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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 11, numéro 59, décembre 1999 |
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Madame Brigitte Guy
Présidente et Directrice générale
Association des services de garde en milieu scolaire du Québec
Quel est l'état du développement des SGMS en l'an 2 de la nouvelle politique des frais à 5 $ par jour ? Quelles en sont les retombées positives et négatives ? Des recommandations pour l'avenir.
Les services de garde en milieu scolaire au Québec en 1999
L'état du réseau
Actuellement, nous dénombrons plus de 1 200 services de garde en milieu scolaire dans 17 régions du Québec au sein de 52 Commissions scolaires.
Plus de 130 000 enfants de 5 à 12 ans les fréquentent et 7 000 éducatrices y travaillent.
L'instauration de la politique à frais réduits de 5$ par jour depuis septembre 98 a provoqué une croissance rapide d'environ 40 000 enfants de plus et l'ouverture de plus de 300 nouveaux services de garde. C'est dans les régions rurales et semi-rurales que l'on a observé le plus grand nombre d'ouverture de services.
Portrait très diversifié
- La taille des services
Les services de garde en milieu scolaire n'ont rien de standardisés. Certains n'ont qu'une quinzaine d'enfants dont s'occupe une responsable, alors que d'autres, à l'autre extrémité, peuvent avoir jusqu'à 350 enfants en plus de prendre en charge le service des dîneurs de l'école où l'on compte parfois 200 - 300 enfants. Dans ces gros services de garde, on trouve une équipe d'éducatrices entre 15 et 18 personnes. En plus, certains services de garde intègrent des enfants handicapés.
- Les locaux
Les espaces alloués au service de garde sont aussi très variables d'une école à l'autre, selon ce qu'il y a de disponible. Il y a là un sérieux problème. Plus le service de garde est gros, plus il exige l'accès de tous les locaux de l'école, tels : le gymnase, la bibliothèque, le local de musique, d'arts plastiques, d'ordinateurs, etc... et même l'accès aux classes. Et là, on fait face à une résistance très grande des enseignants.
- Le personnel
Le personnel des services de garde en milieu scolaire est aussi très diversifié. Certaines ne possèdent qu'une formation de niveau secondaire, alors que la majorité possède une formation de collégiale en éducation en services de garde ou en éducation spécialisée ou encore en loisir. Chez les responsables, plusieurs ont une formation universitaire en éducation.
Le cadre légal
Depuis septembre 1998, les services de garde en milieu scolaire sont sous l'entière juridiction du ministère de l'Éducation et sont régis par la loi sur l'instruction publique. De plus, pour la première fois depuis l'instauration du réseau en 1980, un règlement sur les services de garde en milieu scolaire les encadre.
Un gain important qui a été obtenu dans la loi, est l'obligation qui est maintenant faite aux commissions scolaires d'avoir des services de garde là où le Conseil d'établissement de l'école le demande. Un deuxième gain est la nomination d'un représentant du personnel du service de garde au Conseil d'établissement. Ce siège est important si l'on tient compte du fait qu'il n'y a pas obligation pour les services de garde d'avoir un comité de parents utilisateurs. C'est donc la seule voix officielle où l'on peut défendre la place du service de garde à l'école.
Les retombées positives de la garde à 5$ par jour
- Une plus grande accessibilité pour les familles, à prix modique
- La réduction de la garde au noir
- Une meilleure connaissance des services de garde en milieu scolaire
- La création de milliers d'emplois
- Ce qui n'est pas négligeable, ça fait rouler l'économie
Les retombées négatives
- Un problème criant de manque d'espace dans plusieurs écoles
- Une pénurie de personnel qualifié due à la croissance rapide des 2 réseaux de garde
- L'épuisement de plusieurs responsables de service de garde en milieu scolaire qui ont dû assumer une augmentation considérable de clientèle dans une période de grands changements organisationnels (fusion des commissions scolaires, nouvelles administrations, nouveau mode de financement, augmentation du personnel).
- Une perte de qualité dans plusieurs milieux.
Conclusion
Nous devons nous réjouir que le Gouvernement ait choisi d'investir dans le développement des services de la petite enfance. Ceci a permis à des milliers d'enfants de bénéficier de services de garde sécuritaires où du personnel éducateur les encadre tout en leur donnant accès à des activités qui favorisent leur développement tant au niveau social, intellectuel, affectif et moteur. Ce milieu de vie qu'est le service de garde permet aux enfants de demeurer dans leur milieu naturel avec leurs amis et vivre des expériences où ils développent des habiletés sportives, artistiques, scientifiques qu'ils ont de moins en moins l'occasion de faire à l'école. Le service de garde s'inscrit en complémentarité avec les programmes d'enseignement parce qu'il permet aux enfants de mettre en application les notions apprises en classe par le biais de projets multiples qu'ils peuvent vivre.
Nous pouvons déplorer la vitesse à laquelle le développement s'est fait depuis septembre 98, à cause de toutes les conséquences dont nous avons parlé. Cependant, nous croyons que la cadence va maintenant ralentir dans les années à venir. Notre prochain enjeu sera de consolider nos acquis et d'améliorer la qualité du service mis en place. La qualité, plusieurs études l'ont largement démontré, repose avant tout sur la compétence du personnel.
Il faudra donc augmenter les exigences de formation de ce personnel et reconnaître leur diplôme en les payant en conséquence. Il faudra également leur donner accès à du perfectionnement, changer leur statut précaire et revoir le plan de classification. La reconnaissance de l'importance de leur rôle éducatif auprès des enfants passe par des conditions de travail adéquates, tout le monde en convient.