dossier de la condition féminine, le Président de la Société d’habitation du Québec.

La présidence du Conseil était assumée par madame Nicole Dumont Larouche jusqu’au 16 novembre alors que madame Wavroch du Ministère de monsieur Matthias Rioux prendra le relève. Madame Wavroch est actuellement membre du Conseil d’administration et vice-présidente de l’Institut de recherche et d’information sur la rémunération (IRIR) au ministère de monsieur Rioux.

Au moment de terminer cette allocution centrée davantage sur de l’information, j’apprécie énormément d’être suivi à cette tribune par ma collègue, madame Danielle Métras, présidente de la Maison des grands-parents de Villeray et responsable au Regroupement de Partenariat aînés 1999. Les questions que je posais au début de ce papier relativement à la vie concrète des aînés, c’est à dire, à ce qu’ils vivent, à ce qu’ils ressentent, à leur désir de continuer à participer à la vie familiale et communautaires, à ces différentes questions, Danielle pourra répondre, je n’en doute aucunement.

Pour plus d’information sur le Bureau québécois de l’Année internationale des personnes âgées, contacter à Québec, sans frais, le secrétariat au : (1-877)-469-1999.

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