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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 12, numéro 63, décembre 2000 |
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Madame Siham Abou Nasr
Enseignante
École Madeleine-De-Verchères - Commission scolaire de Montréal
Née au Liban, arrivée au Québec en 1984, Siham Abou Nasr detient une maîtrise en éducation - adaptation scolaire et sociale (1998) - de l'Université du Québec à Montréal. Son mémoire présente une étude comparative des perceptions des enseignants et des parents par rapport à l'hyperactivité d'enfants de six (6) à douze (12) ans. En 1984, elle a obtenu une licence d'enseignement en éducation de l'Université du Saint-Esprit, au Liban.
Mme Abou Nasr mettra l'accent sur : - la définition et la
description clinique du syndrome hyperactif - les différents
types d'hyperactivité - ses causes - les différents traitements
- les perceptions des enseignants et des parents par rapport à
l'hyperactivité.
Les enfants hyperactifs
Définition et description clinique
Différentes expressions font référence à la même entité clinique : "hyperkinétisme", "enfant hyperactif", "Syndrome hyperactif ou hyperkinétique", "ADD/H". En Europe, on utilise plutôt l'expression "instabilité psychomotrice".
Les principales caractéristiques de cette pathologie :
Elle s'accompagne parfois d'une agressivité exagérée augmentant avec l'âge.
Les types d'hyperactifs
Les hyperactifs constitutionnels
L'hyperactivité constitutionnelle avec déficit moteur comporte les manifestations les plus caractéristiques de la débilité motrice : maladresse importante de mouvements volontaires avec retard de deux ans et plus, c'est-à-dire un manque de coordination et d'équilibre, difficulté d'orientation et de structuration spatio-temporelle, de la paratonie et une évidence nette synsinésie-cinétique et topique.Les hyperactifs socio-affectifs
Cette forme est acquise et conditionnée par des facteurs psychosociaux. La motricité globale et manuelle demeure dans la normale. L'hyperactivité serait conditionnelle à des situations familiales, psychologiques, etc., et serait un mécanisme d'évasion.
Les causes plausibles
de l'hyperactivité
Le diagnostic de l'hyperactivité est délicat,
car il n'y a pas de cause unique, mais plusieurs facteurs
différents y contribueraient :
Les facteurs alimentaires
La consommation d'additifs artificiels, couleurs, saveurs dans la nourriture.Les facteurs héréditaires
La transmission se fait par les gènes. Ainsi, les descendants d'une hyperactive seraient plus exposés que d'autres à ce problème.Les facteurs reliés à la grossesse ou à l'accouchement
Les complications durant la grossesse ou lors de l'accouchement peuvent laisser des lésions cérébrales chez l'enfant, les enfants nés prématurément ou étant de petits poids à la naissance. L'usage excessif de la boisson durant la grossesse, l'usage de la cigarette sont des facteurs de toxicité qui pourraient causer de l'hyperactivité et des troubles d'apprentissage.Le facteur toxique
Tout comme le cas du plomb, qui a un effet direct sur le comportement et la cognition.
Les traitements offerts aux enfants
hyperactifs
Il n'existe pas de solution miracle : différents moyens mis au
point par les chercheurs seront présentés.
La médication
Le Ritalin ou chlorydrate de méthylphénidate, ce médicament est à conseiller lorsque l'origine de la maladie est une dysfonction cérébrale minime. Cependant, il ne doit pas être administré qu'à doses initiales de 5-10 mg trois fois par jour et le tableau clinique du sujet est à surveiller de près. À cause des effets secondaires qui soulèvent beaucoup d'inquiétude.Les effets secondaires les plus fréquents sont : l'insomnie, l'irritabilité, les douleurs abdominales, la diminution de l'appétit et la perte de poids, l'augmentation du rythme cardiaque et la tension artérielle. Ainsi qu'une légère perte de croissance, on parle de l'apparition des tics dans certains cas. Ces effets secondaires sont généralement bénins et peuvent être contrôlés en ajustant la dose et l'horaire de l'administration.
Il ne faut pas négliger les conséquences psychosociales du traitement.
C'est un bon adjuvant lorsque d'autres mesures thérapeutiques (sociale, éducative, psychologique) seules sont insuffisantes.
La diététique
La diététique consiste à éliminer les additifs alimentaires comme les colorants ou les agents de conservation. Le sucre est un élément énergétique qui a un rôle dans la contraction musculaire.
La rétroaction biologique
Il s'agit d'un mécanisme par lequel la réponse d'un système quelconque est influencée, en plus ou moins, par le produit de son fonctionnement. (biofeedback)
La thérapie par la relaxation et méditation
La relaxation diminue l'impulsivité, la méditation quant à elle agit sur la distractivité.
La suppression de tout l'éclairage fluorescent
Les effets des ondes lumineux chez les différents sujets.
La musicographie
Une pièce peut être relaxante, il existe des cassettes qui auraient un rôle à jouer dans la "cohérence interhémisphérique".
Conclusion
Toute thérapie, qu'elle soit psychologique ou pharmacologique, devrait avoir comme préoccupation d'aider les enfants hyperactifs à mieux exploiter les ressources. C'est probablement la seule manière de leur permettre de surmonter ainsi eux-mêmes, petit à petit, leurs difficultés comportementales, émotives, cognitives et sociales.
Les parents
Ils s'avouent mal outillés, incompétents, voire même impuissants devant un tel phénomène, de telles difficultés sont extrêmement difficiles à supporter par des parents inexpérimentés, désemparés et qui se sentent responsables et par conséquent, coupables.
Souvent les parents se montrent trop permissifs, trop tolérants et trop patients, ce qui ne fait qu'aggraver la situation des enfants. Les parents ont plus tendance à surprotéger leur enfant, mettant le blâme des problèmes de leur enfant à l'école sur les enseignants, sur l'école, sur le système éducatif.
Lorsque les parents prennent conscience que leur enfant est hyperactif, ils réagissent alors, soit avec agressivité, soit avec une permissivité excessive. Dans un cas comme dans un autre, les parents ressentent un profond sentiment d'échec qui se développe au fil des années et explique qu'ils ont en quelque sorte "décroché", composer avec l'enfant. Parfois, les parents rendent les autres responsables de l'hyperacticité de leur enfant et accuse les frères et les soeurs, les copains, les enseignants. Ils s'ingénient alors à le défendre, le surprotégent, cependant, il ne faut pas que cette tolérance apparaisse comme une démission ou comme un comportement inacceptable.
Les enseignants
Les enseignants sont les mieux placés pour diagnostiquer l'hyperactivité chez l'enfant dans la classe. Il suffit d'un enfant hyperactif dans la classe pour que l'enseignant soit obligé de modifier le programme prévu pour l'ensemble des élèves. L'enfant hyperactif touche à tout, se lève de sa place continuellement, il a de plus beaucoup de difficulté à respecter les règles. Il dérange aussi les autres enfants de la classe et s'attire leur réprobation. Il n'est donc pas rare de voir ces enfants rejetés par leurs pairs et même de leurs enseignants.
Certains enseignants sont incapables de composer avec de tels enfants. Ils se sentent irrités, épuisés et incapables d'accepter les comportements des enfants et les fréquentes interruptions du rythme normal des activités de la classe qu'ils causent.
Les enseignants considèrent généralement les enfants plus insolents et plus bagarreurs, et à maintes reprises, ces enfants nient leurs erreurs ou accusent les autres. Il semble que les problèmes de l'enfant hyperactif s'expriment avec plus d'acuité en milieu scolaire. Les exigences du régime pédagogique et la structure même d'une classe ordinaire soulignent davantage ses faiblesses. L'enfant adopte à l'école une attitude totalement différente de celle qu'il a à la maison, si bien que les parents doutent du portrait que leur en fait le milieu scolaire.
Le problème majeur pour ces enfants est l'incapacité à rester assis, d'une propension à s'agiter, à interrompre le maître, à harceler les autres élèves par ses demandes, ses contacts et ses bavardages. La perturbation apportée à l'ensemble de la classe déclenche des réactions négatives, surtout de la part des maîtres. L'incapacité à suivre une règle, à supporter toute frustration, les entraves à l'activité des autres, les réactions agressives conduisent très vite à un rejet.
Devant toutes ces manifestations, l'enseignant est souvent amené à modifier les tâches scolaires à accomplir, car lorsque l'enfant hyperactif est en difficulté, il a tendance à interpeller immédiatement l'enseignant sans se préoccuper de ce qu'il fait ou du dérangement provoqué dans le travail de ses camarades. De telles attitudes ont des répercussions extrêmement négatives sur les pairs et l'enseignant, surtout si elles persistent. Ces manifestations rendent l'enseignant intolérant dans sa perception face à l'hyperactivité.
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