Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 10, numéro 57, mars 1999

Madame Odette Ouellette
Conseillère principale en protection de la jeunesse
Association des Centres jeunesse du Québec

La violence familiale et la Protection de la jeunesse

L’Association des centres jeunesse du Québec est un membre du Comité parlementaire de coordination en matière de violence conjugale et familiale. À ce titre, nous sommes partie prenante de l’actualisation de la politique gouvernementale en cette matière et plus spécifiquement pour tout ce qui concerne la situation des enfants vivant dans un contexte de violence familiale.

Madame Ouellette aborde l’implication de la DPJ dans les situations où les enfants sont eux-mêmes victimes de violence et celles où ils sont témoins de violence conjugale.

Dans le cadre des travaux du comité interministériel en matière de violence conjugale et familiale et de l’implication requise de tous les acteurs pour contribuer à faire cesser cette violence, les directeurs de la protection de la jeunesse du Québec ont analysé leurs actions à cet égard.

II faut distinguer les enfants eux-mêmes victimes de cette violence, situations qui sont couvertes explicitement par la Loi sur la protection de la jeunesse, de ceux qui sont témoins de violence conjugale. La réflexion a donc porté sur cette dernière dimension.

Les directeurs de la protection de la jeunesse ont procédé à une analyse des signalements reçus en cette matière, ont dégagé 10 situations types rencontrées dans toute la province qu'ils ont soumis à toutes les personnes travaillant à la réception et aux traitement des signalements. Cet exercice a permis de dégager les types de situations où l’intervention du directeur de la protection de la jeunesse s’impose au sens d'un besoin de protection et celles où un besoin d’aide est présent mais où l’action de d’autres acteurs, CLSC, groupes communautaires, par exemple, est indiquée. À cet effet, les 10 situations ont également été soumises à tous les CLSC du Québec. Le tiers des CLSC a répondu et les situations où l’intervention du DPJ est apparue requise ont été les mêmes que celles identifiées par le personnel du DPJ.

Cet exercice a permis de dégager clairement les situations d’enfants témoins de violence conjugale qui doivent donner ouverture à l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse, critères qui sont indiqués dans le document synthèse de cette réflexion intitulé: « Enfants témoins de violence conjugale, rapport du groupe de travail CLSC-Centres jeunesse en date d’octobre 1998. Ce document comporte deux parties: un état de situation, l’identification des problèmes à résoudre et des pistes de solutions. On peut se le procurer soit à l’Association des centres jeunesse du Québec ou à l’Association des CLSC et des CHSLD du Québec au coût de $7.00 plus taxes.

Cette démarche de précision des critères de rétention des signalements et de précision des situations qui appellent une réponse à des besoins d’aide mais cette fois dans le cadre de la Loi sur la santé et les services sociaux sera suivie dune démarche avec notamment les groupes communautaires afin de dresser le portrait des différents services disponibles ou à développer pour les enfants témoins de manière à contribuer aux échanges régionaux sur cette question.

Ce que nous pouvons faire pour vous et avec vous
Les Centres jeunesse ont le mandat d’assurer la protection des jeunes de moins de 18 ans qui vivent une situation dangereuse pour leur sécurité ou leur développement. La menace peut venir de leur entourage (violence physique ou abus sexuel, négligence grave ou abandon de la part de leurs parents). Mais elle peut venir aussi de leurs propres comportements (fugues, agressivité, abus de drogue, tentative de suicide, etc.).

Si vous croyez qu’un jeune vit une situation dangereuse, nous vous incitons à signaler cette situation au directeur de la Protection de la jeunesse de votre région, ce signalement est confidentiel. Nos professionnels sont disponibles 24 heures par jour pour recevoir ce signalement et, quand la situation l’exige, intervenir d’urgence pour assurer la protection du jeune, tout en recherchant la collaboration des parents.

Être parent aujourd’hui
Les parents sont les premiers responsables de l’éducation, des soins et de l’entretien de leur enfant.

Être parent aujourd’hui , c’est aussi vivre des situations tantôt emballantes, tantôt difficiles et frustrantes. Même si la plupart des parents veulent ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants, il arrive , à certains moments, que des parents se sentent incapables de supporter la pression créée par leurs enfants. Souvent, dans ces situations, les parents sont tentés de perdre patience ou d’ignorer les besoins de leurs enfants. De telles situations peuvent devenir inquiétantes tant pour les enfants que pour les parents.

Quand la situation de votre enfant ou d’un de vos enfants est signalé au Directeur de la protection de la jeunesse, ça peut causer une tension additionnelle pour toute la famille. On peut se sentir jugé, seul, sans défense. La situation peut devenir encore plus difficile si vous ne savez pas ce qui vous attend.

Quand la situation devient tellement difficile que vous risquez de vous en prendre à vos enfants, il est important de demander de l’aide.

La loi sur la protection de la jeunesse... c’est quoi ?
Cette loi a été créée pour venir en aide aux enfants qui vivent des situations graves ou leur sécurité ou leur développement personnel est compromis. Elle veut aussi aider les parents de ces enfants à traverser ces moments difficiles et éviter qu’ils ne se reproduisent.

Un signalement... c’est quoi?
La loi sur la protection de la jeunesse permet à tout citoyen qui croit sérieusement qu’un enfant vit une situation grave qui pourrait compromette sa sécurité ou son développement, d’en avertir le Directeur de la protection de la jeunesse.

Cette possibilité devient une obligation pour tout professionnel qui travaille auprès des enfants et pour tout citoyen qui a des motifs sérieux de croire qu’un enfant est victime de mauvais traitements physiques ou d’abus sexuels. C’est ce que la loi appelle un signalement.

La loi interdit au Directeur de la protection de la jeunesse et à toute autre personne de révéler le nom de la personne qui a signalé la situation dangereuse vécue par un enfant.

Une situation dangereuse pour l’enfant... c’est quoi ?
La loi de la protection de la jeunesse identifie un certain nombre de situation qui, si elles ne sont pas corrigées rapidement, peuvent nuire à la sécurité et au développement personnel d’un enfant. Parmi ces situations, notons l’abandon, l’isolement ou le rejet des enfants par leurs parents. Onu retrouvons aussi la négligence, les mauvais traitements, les abus sexuels et les troubles graves de comportement.

Des jeunes qui ont des difficultés graves... c’est quoi ?
La négligence : Jesssica, 3 ans, est privée des choses essentielles à son bien-être : elle est mal nourrie et mal soignée, elle manque gravement d’affection et de stimulations intellectuelles, elle est enfermée dans son univers familial, isolée avec des problèmes dont ses parents sont inconscients... ou qu’ils refusent de voir.

La violence psychologique, physique ou sexuelle : Martin fait régulièrement l’objet de violence verbale, de mauvais traitements psychologiques et physiques de la part du conjoint de sa mère. Sa santé et son équilibre personnel sont menacés. Mélanie est victime d’abus sexuels de la part de son oncle qui, pour arriver à ses fins, utilise la séduction, les menaces, la violence et le chantage.

L’abandon : Juan a dû être retiré de son milieu familial à quelques occasions et pour de longues périodes parce que ses parents sont aux prises avec de graves problèmes. Malgré de nombreuses tentatives pour les aider, il est devenu évident qu’ils ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre soin d’un enfant de manière adéquate.

Des comportements dangereux : Philippe montre une grande agressivité envers sa famille et son entourage. Il est aux prises avec des problèmes de drogue et il se prostitue à l’occasion.

Un délit criminel : François a été arrêté pour un vol avec effraction. C’est un récidiviste, qui n’hésite pas parfois à avoir recours à la violence.

Ce que les centres jeunesse peuvent faire pour aider :
. Les jeunes à retrouver un équilibre : les centres à travers l’action de leur service de réadaptation , soutiennes le jeune qui veut reprendre en main son propre développement afin de rétablir une certaine harmonie dans ses relations avec sa famille et son milieu.

. Les enfants et les adultes à se préparer à une adoption : les centres fournissent tous les services nécessaires à l’adoption d’un enfant. L’enfant orphelin, l’enfant abandonné ou l’enfant dont les parents ont renoncé volontairement à exercer leurs droits parentaux peut compter sur notre aide pour trouver une nouvelle famille.

. Les enfants adoptés et les parents naturels à reprendre contact : Les centres aident les personnes adoptés lorsqu’elles étaient enfant à obtenir les informations disponibles sur leurs parents naturels ou à prendre contact avec eux.

Les centres jeunesse offrent une expertise dans certaines causes de divorces :
À la demande d’un juge de la Cour supérieure et avec le consentement des parents, nous évaluons certaines situations familiales pendant les procédures de divorces ou après le divorce. Notre évaluation vise à fournir au Tribunal des recommandations relatives à la garde des enfants mineurs.

Les centres jeunesse agissent comme médiateurs lors d’une rupture familiale :
Dans certaines régions, les centres jeunesse fournissent des services de médiation aux couples avec enfants qui vivent une situation de rupture familiale.

Les centres jeunesse assurent aux jeunes un éventail de ressources d’hébergement :
Les centres participent au recrutement, à l’évaluation et à la supervision d’un réseau de familles d’accueil et de ressources résidentielles, assurant ainsi un hébergement adapté aux différents besoins des jeunes qui ne peuvent vivre dans leur milieu familial.

Les centres jeunesse aident les jeunes mères en difficulté d’adaptation :
Dans certaines régions, nous fournissons des services aux jeunes mères qui s’adaptent difficilement à leur rôle parental. Nos services de réadaptation les aident à mieux assumer leurs responsabilités auprès de leurs enfants, à retrouver un meilleur équilibre personnel, familial et social.

Pour plus d’informations ou pour vous procurer des documents d’information :

L’Association des centres jeunesse du Québec
2000, rue Mansfield, bureau 1100
Montréal ( Québec ) H3A 2Z8
Vox : (1-514) 842-5181
Fax : (1-514) 842-4834

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