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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 12, numéro 63, décembre 2000 |
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Mémoire
du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
À la proposition du
Projet de loi no 140, Loi sur l'assurance parentale
Présenté à la Commission des affaires
sociales
Le 7 novembre 2000
Monsieur le Président
Madame la Ministre,
Nous venons ici au nom du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec. S'en suit une présentation du Regroupement.
Introduction
L'assurance parentale s'inscrit dans une dynamique, où des parents qui ont décidé d'avoir des enfants jouissent d'une mesure que l'État, via les mécanismes de la solidarité sociale, pourvoie avec eux et pour eux.
L'État, qui a comme responsabilité de gérer le bien commun parce que les citoyens lui ont confié cette mission gouvernementale, a bien pensé et agit bien en développant cette mesure de politique familiale : l'assurance parentale.
Une politique familiale
Il faut cependant rappeler ce qu'est une politique familiale.
Une politique familiale est d'abord une vision de la vie qui permet à des personnes, des parents et des enfants, à une société, de vivre, heureusement et dans le bonheur, dans une société qui assume que la vie familiale est la base de la société.
Puis selon cette vision de la vie, des dispositions, des mesures, des lois, des politiques, sont élaborées et mises en oeuvre.
Les prérequis de la politique familiale
Mais avant toute politique familiale, il est des prérequis que nous ne pouvons taire et qu'il nous est essentiel de dire.
Ces prérequis sont les bases de la vie des couples, des parents, des enfants, de la société, sans lesquels, il n'y aurait pas de politique familiale.
Ces prérequis sont :
La nutrition : Elle doit pourvoir à tous les citoyens une base alimentaire suffisante. Ce qui n'est toujours acquis dans notre société, où encore trop de femmes enceintes sont sous-alimentées, des enfants arrivent à l'école sans avoir déjeuner, et des personnes âgées sont mal nourries.
Le vêtement : Pays de rigueur, notre société a appris que pour survivre, il fallait s'habiller. S'il en va assez bien maintenant de ce besoin, son corollaire a des trous.
Le logement : Prolongement du vêtement, le logement doit pourvoir à chaque famille un habitat décent pour lui permettre de s'épanouir. Il y a actuellement un manque flagrant de logements sociaux privant nombres de familles à un accès à la prospérité collective. Et on doit constater que depuis quelques années le développement de logements sociaux ne semble pas être une priorité. Cependant, on a cru percevoir que le gouvernement s'apprête à intervenir à ce sujet. Si tel est le cas, on ne peut que s'en réjouir.
La santé : Elle permet une vie saine et équilibrée. Comme c'est aussi la responsabilité ministérielle de la Ministre qui nous entend, disons lui, quà la Commission Clair, nous avons affirmé que la première ligne des services de santé et des services sociaux n'est peut-être pas ce qu'on en pense habituellement, mais bien la famille renforcée et capable d'assumer sa responsabilité de prendre en main sa santé.
L'éducation : Rien sans éducation. La famille est le lieu des apprentissages fondamentaux et de la socialisation. Aussi, un système éducatif, si sophistiqué soit-il, doit être élaboré à tous les niveaux avec la participation des parents et des citoyens.
Le travail : C'est la dignité de la personne humaine et des familles de pourvoir à leurs besoins comme à leurs subsistances, et de contribuer selon leurs capacités au bien commun et à la richesse collective.
Ces prérequis étant acquis, ces choses étant dites, on peut maintenant parler de politique familiale.
Les caractéristiques d'une politique familiale
Les caractéristiques d'une politique familiale sont : autonomie, horizontalité, verticalité, subsidiarité.
Autonome : La politique familiale ne doit relever d'aucune autre instance ou ministère. Elle est au sommet de l'État, elle relève du chef de l'État ou du Gouvernement qui peut en déléguer l'administration. La politique familiale n'est pas un volet de la santé, de l'éducation, du transport, de la sécurité publique. C'est la politique familiale qui a des volets de santé, d'éducation, de transport, de sécurité publique.
Horizontale : La politique familiale englobe la totalité de la vie humaine et se préoccupe de tous les aspects de la vie de la société. Rien ne lui est indifférent. Et la loi du Ministère de la Famille et de l'Enfance l'a bien pourvu en confiant à la Ministre une mission horizontale de coordination au regard des autres ministères.
Verticale : La politique familiale se préoccupe de tous les âges de la vie de la famille. La famille est le lieu de la vie, de la naissance, de la croissance. Elle englobe la petite enfance, l'enfance, l'adolescence, la jeunesse, les fratries et les sororités, les jeunes couples, la parentalité, et aussi la grand-parentalité.
Subsidiaire : La politique familiale ne doit pas se substituer à la famille. Elle est subsidiaire au rôle et aux responsabilités des parents et des familles et leur fournit tout le support pour qu'ils assument eux-mêmes ces responsabilités.
Aussi, l'État a bien pensé et fait bien dans sa tâche d'élaborer et de mettre en oeuvre l'assurance parentale parce qu'elle s'inscrit très bien dans cet esprit de subsidiarité.
Troisième volet des nouvelles dispositions de la politique familiale mis de l'avant par le gouvernement, l'assurance parentale en est en effet le premier volet, car avant d'avoir des allocations familiales et des centres de la petite enfance, il faut encore avoir des enfants!
Cette assurance parentale répond éminemment aux besoins des couples et des familles qui veulent des enfants et le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale y donnent son appui avec enthousiasme.
Le lieu de la politique familiale
Une politique familiale s'insère dans une société et touche à ce qu'elle a de plus intime : sa vie, sa parentalité, ses enfants. Elle reflète et crée tout à la fois une façon de vivre en société.
Cette société conviviale et solidaire qui est la nôtre et qui origine de multiples peuplements doit nous rassembler et nous ressembler.
Nous devons avoir une politique familiale à la mesure de nos aspirations et des institutions que nous nous sommes donné collectivement.
Cette politique familiale doit être intégrée dans une même volonté commune et dans des pouvoirs politiques qui sont issus et reflets de cette volonté commune.
Fruits d'une vision, il ne faut pas diviser les pouvoirs, car la vision, elle, n'est pas divisée ni divisible.
On ne peut pas morceler l'ensemble des mesures, des dispositions, des lois, des politiques dans le domaine de la politique familiale. On ne peut morceler les lieux de décision car il y a risque certain de trahison et de non cohérence.
Le Québec doit être le maître absolu de la politique familiale, car cela touche au plus profond à l'identité de la vie des familles et de la société.
L'assurance parentale
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec :
. appuie avec enthousiasme le projet de loi 140 : Loi sur l'assurance parentale
. demande instamment que le projet de loi 140 soit adopté unanimement par l'Assemblée nationale
. exige que la mise en oeuvre de l'assurance parentale soit la responsabilité exclusive du gouvernement du Québec.
Monsieur le Président, madame la Ministre, nous vous remercions de votre invitation et de votre écoute.
Le Président
Richard Sarrasin
Le Directeur général
Yves Lajoie