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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 11, numéro 60, mars 2000 |
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Éditorial
Monsieur Yves Lajoie
Directeur gténéral
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
Une politique familiale
La plupart des pays développés ou en voie de développement favorisent le déploiement d'une politique familiale. Mais, une politique familiale prend selon les pays, des aspects très différents. En certains pays, on nomme politique familiale des mesures et des dispositions assurant la nutrition, la vaccination, l'alphabétisation.
Si au Québec, on affirmait qu'on a une politique familiale parce que les familles mangent, sont vaccinées, lisent et écrivent, on susciterait des point d'exclamation et d'interrogation. Pour l'heure au Québec, se développe une politique familiale impliquant des mesures d'allocations familiales et de fiscalité, des services éducatifs de garde à l'enfance, une assurance parentale pour des congés de parentalité.
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec s'est fait une idée de ce que doit être une politique familiale, et que celle-ci est indispensable pour parvenir à un développement durable des personnes, des familles, de la société, d'un pays.
Un développement durable
Nous sommes tous, d'une façon ou d'une autre, à la recherche du bonheur et de l'épanouissement. Cela s'applique à chaque personne, à chaque famille, à chaque société, à chaque pays, à l'humanité.
Si la notion de bonheur est souvent très subjective, elle comporte cependant des éléments objectifs. Ces éléments objectifs sont les besoins primaires de toute personne, de toute famille, de toute société, de tout pays. Sans la satisfaction de ces besoins primaires, il n'est pas de bonheur possible. Le bonheur amène l'apaisement des personnes, des familles, des sociétés, des pays : c'est le début de la paix.
La paix, c'est la tranquillité dans l'ordre conséquent à la satisfaction des besoins primaires. On peut donc appeler les satisfactions de ces besoins primaires : les pré-requis de la paix.
Ces besoins primaires et essentiels sont : la nourriture, le vêtement, le logement, la santé, l'éducation, le travail.
Une politique familiale pour un développement durable
Une politique familiale ne peut se développer sans que les besoins primaires des familles ne soient comblés. Ainsi...
Quant à la nutrition, une politique familiale assure aux femmes enceintes, aux nourrissons, aux enfants, aux familles, aux aînés des conditions de nutrition satisfaisantes.
Quant au vêtement, une politique familiale sensibilise les éducateurs des centres de la petite enfance, des garderies et des écoles, et les travailleurs communautaires au confort vestimentaire.
Quant au logement, une politique familiale investit dans le logement social pour les familles, développe une politique de lutte contre l'itinérance des jeunes, favorise, pour ceux qui le veulent, le partage du logement familial par les aînés et construit une société sécuritaire où les familles ont accès à un environnement sain.
Quant à la santé, une politique familiale responsabilise la famille face à la santé de ses membres, voit à établir tout programme de vaccination pour enfants (vaccins usuels), jeunes et adultes (hépatites), aînés (grippes), développe des programmes familiaux de soins à domicile et organise un débat de société sur 'quelle santé et à quel coût pour les familles québécoises'.
Quant à l'éducation, une politique familiale encourage et aide les parents et les familles qui prennent en charge l'éducation de leurs enfants, rend accessible à tous les parents qui le désirent des services éducatifs de garde à contribution réduite et un service de garde éducatif en milieu scolaire, assure l'alphabétisation de tout citoyen, construit un système d'éducation gratuit, où, à toutes les étapes, les parents, les familles, les citoyens, sont décideurs.
Quant au travail, une politique familiale assure à chaque famille des revenus de travail, de solidarité ou de citoyenneté, pour lui permettre de se nourrir, de se vêtir, de se loger, d'être en santé, de s'éduquer, et développe des ressources permettant aux familles de concilier famille - travail, (et non travail - famille).
Pas de paix sans liberté
Mais, on ne saurait parler de paix sans liberté.
Une politique familiale libère les familles en ce sens qu'elle favorise leur prise en main et leur épanouissement, se construit en partenariat avec les familles dans le respect de leurs valeurs, encourage, accueille, reconnaît et finance les organisations que se donnent les familles, reconnaît que le comblement des besoins humains et sociaux est de nature à donner une existence active qui concoure au respect et à la dignité des personnes et de leurs familles, en éradiquant la pauvreté.
Les caractéristique d'une politique familiale
Les caractéristiques d'une politique familiale sont : autonomie, horizontalité, verticalité, subsidiarité.
Autonome, la politique familiale ne relève d'aucune autre instance ou ministère et considère la famille comme le premier souci de l'État; elle relève du chef de l'État ou du Gouvernement qui peut en déléguer l'administration.
Horizontale, la politique familiale se préoccupe de tous les aspects de la vie de la famille et de tous les aspects de la vie de l'État; elle considère tous les secteurs de la vie de la famille et confie à un ministère un droit et un devoir de regard et de coordination sur toutes les politiques de l'État touchant la vie des familles.
Verticale, la politique familiale se préoccupe de tous les âges de la vie de la famille; elle intègre dans une unité administrative tous les dossiers relatifs aux âges de la famille telles les politiques de l'enfance, de la jeunesse, des aînés.
Subsidiaire, la politique familiale ne doit pas se substituer à la famille; elle est subsidiaire au rôle et aux responsabilités des parents et leur fournit tout le support pour qu'ils assument eux-mêmes leurs responsabilités.
La politique familiale n'a pas de prix, elle est à ce prix là.