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Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
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Pensons famille |
Volume 12, numéro 63, décembre 2000 |
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Mémoire Familles et Santé
Mémoire
du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au
Québec
Mémoire Famille et Santé - Résumé
Présenté à la Commission des services de santé et des
services sociaux
Le 25 octobre 2000
Ce qui se passe actuellement dans les hôpitaux est révoltant. Si vous le savez, il importe de le dire et de le dénoncer.
J'ai eu une chirurgie cardiaque, la valve aortique, le 28 juillet 2000. Des soins par des personnes compétentes et chaleureuses. Au plan professionnel, à tous les niveaux, cardiologues, chirurgiens, infirmières, infirmiers, préposés, techniciens, tous ont donné le maximum afin d'aider ma guérison. Ma fille, qui habite Calgary, a été près de moi huit jours et son support a été essentiel. Mon mari est venu chaque jour. Donc j'ai été bien entourée et je suis reconnaissante, comme vous pouvez l'imaginer, envers toutes les personnes du 7e étage de l'Hôtel-Dieu qui ont contribué à créer un climat de paix et des conditions de guérison. Mais, tout ce que je viens de vous raconter se passe dans un contexte inacceptable. Quelques faits. Ce que j'ai vécu depuis le 29 mai et ce que je comprends.
- 29 mai: téléphone de mon cardiologue : je dois consulter un chirurgien cardiaque; attente pour l'examen...
- 19 juin : coronographie (caméra minuscule qui confirme un problème majeur au coeur) à l'hôpital Hôtel-Dieu. Chirurgie nécessaire.
- 21 juin a.m. : préparation pour la chirurgie mais à 16 h : congé de l'hôpital : salle d'opération fermée aujourd'hui (3 jours/semaine de chirurgie cardiaque au lieu de 4). Congé pour les chirurgiens prêts à opérer. Congé pour moi, chirurgie reportée car je suis une urgence modérée ...L'attente commence ...l'anxiété et les malaises montent.
- 20 juillet : après une semaine très difficile, je rentre à l'urgence... oui, on me garde à l'hôpital, oui, je serai opérée...
- 25 juillet : opération prévue pour 11 heures (à jeun depuis minuit, préparation immédiate dès 6 heures). 10 heures , médication pour relaxer, 11 h 30, un des chirurgiens me demande de patienter encore une heure : pas de lit disponible aux soins intensifs , il cherche une solution. L'opération est reportée au 26, 8 heures. Ce n'est que le début des déceptions à répétition.
- 26 juillet : même scénario reproduit.
- 27 juillet : même scénario reproduit. Si ma fille n'avait pas été avec moi je me serais écroulée.
- 28 juillet a.m. : c'est le grand jour, trois chirurgiens compétents, un coeur qui bat mieux que jamais. Mais, je suis refusée aux soins intensifs car les cas trop lourds ne leur permettent pas de prendre une personne de plus.
Alors ??? Je suis restée dans la salle de réveil pour la journée et la nuit, deux infirmières ayant accepté, encore une fois, du temps supplémentaire...
Paulette Vigeant
Le 20 août 2000
Extrait d'un texte paru dans le journal Le Devoir.
Familles et Santé
Plan
Préambule : Appel d'une citoyenne malade
Plan
1- Introduction
Les familles tiennent à coeur plusieurs des questions qui concernent la santé
Les organismes familiaux et la santé
Les familles, les citoyens et la santé
2- Les points de vue des familles, des citoyens, des malades
Un phénomène nouveau : le citoyen internaute et la santé
Les problèmes en santé dans divers pays
Les problèmes québécois concernant la santé
Le rôle des médias
3- De quoi s'agit-il? Assurance santé ou assurance maladie
La prévention et les services
4- De qui s'agit-il? 8
5- Une politique de santé ou de services
Une politique des services
Les malades : bénéficiaires , clients ou usagers?
Le système
Les départs massifs d'infirmières et de médecins
La rémunération des actes médicaux
6- Regroupement des forces; centralisation : le CHUM
Vers un nouveau regroupement des forces
La Politique de la Santé et l'Internet
Centralisation : CHUM
7- Politique sociale ou politique des services sociaux
8- Applications
Bénévoles
Médecins
Infirmières
Leaders en santé
Éducation familiale et santé
Relations de travail
Période d'urgence santé
Une carte de Santé
Les familles , la santé et l'Internet
9- Conclusion
Familles et Santé
1- Introduction
Les familles tiennent à coeur plusieurs des questions qui concernent la santé.
Les familles sont constituées par les relations de filiation et de parenté. Les familles voient certaines questions de santé en les vivant par ces mêmes relations. Un parent tient à coeur la santé de son enfant en veillant à l'alimentation de celui-ci, tandis qu'un autre parent va se trouver à ressentir la maladie de son enfant en s'identifiant à celui-ci.
Plus largement, la plupart des familles se trouvent concernées par l'état de santé de chacun de leurs membres ou à l'inverse par la maladie d'un de leurs membres. Cela s'observe de multiples façons. C'est souvent dans les familles que les premiers symptômes des maladies sont observés. Les familles sont les premières à subir le choc ou les conséquences d'un accident qui arrive à un de leurs membres. Les membres des familles peuvent avoir connaissance des douleurs qu'un des leurs peut ressentir. Souvent, les inconvénients de la maladie ou les souffrances d'un membre d'une famille se trouvent partagées par les autres membres.
On s'attend à ce que les familles fassent tout cela. On blâme les parents qui ne prennent pas leurs responsabilités par rapport aux soins dont leur enfant peut avoir besoin, comme on accuse les familles qui négligent la santé ou le bien être de leurs membres.
Pour faire face aux déficiences de ces familles, une Politique de la Santé devra promouvoir leur propre prise en charge ainsi que des formes de solidarité entre les familles en y incluant celles qu'on dit déficientes .
Pour promouvoir une Politique de la Santé, il importe que les familles affrontent elles-mêmes des défis et conduisent elles-mêmes des actions qui leur sont propres. Les familles peuvent apporter des ressources considérables pour répondre à divers besoins en santé. Il se trouve que les familles désirent la santé pour leurs membres ou la guérison des maladies de ceux-ci. Par leurs comportements, les familles donnent à voir la santé comme un but à atteindre. Les familles en donnent des signes par leurs efforts pour soigner les malades à l'intérieur de leur maison, par leurs démarches pour recourir aux divers services de santé ou autrement.
Les familles agissent pour la santé de leurs membres, depuis la naissance des enfants, pour les jeunes, les adultes et les aînés, et souvent les familles assistent leurs membres jusqu'à leurs derniers moments quand ceux-ci se trouvent à mourir.
Les organismes familiaux et la santé
Les familles augmentent leur contribution à la solution des problèmes de la collectivité en matières de santé, en se regroupant entre elles dans des organismes familiaux.
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec, comptant quatre-vingt-un (81) organismes s'intéressant aux familles et aux politiques familiales, permet d'observer dans son membrariat divers types d'organismes familiaux ou à intérêt familial dont les actions se font en faveur de la santé ou de la prévention des maladies :
1- Des Maisons de grands-parents et des Maisons de parents qui excellent dans la prévention de divers maux. Par exemple : la dépression, l'isolement.
2- Des associations de parents d'enfants souffrants de certaines maladies spécifiques : les enfants souffrant de la maladie falciforme.
3- L'Organisation mondiale pour les familles - FAMILIS qui, par sa mission mondiale et multiculturelle, se soucie de santé au plan international.
Les familles, les citoyens et la santé
Au-delà des familles et des parents, dans ce qu'il y est convenu d'appeler la société civile, il y a les citoyens et leurs associations.
Les familles sont conscientes des problèmes de santé qui se posent dans la collectivité et qu'elles se doivent de contribuer à les résoudre. Par-là, les familles sont à considérer comme des ressources pour régler certains des problèmes de santé qui affligent l'ensemble de la collectivité.
Il faut se rappeler que les familles versent des milliards de dollars en taxes et en impôts à l'État. S'en souvenir aide à voir que les familles assument une bonne partie des dépenses publiques en santé. Et ainsi on peut mieux comprendre que les familles aient leur mot à dire sur les dépenses publiques en santé. Il s'agit là d'un fait majeur et facilement observable. Cela dit les apports des familles à la santé dans l'ensemble de la collectivité sont à considérer plus largement.
Les parents et les citoyens sont à considérer comme des alliés naturels. Les uns et les autres peuvent ainsi s'associer pour mettre de l'avant des solutions à divers problèmes concernant la santé publique. Les familles vont s'allier aux citoyens dans des actions communes en faveur d'une nouvelle Politique de la Santé. Les familles et les citoyens ont à faire en sorte qu'un nouveau climat de confiance s'installe dans le domaine de la santé, de manière à rassurer les malades et les aînés. Diverses formes de la collaboration entre les familles et les citoyens s'avèrent maintenant nécessaires pour développer le domaine de la santé. Il est désormais indispensable de développer et de promouvoir le point de vue des familles, des citoyens, des malades.
2- Points de vue des familles, des citoyens, des malades
Les familles sont en elles-mêmes des entités sociales. Elles ont des droits et des obligations par rapport à la société. Ce qui aide à voir, par exemple, qu'une mère ou un père d'un enfant sont autre chose que des aidants naturels pour leur enfant. Le fait que les familles soient des composantes de la société entraîne que celles-ci ont à faire valoir leur propre point de vue par rapport aux organismes de santé et aux services sociaux lesquels opèrent dans cette même société.
Il y a aussi le point de vue des citoyens sur ce qui se passe dans le domaine de la santé. Pour ce qui concerne la santé, le citoyen se voit lui-même en fonction d'un ensemble qu'il forme avec d'autres citoyens. Il a des droits et des obligations par rapport à cet ensemble, et il le sait. Un citoyen n'est pas seulement un individu et ses qualités de citoyen, il les exprime dans la vie publique. Ce qui fait que ses qualités et ses droits ne sont pas limités à sa vie privée , comme on le dit trop souvent. Plus encore, en démocratie, le citoyen est le premier auteur et le premier responsable de la Politique de la Santé.
Or, il arrive que le point de vue des familles et le point de vue des citoyens n'arrivent pas à se faire entendre d'une façon satisfaisante dans les questions concernant la santé.
Trop souvent, on entend plutôt des groupes divers lesquels parlent au nom du public , comme par une procuration qu'ils inventent eux-mêmes en fonction de leurs propres intérêts. On voit ainsi certains meneurs s'activer à rendre leurs demandes d'argent plus pressantes en alléguant que le bien des malades en dépend , mais sans avoir été élus ni mandatés par les malades eux-mêmes, ni par les familles de ces malades, ni par les citoyens.
Le citoyen peut considérer ce qui arrive à une personne malade ou souffrante. On le sait, à cause de sa maladie, un malade est affaibli, inquiet ou vulnérable. En plus, il craint de ne pas avoir une consultation ou un traitement.
Un malade est donc demandeur du fait de sa maladie.
Si on pense aux associations de malades, il est facile d'observer leur importance et leur efficacité. Mais il faut voir que les malades, eux, ne sont pas organisés, comme les gens qui forment des groupes d'intérêts, et que les malades n'ont pas de lobby politique comparable au lobby politique de ces gens de ces groupes. Les associations de malades ne peuvent pas agir et ne veulent pas agir comme certains groupes d'intérêts le font. Ces associations ne peuvent pas, sans se nier elles-mêmes, recourir à des menaces de démissions ni à d'autres moyens de pressions dont d'autres malades ou des tiers pourraient souffrir ou faire les frais de quelque manière.
À l'inverse du malade, le citoyen, lui, n'est pas demandeur.
Le plus souvent, il n'est pas inquiet, ni vulnérable et il est en possession de ses moyens. Il est un payeur de taxes, et c'est lui qui assume les frais du système public de santé. Il lui revient donc d'y regarder l'usage qui est fait de son argent. Il est en position d'exercer ses droits et de dire ce qu'il pense sur des questions de santé. Il est en mesure d'exiger les changements qu'il peut trouver opportuns pour une Politique de la Santé comme pour d'autres politiques.
Des groupes de citoyens peuvent s'organiser et intervenir avec force. Ces groupes sont capables de se donner un poids politique et mener des actions communes par rapport à divers problèmes qui peuvent se poser dans le domaine de la Santé. Ces groupes de citoyens sont aussi en mesure soit de discuter avec les groupes d'intérêts soit de s'en distancer, pour ce qui peut concerner ces groupes. Plus largement, les familles et les citoyens se doivent de se porter garants de tout ce que requiert une Politique de la Santé.
Un phénomène nouveau : le citoyen internaute et la santé
Ce qui est nouveau, si un citoyen est internaute, et la plupart des citoyens vont le devenir bientôt, c'est qu'il ne dépend plus autant de la télévision ou des médias de masse pour s'informer ou pour se faire une idée à propos des questions de santé. Il n'a plus à regarder ces programmes, où des cas pathétiques de certains malades se trouvent transformés en spectacles pour distraire les auditoires de la télévision.
Désormais, on le sait, l'internaute a accès à de nouvelles sources de connaissances en rapport avec la santé et les maladies. Il peut connaître les réalisations des autres pays en matières de santé. Il peut poser ses propres questions et surtout il peut traiter lui-même les connaissances qui se rapportent à sa santé à lui, à la santé des membres de sa famille ou bien aux conditions de la santé de l'ensemble de citoyens.
Des ensembles de citoyens internautes sont en mesure de s'intéresser aux affaires de la Santé, de s'y solidariser et d'y apporter des solutions et des ressources nouvelles. Exemples : ceux qui font des sites Internet dédiés aux connaissances concernant telles ou telles maladies ; la liste internationale des aînés francophones, lesquels échangent déjà des informations et des opinions sur les problèmes en santé au Québec et ailleurs dans le monde.
Il convient d'y voir une tendance majeure : un citoyen va vouloir élargir le champ de ses observations, franchir les frontières et aller vers de nouveaux horizons pour les questions de santé comme pour d'autres questions.
Les problèmes en santé dans divers pays
Ce qui conduit un citoyen à pouvoir reconnaître dès maintenant un fait massif autant qu'indéniable : les difficultés en matières de santé se manifestent dans divers pays, dans l'ensemble des autres provinces du Canada et non pas seulement au Québec. Il s'ensuit naturellement qu'un citoyen du Québec ne peut pas ignorer les responsabilités du gouvernement fédéral d'Ottawa par rapport aux difficultés en santé.
Des opinions et des tendances font désirer des baisses de taxes et d'impôts. Ces tendances se renforcent partout Amérique du Nord et aussi en Europe. On peut convenir que ce courant tend à limiter les fonds publics destinés à la santé. Ainsi, les origines d'une partie importante des difficultés en Santé sont à situer à l'extérieur du Québec, ce qui entraîne que des malades d'ici peuvent souffrir sans savoir que leurs souffrances et leurs attentes pour être soignés ont des causes lointaines. Ce qui entraîne aussi que des solutions aux difficultés actuelles peuvent venir d'ailleurs.
Un citoyen internaute peut consulter l'Internet à son rythme et à ses heures. Le citoyen internaute peut aussi choisir de faire porter son attention sur des périodes plus ou moins longues. Ce qui s'avère indispensable pour regarder les difficultés en santé, vu que les origines de certaines de ces difficultés remontent à plusieurs d'années.
Semblablement, les familles sont de plus en plus nombreuses à utiliser l'Internet. Leurs maisons sont des lieux où leurs membres peuvent découvrir et partager des connaissances concernant la santé. Les familles peuvent se former en réseaux pour traiter de nombreuses questions concernant la Santé. On peut en voir un modèle à regarder en l'Organisation mondiale pour les familles - FAMILIS, laquelle a son siège à Montréal. Cet organisme regroupe déjà des ressources familles d'une quinzaine de pays et il relie des multitudes d'institutions et d'organisations, tout en développant un site sur Internet. Les familles du Québec peuvent déjà s'y joindre aux familles du monde dans de nouveaux efforts à faire pour une Politique de la Santé.
Cela étant dit, on en vient à regarder plus profondément ce qui se passe en santé chez-nous , au Québec même.
Les problèmes québécois concernant la santé
D'autres difficultés en santé ont leurs origines au Québec. Certains problèmes actuels sont à relier à ce qui s'est passé en santé, il y a vingt ou trente ans. Les aînés sont nombreux à s'en souvenir. Les Québécois savent très bien que leur gouvernement quelque que soit le parti qui se trouve au pouvoir - joue un rôle capital dans les affaires concernant la santé.
Ce qui ne veut pas dire que ce gouvernement soit le seul à intervenir dans nos affaires de santé. Il est réaliste de garder à l'esprit que des organismes et des groupes divers y interviennent eux aussi et qu'ils le font pour des enjeux considérables et de mille manières. Exemples : le Collège des médecins, les Syndicats, les Régies , les Universités, les Associations de cadres et autres groupes aussi.
Le rôle des médias
On ne peut pas sous-estimer l'intervention des entreprises de télévision et de médias quand il s'agit d'une Politique de la Santé. On le sait, ces entreprises font des représentations et des images des difficultés en santé, mais il importe aussi de porter attention au fait qu'elles le font en s'associant à des masses d'auditeurs.
Elles diffusent des mises en scènes de solutions aux difficultés en santé, en même temps qu'elles complimentent leurs auditoires et donnent à regarder des attraits divers par lesquels elles s'attirent les immenses masses que ces auditoires constituent.
Ce faisant, et en ayant l'allure de quelqu'un qui parle au nom de ces immenses foules, ces entreprises elles-mêmes s'en trouvent propulsées jusqu'aux sommets de la société. Elles-mêmes y deviennent des géants incontournables pour les questions de la santé comme pour l'ensemble des questions politiques. On les voit développer une vision qui leur est propre, exercer un véritable contrôle social ainsi qu'un pouvoir politique réel, lequel pouvoir s'impose aux autres pouvoirs, y compris aux pouvoirs des gouvernements. Ces entreprises y recherchent naturellement leurs intérêts propres ou bien les intérêts des groupes ou des partis qu'elles veulent favoriser.
Bien remarquer que ce qui est en cause ici c'est le mode de rapport de ces entreprises avec leurs foules d'auditeurs et non pas les convictions personnelles de tels ou tels journalistes ou animateurs qu'on voit sur les écrans. Ici l'essentiel, c'est de prendre en compte le fait majeur que les entreprises de télé et des médias de masse exercent un pouvoir politique réel par rapport aux difficultés en santé au Québec. Les discours sur les difficultés en santé s'en trouvent influencés. Par ailleurs, il faut voir aussi que les exigences de la santé s'y confrontent à des émotions très fortes dans la mesure où d'immenses foules d'auditeurs y interviennent puissamment. Il semble que certains malades peuvent y réagir négativement, et il en va de même pour les jeunes enfants...
Par ailleurs, il serait peu informé celui qui oublierait que la santé est maintenant devenue une sorte de gros ballon politique que les gens des divers groupes ou partis se renvoient entre eux. Des questions importantes pour la santé s'en trouvent subordonnées à d'autres questions, lesquelles sont mises de l'avant ou repoussées par les uns ou les autres, au hasard des circonstances. Plus encore, vu que les entreprises de télévision y interviennent en toute connaissance des rivalités politiques, les difficultés en santé se changent ainsi en des péripéties instantanées pour lesquelles des représentations de solutions tout autant instantanées sont diffusées, proposées ou même exigées sur-le- champ. Et par-là, les citoyens peuvent comprendre les tournures prises par certains enjeux d'une Politique de la Santé et vouloir en tenir compte.
3- De quoi s'agit-il? Assurance santé ou assurance maladie
Il s'avère nécessaire de constater d'abord que la Santé elle-même, c'est-à-dire l'objet principal de cette politique, cela même qu'il s'agit de regarder maintenant, est un objet qui reste à définir.
Pour s'y appliquer, le lecteur a intérêt à jeter un coup d'oeil à une Carte Soleil . Il s'agit de cette carte magnétisée ayant un fond de couleur brique sur lequel un soleil blanc se détache. Chaque Québécois doit la présenter dès son arrivée à l'hôpital ou plus souvent au secrétariat du médecin, chaque fois qu'il s'y rend pour une consultation. Il s'agit là d'une pièce toute petite, mais elle joue un rôle stratégique. Car chaque citoyen y trouve des conditions de son entrée et de son accès aux divers services de santé. Et un citoyen peut ainsi examiner voir comment le système de santé se trouve à percevoir l'utilisateur de ses services.
Or on peut y faire des observations étonnantes. D'abord celui qui veut imaginer une Politique de la Santé, va naturellement chercher le mot santé sur cette carte. Mais il se trouve à le faire vainement. Le mot santé ne s'y trouve pas ni au recto ni au verso!
Puis on peut constater que l'expression assurance-santé ne s'y trouve pas non plus. C'est plutôt l'expression assurance-maladie qu'on peut y trouver. (Une assurance-vie ou une assurance-mort). Celle-ci y apparaît dans les mots numéro d'assurance-maladie , lesquels sont imprimés en petites lettres blanches. Pour autant que le mot santé et le mot maladie signifient des réalités contradictoires, on se dit que les auteurs de cette carte n'avaient pas la santé à l'esprit quand ils ont conçu celle-ci.
C'est une Politique de la Maladie qui s'exprime sur cette carte et non pas une Politique de la Santé. Comme des exemplaires de cette carte sont distribués à tous les Québécois, l'idée d'une sorte de Politique de la Maladie s'en trouve suggérée et diffusée à tous.
De plus, on ne peut pas manquer de constater que cette carte-là n'est pas la propriété du citoyen. Malgré qu'à regarder cette carte une personne puisse y voir sa photo et sa signature, cette carte demeure la propriété de la Régie de l'assurance-maladie , comme on peut le lire au recto de celle-ci. Par conséquent, cette carte est à prendre comme un élément d'un fonctionnement lequel se trouve assuré par les régisseurs de cette Régie.
Et avoir cette carte en main équivaut ainsi à avoir cette Régie comme propriétaire et à se voir soi-même comme une sorte de locataire.
Face à cela, on peut certes imaginer naturellement une autre sorte de carte laquelle serait la propriété de chaque citoyen et ferait état de ses droits, mais n'anticipons pas.
Par ailleurs, cette sorte de politique de la maladie ressort aussi sous bien d'autres formes. C'est qu'un grand nombre de programmes et d'efforts fournis dans les services dits de santé opèrent en fonction des maladies plutôt qu'en fonction de la santé, comme les services sociaux le font, vu que ceux-ci concentrent sur les problèmes sociaux plutôt que sur la prévention de ces mêmes problèmes.
Pour autant qu'une telle politique de la maladie tende à prévaloir, les malades, eux, ne sont pas ignorés, et ils y peuvent y recevoir des soins, mais ils sont alors perçus comme des cas pouvant appartenir ou non à telle ou telle pathologie . Exemple : une personne malade peut y être perçue comme un beau cas d'angine , et cela sans qu'elle-même puisse voir ce qu'il y a de beau dans les douleurs qu'elle ressent. Il arrive aussi que les malades deviennent alors comme des sujets soumis à l'autorité exclusive de tel ou tel médecin spécialiste. Par exemple, un malade y devient un patient du Docteur Untel , spécialiste dans une des spécialités de la science médicale. Noter ici comment un malade acquiert ainsi un nouveau trait qui lui est attribué par la science du Docteur Untel et non par sa condition propre.
La prévention et les services
De plus, les efforts de prévention paraissent secondaires à l'intérieur de tels services ou bien ces efforts y sont marginalisés ou laissés à des organismes externes. Puis, la part des ressources financières accordée à la prévention y apparaît minime par rapport à la part accordée aux activités curatives. Les luttes pour la prévention du tabagisme en sont un exemple que tous peuvent observer. Elles n'émanent pas assez souvent de l'intérieur des services de santé ni de l'actuel système de santé, malgré que les professionnels qui y travaillent sont ceux qui connaissent le mieux les maladies graves et nombreuses que la cigarette engendre et malgré que des multitudes de citoyens perdent leur santé à fumer ou en meurent. Comme si, de quelque façon, les maladies causées par le tabagisme y prenait plus de place que la santé qu'on peut conserver quand on s'abstient de fumer ? Ce qui fait ressortir le besoin chercher des alternatives plus favorables à la prévention dans une Politique de la Santé.
4- De qui s'agit-il?
Une Politique de la Santé peut se fonder sur les familles, sur les citoyens et sur les malades eux-mêmes. Les malades eux-mêmes, les familles et les citoyens sont les premiers fondements d'une Politique de la Santé.
Dans une telle Politique, les lois, l'organisation et les divers moyens n'existent que pour la prévention, la guérison, le soulagement des souffrances que les citoyens subissent du fait de la maladie ou d'accidents ainsi que pour le développement de leur santé et pour les satisfactions qu'ils peuvent avoir à se trouver en santé. Les professionnels de la santé ainsi que leurs leaders y tiennent certes une place importante, mais ni le système , ni la systématisation , ni le fonctionnement des activités n'y sont perçus comme des fins en soi.
Mais il faut bien reconnaître qu'un telle Politique de la Santé n'arrive pas à s'imposer présentement. Trop de malades se plaignent des services de santé. Bien sûr, on se doit de tenir compte du fait que certaines gens s'en plaignent faussement et que les hypocondriaques existent depuis toujours. Mais actuellement trop de difficultés impliquent des malades, pour que les citoyens puissent considérer qu'une telle Politique de la Santé peut prévaloir dans les services dits de santé.
Pourtant, vouloir faire face à ces difficultés, en faire l'analyse ou tenter d'y trouver des solutions nouvelles ne revient pas à dire que tout est mauvais dans le domaine de la santé au Québec. On peut mieux évaluer les difficultés réelles, leur gravité et leur extension, si en même temps, on garde à l'esprit certains traits positifs de la présente façon de traiter les malades. Notamment, on se doit de garder à l'esprit les traits positifs suivants :
1- Le caractère universel de la politique actuelle lequel tend à assurer des soins aux démunis aussi bien qu'aux gens à hauts revenus. Il s'agit là d'orientations majeures et d'une certaine vision qui fait considérer tous les malades sans exception. Ce qu'il ne faut pas confondre avec le système en place , quoique certains n'évitent pas cette confusion-là.
2- Le respect acquis par les infirmières aux yeux de l'ensemble des Québécois.
3- Les technologies nouvelles qui sont accessibles ici et qui permettent de nombreux exploits par la microchirurgie ou autrement.
4- Et disons-le, il y a le fait majeur qu'à plusieurs égards, les efforts en santé au Québec peuvent encore se comparer, parfois favorablement, avec les efforts des pays ayant des ressources humaines et économiques qui sont équivalentes à nos ressources à nous. N'allons pas oublier que plusieurs de nos hôpitaux se retrouvent à l'avant-garde parmi les hôpitaux du monde.
Puis, il faut reconnaître l'expertise et les attitudes envers les malades, lesquelles se voient chez des infirmières et des médecins, quand on les observe individuellement. Mais l'examen de ces qualités individuelles dépasserait les limites du présent texte. Car ici il s'agit de regarder d'autres phénomènes lesquels sont plutôt collectifs et semblent en rapport avec des difficultés en santé, lesquelles concernent des ensembles de gens.
5- Une politique de santé ou de services
Une politique des services
Mais qu'est-ce donc qui domine présentement nos affaires concernant la santé ? Disons que ce qui est mis en place, ce n'est pas une Politique de la Santé !!! C'est plutôt une Politique de services de Santé .
Bien remarquer ce mot services et se disposer à voir des phénomènes qui s'y relient, vu qu'il y a là ce qui s'avère tout à fait déterminant pour comprendre ce qui nous arrive.
Au passage, noter qu'au Québec, le Ministère qui est le plus concerné par nos difficultés en santé s'appelle Le Ministère de la Santé et des Services sociaux . Donc il faut constater qu'ici, il n'existe pas de Ministère des services de santé!
Noter aussi que la présente Commission mise en place pour enquêter sur ces difficultés s'appelle une Commission sur les services de santé... Ce qui laisse observer que celle-ci ne se nomme pas une Commission sur la Santé!
Pour s'y retrouver voir d'abord qu'avec une politique dit de services, on obtient une politique qui se définit en fonction d'unités ou d'organismes qui sont formellement constitués et qui se posent comme tels devant le reste de la société. Ainsi ce sont les professionnels des dits services , qui se trouvent placés au centre des actions à faire, des gestes ou des actes à poser, et que de ce fait les malades, eux, ne s'y trouvent pas placés de la même manière.
Ainsi, à se définir principalement en fonction services , un hôpital devient comme un gros centre de professionnels ou une grosse unité qui existe pour que les professionnels de la santé puissent y exercer leurs disciplines ; et pour autant une telle unité ne peut plus se déterminer principalement par rapport aux malades eux-mêmes. Bien sûr, les malades y sont pris en considération, et y reçoivent des soins, mais cela leur est accordé en fonction des prestations de ceux qui offrent les dits services comme en fonction de la rémunération, et des conditions de travail faites aux professionnels de ces services.
Plus encore, de nos jours, ce services signifie non pas seulement ni même d'abord des gestes à poser par les professionnels eux-mêmes, mais bien plutôt l'organisation de ces mêmes gestes par des gestionnaires ou par les régisseurs, soit par les gens de la Régie .
Par-là, ce mot services en vient, en définitive, à signifier l'encadrement des activités d'une unité de professionnels ou celui d'activités professionnelles. Et par des tels arrangements, un contrôle s'étend ensuite non seulement sur les professionnels mais aussi sur d'autres groupes humains, groupes d'employés ou de malades, lesquels groupes se côtoient dans un hôpital ou dans une unité dite de services .
Les malades : bénéficiaires , clients ou usagers?
Par ailleurs, ce régime des services répand une certaine perception de l'ensemble des malades ainsi qu'un vocabulaire, lesquels s'imposent à l'attention.
Les malades y sont appelés les bénéficiaires des services dits de santé , c'est-à-dire qu'ils sont alors désignés comme des êtres auxquels des bienfaits sont donnés par d'autres qu'eux-mêmes. Des êtres qui dépendent de ce que les autres font ou plus précisément de ce que les autres organisent ou font fonctionner à leur intention. À ce propos, il faut préciser qu'il est vrai de dire que le plus souvent les activités y sont faites pour les malades , mais qu'il n'est pas vrai de dire qu'elles sont toujours faites exclusivement pour les malades eux-mêmes .
Il se trouve que les professionnels bénéficient eux aussi de ces activités-là. Ce qui apparaît notamment quand il est dit les malades sont des clients . Car, alors, les malades peuvent alors être considérés comme étant ceux qui requièrent des services de professionnels, moyennant la rétribution de ceux-ci , puisque c'est là la signification donnée à ce mot clients dans le dictionnaire.
Ensuite les malades y sont appelés les usagers des dits services , comme on le dit très souvent, ce qui est révélateur. Il s'agit là d'un maître mot dans l'ensemble des organismes de santé. Mais les malades eux s'en trouvent situés dans l'utilitaire, autrement dit, dans un fonctionnement , ou bien dans des rouages administratifs. L'inconvénient, c'est que ce mot usagers donne à voir que les malades viennent y utiliser des services de santé , comme d'autres vont utiliser le métro... La souffrance, l'inquiétude et d'autres aspects essentiels de la condition des malades ne ressortent pas tellement à percevoir ceux-ci comme des éléments d'un environnement utilitaire et fonctionnel.
De plus, en pratique, ce mot services laisse souvent entendre que l'argent en constitue un facteur déterminant. Dans certaines des difficultés actuelles, l'argent paraît ressortir même comme le principal motif qui entraîne certains groupes d'intérêts.
Il y a là ce qui vient enclencher le ralentissement ou l'arrêt des activités de certains services de santé. Dans le même genre, il y a aussi les menaces de départ pour les États-Unis, lesquelles sont formulées par des spécialistes. Puis, il arrive que de telles difficultés s'enclenchent quand une annonce ou une rumeur fait croire à un éventuel surplus budgétaire du gouvernement. Ce sont de tels faits qui font croire que l'argent intervient alors comme un facteur déterminant dans certaines des difficultés de ces services . Devant de tels faits, tout le monde comprend qu'il ne s'agit pas là de services qui seraient rendus gratuitement, ni de services entre des proches, ni de services qu'on rend pour des raisons exclusivement humanitaires.
Le système
Remarquer aussi le mot système . Chez ceux qui parlent des services de santé, ce mot système revient assez souvent pour obliger tout observateur à y porter attention. Dans un premier temps, ce mot peut faire entrevoir une sorte d'organisation énorme et tentaculaire. Mais ce mot système se trouve à circuler aussi dans les conversations et dans l'opinion. Ainsi par recours généralisé au mot système , la santé elle-même y prend l'allure une logique, d'une systémie plus ou moins abstraite, une affaire faite de ratios , avec un formalisme qui se veut rigoureux, et des apparences d'une efficacité uniforme pour tous. Pourtant, plusieurs faits font voir que ce qui est réellement en cause, ce n'est pas de ce pourrait relever seulement de la raison pure.
C'est que ces faits indiquent que le dit système se caractérise aussi fortement par les volontés ou par les désirs de divers groupes. Par exemple, ce sont les arrangements ou les désaccords entre divers groupes d'intérêts qui vont déterminer l'état du système dans un hôpital. Selon les circonstances, un tel groupe qui trouve que la situation dans son hôpital est conforme à ses intérêts va alors se porter à la défense du dit système ou bien, tout contraire, ce même groupe va dénoncer ce système s'il trouve que cette situation n'y est pas conforme à ses intérêts. Ainsi ce système laisse souvent observer des affrontements de désirs, dont des conflits ou des arrangements sont les péripéties aléatoires. Tandis que le dysfonctionnement s'y laisser observer.
Cela dit, bien entendu, ce système ne peut pas tout, tout englober, ni tout contrôler, ni tout filtrer. Des personnalités peuvent ne pas s'y conformer. Mais à la longue, ce qui s'installe et ce qui prévaut trop souvent, c'est autre chose.
Par un tel système de services, les malades deviennent des éléments à gérer parmi d'autres éléments. Ils se retrouvent ainsi sous des formes de contrôle que des opérateurs se trouvent à exercer, en disant des mots tels que planification , rationalisation ou d'autres expressions ou termes équivalents. Une exhibition navrante vient d'en être faite.
Les départs massifs d'infirmières et de médecins
Ce système s'est lui-même mis à nu quand il a enclenché les départs à la retraite pour de très nombreux médecins et infirmières et cela à la grandeur du Québec. Ce système les a alors ouvertement incités à partir massivement en leur faisant miroiter et en leur versant des allocations de départs vers la retraite. Les opérateurs de ce système ont alors cru pouvoir précipiter tous ces départs d'infirmières et de médecins en tenant compte seulement de leur âge et en ignorant leur expérience, leur expertise et parfois même le leadership qui les rendait irremplaçables à la tête des départements et des équipes en plein travail!
Alors on a pu constater que les infirmières et les médecins y étaient traités eux aussi comme des éléments interchangeables à gérer uniformément ! Ensuite, les Québécois s'en sont trouvé bouleversés, à constater que la planification dont des opérateurs de ce système parlent souvent n'avait pas prévu les remplacements de tous ces médecins et infirmières. Et le manque de médecins et d'infirmières qui en est résulté directement se trouve à sévir encore gravement dans plusieurs hôpitaux et régions.
Cela dit, il faut voir aussi comment ce système se manifeste aussi dans des choses moins choquantes, mais quand mêmes significatives.
La rémunération des actes médicaux
Certaines des difficultés en de santé se préparent sous les yeux de tous, mais sans que personne n'y porte attention. Ainsi tous les Québécois entendent et connaissent les petits clics produits par une imprimante mécanique appelée la Castonguette . Dans les conversations, ce mot clic sert seulement à nommer le mode de rémunération à l'acte des médecins et nul ne s'en soucie. Avant chaque acte du médecin, le patient présente sa carte assurance-maladie, et la secrétaire du médecin insère alors cette carte dans cette imprimante et elle actionne celle-ci. Geste qui paraît banal et ne pas avoir de rapport avec nos difficultés en santé. Mais il faut y voir de plus près.
Pour saisir une dimension essentielle de ce mode de paiement des médecins, il faut et il suffit de savoir qu'un médecin y gagne plus d'argent quand il fait un plus grand nombre d'actes médicaux. Plus il y a de clics, plus il y a d'argent pour un médecin. Ce qui porte à conséquences. Certains des médecins préfèrent alors naturellement les actes rapides et simples à faire et ils tendent à laisser aux hôpitaux les actes plus longs ou plus complexes. La complexité d'un traitement commence ainsi à devenir un motif pour envoyer un malade à la salle d'urgence d'un hôpital !!! Puis par la répétition quotidienne de tous ces actes comme par la force de l'habitude, la complexité d'un traitement et la salle d'urgence d'un hôpital en viennent à se confondre dans les esprits.
Pour ces médecins, visiter leurs patients à domicile devient moins attirant. Le temps requis pour les déplacements peut paraître réduire un temps plus précieux, pendant lequel ils peuvent faire de telles actes médicaux à leur bureau.
Les patients eux-mêmes s'en ressentent. Leurs maladies s'y ramènent aux symptômes qui peuvent se diagnostiquer rapidement. Et ils s'y retrouvent moins enclins à développer leurs relations avec leur médecin, à sentir que celui-ci est pressé ou minuté . Et les médecins, eux-mêmes, y deviennent des opérateurs du système en place. L'acte médical lui-même s'en trouve comme standardisé, rétréci sinon découpé en parcelle. Et cette médecine à l'acte s'impose aussi à la médicine spécialisée comme aussi dans les hôpitaux...
Par ailleurs, tout cela se fait, à l'année longue, et cela remonte jusqu'aux années 70, malgré qu'à cette époque nul n'ait pu en prévoir les implications.
Ce qui n'empêche sans doute pas les malades de souhaiter encore pouvoir voir et parler à un médecin, mais sans les contraintes du système et sans celle de ce mode de rémunération. Un acte médical , dans lequel l'élément médical est ainsi limité, est un acte qui ne satisfait pas les malades. Ce que les malades recherchent c'est autre chose. Ils veulent voir un docteur . Autrement dit c'est un médecin qu'ils recherchent, un médecin qui peut exercer pleinement son art et sa science et entrer en relation avec son malade.
6- Regroupement des forces, centralisation : CHUM
Les familles, les citoyens et les observateurs peuvent distinguer deux façons de faire pour faire face aux problèmes actuels et pour réaliser les développements à venir dans le domaine de la Santé.
La 1ière façon : c'est celle d'un nouveau regroupement de l'ensemble des forces.
La 2ième façon : c'est celle d'un regroupement ou d'une centralisation des services . Ici il s'agit de regarder l'un et l'autre.
Pour commencer, on va décrire un nouveau regroupement des forces et des ressources qu'une Politique de la Santé rend nécessaire désormais. Y voir des ensembles et des groupes de citoyens, de familles et de malades se concerter et s'organiser eux-mêmes par rapport aux enjeux de la santé. Et remarquer qu'il y a là ce qui est tout différent d'un regroupement qui inclut plutôt des services ou des organisations de professionnels de la santé.
Vers un nouveau regroupement des forces
Bien remarquer que les familles, les citoyens et les malades eux-mêmes constituent les fondements et les auteurs d'une Politique de la Santé. On le sait, tous tendent naturellement à s'occuper de leur santé personnelle. De plus, tous se doivent de défendre leurs points de vue et leurs intérêts communs par rapport aux dimensions financières, sociales, publiques et politiques de la santé.
Puis on apprécie mieux ce nouveau regroupement à considérer que les points forts d'une telle Politique de la Santé sont les suivants :
1- L'éducation ainsi que l'information des enfants, des jeunes et des adultes concernant la Santé.
2- L'éducation des familles pour que celles-ci contribuent encore davantage à la santé de leurs membres.
3- Les apports des citoyens et des familles dans la prévention des maladies et des accidents.
4- L'amélioration et le perfectionnement des soins prodigués par les familles à leurs membres, des soins prodigués par les parents à leurs enfants ainsi que le renforcement de l'assistance apportée par des parents à leurs enfants handicapés ou à leurs proches qui perdent autonomie.
5- La poursuite d'objectifs en santé par les regroupements de parents et de familles, par les groupes de jeunes et les groupes de citoyens et par les associations de malades.
6- L'esprit et la méthode de la prise en charge par laquelle les gens qui sont concernés par des questions ou des problèmes de Santé tendent à s'en occuper eux-mêmes, par leurs propres moyens et en s'y entraidant entre eux.
7- L'accent à mettre sur les initiatives des citoyens, des familles et des malades pour faire valoir leurs propres points de vue aux yeux des professionnels, pour agir comme des partenaires auprès de ces professionnels et pour coopérer avec les organisations de professionnels dans la poursuite des objectifs d'une Politique de la Santé.
8- L'accroissement des fonds publics à accorder aux organismes des familles, des citoyens et aux associations de malades pour intensifier leurs travaux en faveur de la Politique de la Santé.
Le plein exercice des responsabilités collectives des citoyens, des familles et des malades eux-mêmes à la définition des politiques et des règles reliées à la santé, par rapport à la formation de l'opinion publique relative à la santé et par rapport aux hôpitaux et aux autres établissements ou services de santé.
9- La prise en charge des situations d'urgence reliées à la santé est doit être assumer par l'ensemble des citoyens, des familles et des malades eux-mêmes.
À ce propos, noter la nécessité de porter un nouveau regard sur ce qu'on appelle l'urgence .
Il se trouve que les citoyens et les familles ont à considérer qu'une urgence , c'est une condition où se trouve un malade et à laquelle il faut absolument et immédiatement apporter un traitement ou une aide. Il arrive que le plus souvent des citoyens ou des familles qui se trouvent les premiers en contact avec un malade ou un accidenté dont la condition requiert une aide immédiate. Souvent les uns et les autres sont eux-mêmes sur le lieu où un accident se produit ou bien ils en sont plus proches que quiconque. Souvent ils y sont même avant les techniciens ambulanciers. Et l'intervention des citoyens et des familles dans des situations d'urgence s'impose comme une évidence, à considérer que souvent la condition d'un accidenté ou d'un malade interdit d'y perdre une seule minute ou même une seule seconde. Les conséquences en sont nombreuses et importantes. La santé publique exige que des informations et des formations soient offertes aux citoyens et aux familles afin que les uns et les autres assument mieux leurs responsabilités et leurs rôles par rapport à des malades ou à des accidentés en situation d'urgence.
10- Les familles et les citoyens ont à tenir compte des situations d'urgence à être traitées par des professionnels de la santé. Concernant de telles situations, les familles et les citoyens ont à se prémunir contre un certain usage du mot urgence par lequel il leur est signifié que l'urgence peut se restreindre aux seules dimensions d'une salle physique ou à des corridors adjacents à cette salle et situés dans un hôpital. Or, les citoyens et les familles ne peuvent pas satisfaire d'une compréhension aussi restreinte de l'urgence .
Pour eux, la condition d'un malade ou d'un accidenté, laquelle requiert un soin immédiat, est une condition qui implique la responsabilité de l'ensemble des professionnels de la santé et non pas seulement celle des professionnels qui pratiquent leurs professions dans une salle physique. Et pour eux, une telle condition d'urgence chez un malade souffrant ou accidenté constitue ce qui détermine rigoureusement le jour ou l'heure du soin qu'il faut lui donner absolument et immédiatement. En clair, les citoyens et les familles ont à revendiquer qu'un tel soin à prodiguer par des professionnels soit rendu accessible durant les fins de semaines, durant les vacances et non pas seulement sur semaine, ni de 9 à 17 heures seulement.
11- Puis, les citoyens et les familles ont à prévoir que de tels élargissements de l'accès à des soins immédiats durant les fins de semaines ne pourront peut-être pas s'obtenir à court terme. Par conséquent il leur faut envisager des alternatives.
Notamment, ils ont à définir, à faire définir, à réclamer et à faire voter une Politique de l'Urgence destinée à améliorer les pratiques des professionnels de la santé pour ce qui concerne l'accès à des soins immédiats à donner à des malades souffrants ou accidentés. Puis ils ont à trouver des moyens efficaces pour réduire les souffrances ou pour les encourager à les supporter. Ainsi, ils ont à faire en sorte que soient offerts des cours ou des informations sur les façons de faire face à la douleur.
12- D'une façon plus générale, les citoyens et les familles ne peuvent plus rester passifs ou indifférence face à divers dysfonctionnements du système actuel des services de santé. Désormais, il leur faut assumer plus pleinement leurs responsabilités propres en matières de santé et il leur faut examiner les alternatives possibles face à certains de ces dysfonctionnements.
La Politique de la Santé et l'Internet
Pour appliquer une Politique de la Santé, dès aujourd'hui mais plus encore dans les années à venir, des regroupements et associations de familles, de citoyens et de malades sont à considérer en tenant compte de ce que l'Internet et les nouvelles technologies peuvent leur apporter.
C'est que désormais, avec l'Internet et l'informatique, on voit apparaître de nouvelles manières de se responsabiliser par rapport à la santé. Il arrive que les citoyens et les familles internautes parviennent à obtenir et à traiter par eux-mêmes des informations concernant leur santé personnelle ou concernant la santé publique. Dorénavant, on voit de nouvelles formes et de nouveaux moyens de créativité et d'autonomie par rapport à la santé. Une auto santé nouvelle se profile diversement.
En même temps, des informations pouvant éclairer les citoyens sur leur santé, sur leurs maladies, sur leur prévention ou sur leur guérison peuvent leur devenir facilement accessibles, même si les sources d'où ces informations leur viennent se trouvent situées à distance ou en dehors du Québec. De nouveaux conseils, de nouvelles expertises et ressources en santé y deviennent accessibles directement aux familles, citoyens et malades, en provenance de divers points de la planète et cela en tout temps, y compris durant les fins de semaines.
En fait, de même que des médecins sont déjà à développer des formes de télémédecine par l'Internet et par l'informatique, de même des citoyens, des familles et des malades sont déjà à établir des bases et à se donner des moyens pour développer des formes de télésanté , par l'Internet et par l'informatique.
À ce propos, il est opportun de citer un des organismes du Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec. Il s'agit l'Organisation mondiale pour les familles , laquelle se nomme aussi FAMILIS . Son siège social est à Montréal. FAMILIS compte déjà quinze pays membres ainsi que de nombreux organismes. En raison de son caractère international, il va de soi que FAMILIS est en mesure d'enclencher ou de favoriser des projets de développements, lesquels se font selon les priorités des divers pays. Ainsi il est tout naturel que la branche québécoise de FAMILIS envisage de se porter en pointe pour favoriser une Politique de la Santé.
FAMILIS peut estimer devoir rechercher et offrir des solutions ou des perceptions nouvelles par rapport à certaines des difficultés en de la santé au Québec.
Le manque de médecins dans les régions du Québec peut se comprendre - du moins partiellement - et être envisagé d'une nouvelle façon, quand on le relie au manque de médecins dans les pays du tiers-monde.
Notamment, il devient alors intéressant de regarder vers des organismes tels que Médecins sans frontières ou bien Médecins du monde . Il se trouve que ces organismes réussissent à trouver des médecins et à assurer des services de santé jusque dans des pays en guerre et dans les régions les plus lointaines et les plus pauvres du monde. De leur côté, une certaine conception de la relation du médecin aux malades et de la pratique de la médecine s'y manifestent ainsi. Et surtout un certain esprit se laisse voir par lequel on pourrait apprendre à trouver des médecins pour les régions éloignées du Québec. Il en va d'une façon identique pour les infirmières.
Dans ces organismes, on peut apprendre aussi de façons nouvelles de faire appel aux citoyens et aux familles dans des situations d'urgence de nature affliger des multitudes de gens, tels des cataclysmes. Par exemple, on peut y retrouver face aux maladies et aux épidémies des formes de solidarités semblables à celles que les Québécois ont démontré face au verglas.
Une Politique de la Santé s'envisage ainsi comme ce qui requiert l'apport et le regroupement de tous les Québécois en vue du soin à donner aux malades.
Par ailleurs, à pouvoir participer aux travaux de la présente Commission, FAMILIS peut lui-même se disposer mieux à relever des défis nouveaux en rapport avec une Politique de la Santé au Québec, comme ailleurs dans le monde.
Cela dit, on mesure mieux le chemin qui reste à parcourir pour se donner une telle Politique, à revenir à la situation actuelle et à se retrouver face au système en place. Surtout qu'on peut le faire en regardant un modèle lequel est lui-même intéressant en lui-même et lequel semble illustrer l'ensemble de ce système.
Centralisation : le CHUM
Il faut ouvrir les yeux tout grands pour regarder deux centres qui s'annoncent maintenant: le CHUM et le futur Centre de soins de l'Université McGill. Ces deux centres se caractérisent tous deux par leurs grosseurs et ils apparaissent à peu près en même temps, ce qui fait croire qu'ils sont les produits grand format d'un même système. De plus, celui-ci s'y manifeste lui-même comme à son apogée, et à y porter attention on peut accéder à des enjeux majeurs et actuels du domaine de la santé.
Pourtant nul ne risque de s'y perdre dans des questions qui seraient immatérielles ou trop vagues. Bien au contraire, de très grosses questions d'argent, lesquelles sont incontournables, font déjà voir les caractères tangibles et perceptibles du CHUM. Pour limiter le présent mémoire, seul le cas du CHUM va être observé dans ce qui suit, même si le cas de McGill est semblable. L'argent parle (Money talks) comme disent les Américains. Et les coûts prévus pour un établissement hospitalier que ce CHUM entend construire sont autant de mesures observables pour évaluer celui-ci.
Il se trouve que des dépenses de 800 millions de dollars sont déjà prévues pour construire cet établissement-là. Mais en pratique et à par expérience, il faut considérer que sa construction et ses autres frais vont dépasser très largement ce montant de 800 millions de dollars. À ce propos, se rappeler le Stade Olympique.
Doit-on le remettre en question sur une question de coût ?
Un examen attentif du CHUM lui-même reste nécessaire, vu qu'un tel examen aide à comprendre ce qu'on appelle le système . Car ce CHUM se présente comme un modèle très gros et très voyant de certains problèmes que l'actuel système de services se trouve à générer sur une grande échelle.
D'un côté, les lettres C-H-U-M constitue un sigle, lequel sert à signifier Centre hospitalier de l'Université de Montréal . Pour saisir que ce qui est ainsi signifié, il faut déjà savoir que les lettres C et H y représentent respectivement le mot Centre et le mot hospitalier et qu'à se combiner ces deux lettres représentent l'expression Centre hospitalier . Or cette expression-ci a une signification, tandis que le mot hôpital à une autre signification, ce qui indique qu'un tel centre hospitalier s'avère fort différent d'un hôpital. Incidemment, il y a là ce qui peut concerner non seulement le dit CHUM mais aussi d'autres Centres hospitaliers au Québec comme ailleurs...
Pour voir leurs différences, il importe de commencer par porter attention au mot hôpital . Il arrive que le mot hôpital à la même étymologie que les mots hôte et hospitalité . De plus, depuis des siècles, un hôpital désigne un édifice dont on sait qu'il est fait spécialement pour accueillir, loger, nourrir et soigner des personnes malades. Et ainsi à inclure tout à la fois l'accueil, le logement, les repas et les soins, un hôpital se détermine globalement selon les besoins les plus essentiels des malades eux-mêmes. Puis, pour l'essentiel, ce mot hôpital , tous savent l'associer à des souffrances d'une maladie, à leurs traitements, à un séjour que la maladie impose à quelqu'un, loin de ses proches ou en dehors de sa maison.
Il faut regarder avec plus d'attention encore ce mot Centre lequel est le tout premier mot de cette périphrase. Il faut bien réaliser que c'est un Centre et non pas un hôpital qu'on dit vouloir faire. Mais alors, comment éviter de demander : S'agit-il d'y faire converger ou d'y centraliser beaucoup de personnes? Veut-on y faire venir des grands nombres de malades dans une même salle d'urgence, ou dans les mêmes corridors? Combien de médecins spécialistes et de professionnels veut-on y faire cohabiter? S'agit-il d'y multiplier les employés et les ressources? Noter que de telles questions sont pertinentes, et qu'il ne s'agit pas là de ce qui est improbable. Vouloir un building de plus d'un milliard de dollars n'est-ce pas un acte qui tend à faire converger beaucoup de monde vers un même lieu, et faire contenir un maximum de choses dans ce seul building?
Et ce Centre hospitalier est de l'université de Montréal. Dès lors, le CHUM va tendre à devenir une sorte d'énorme composante de cette même Université. Il faut s'attendre à ce que les arrangements vont s'y faire naturellement selon la culture et les intérêts propres à cette Université et selon les perceptions des groupes qui y opèrent.
800 millions de dollars pour un Centre hospitalier de l'Université de Montréal ou 800 millions de dollars pour une Politique de la Santé ?
Par ailleurs, il reste à regarder certaines autres applications ou points pratiques d'une Politique de la Santé.
6- Politique sociale ou politique des services sociaux .
Une nouvelle politique sociale sera développée de manière à élargir et à approfondir des questions de nature collective, à donner la priorité à la prévention de certains problèmes concernant des groupes ou des ensembles de gens ou bien à favoriser des solutions nouvelles. Elle constitue une politique proprement sociale , c'est-à-dire une politique pour une société laquelle est désirable aux yeux des citoyens et des familles et à laquelle tous peuvent contribuer. Et on peut voir des différences qui existent entre d'un côté, une telle politique sociale , et d'un autre côté, une politique des services sociaux .
Car une politique sociale engage l'action de l'ensemble des citoyens, des familles et de groupes sociaux variés et multiformes, tandis qu'une politique des services sociaux engagent plutôt des organisations de professionnels, lesquels exercent leurs professions en poursuivant des objectifs sociaux ou communautaires. Ce qui fait voir que dans une telle politique sociale, les services sociaux s'y voient confier des projets de nature à mettre à contribution les expertises diverses des professionnels qui y travaillent. Une telle politique fait rechercher des conditions grâce auxquelles les services sociaux et leurs professionnels peuvent se porter en appui à l'action des citoyens et à celle des familles.
Par ailleurs, en vertu d'une telle politique sociale, des groupes ou des ensembles de citoyens et de familles seront appelés à poursuivre des objectifs sociaux lesquels concernent des grandes multitudes de gens
Ainsi la politique sociale remettra en question la socialisation de masse laquelle se trouve enclenchée et entraînée par les entreprises de télévision auxquelles d'immenses masses d'auditeurs se trouvent soumises dans leur écoute quotidienne des programmes de télé. Il s'agira alors de comparer ou de confronter cette même socialisation de masse à d'autres sortes de socialisation comme à diverses formes de vie communautaire.
Cette politique sociale fera aussi réexaminer autrement l'impact de la télévision sur les familles et sur les enfants et s'appliquera à revoir les aspects sociaux des technologies nouvelles et de l'Internet. À ce propos, un texte intitulé Familles et Internet peut être consulté chez FAMILIS.
Cette politique sociale fera rouvrir le dossier des violences télévisuelles et notamment le surnombre de celles-ci aux heures d'écoutes des enfants.
Cette politique sociale nouvelle sera élaborée progressivement en tenant compte des ressources des jeunes, des familles et des citoyens, sans oublier pour autant leurs dysfonctionnements ni leurs problèmes actuels. Mais, cette politique sociale ne se limitera pas à une perception trop restreinte, par laquelle on peut se laisser fasciner ou dominer par les problèmes sociaux, ni même par les violences . Il s'agit d'éviter ces cas où des acteurs sociaux désireux de lutter contre des violences s'y font attirer à leur insu et séduire par celles-ci, et basculent ainsi vers des formes de répression, vers la judiciarisation ou bien vers d'autres durcissements ou polarisations des actions à conduire.
La politique sociale s'inspira de l'esprit de liberté et de prise en charge et ses pratiques feront ainsi appel aux ressources de gens qui sont eux-mêmes affligés par des exclusions ou par des problèmes ainsi qu'aux ressources de ceux qui sont perçus par d'autres comme étant des individus à risques ou à problèmes . S'il s'agit de jeunes en difficultés, cette politique fera quand même appel aux ressources positives de ces jeunes eux-mêmes, et cela même si ceux-ci sont réputés ou sont fichés comme des jeunes en difficultés .
De plus, la politique sociale fera revoir certaines conceptions et certaines pratiques par lesquelles certains problèmes, exemples : la toxicomanie ou le chômage chez les jeunes, se trouvent perçus comme des problèmes qui concerneraient seulement les jeunes . Il en va semblablement de ces jeunes qui forment des gangs de rue ou des enfants qui se livrent au taxage dans les écoles. Quand il s'agit d'y faire face et de travailler à la promotion de ces jeunes ou de ces enfants, pour y arriver il s'avère nécessaire d e prendre en compte la condition socio-économique de leurs parents, ou les modèles sociaux qui leur viennent par la télévision ou les jeux vidéos. Cette politique sociale abordera ces sortes de problèmes (taxage, ou toxicomanie, etc) plutôt en les reliant aux familles des jeunes , à leur entourage et plus largement au monde des adultes ainsi qu'à l'influence des adultes sur ces jeunes.
D'une façon semblable, une politique sociale nouvelle fera aussi réexaminer cette sorte d'antagonisme par lequel les jeunes sont perçus comme s'opposant à leurs aînés ou comme si les générations étaient nécessairement et toujours conflictuelles. On ne peut pas exclure l'existence de situations où cet antagonisme-là entre jeunes et aînés se trouve fomenté par des tiers, disons des gens dans la quarantaine ou la cinquantaine, lesquels croient y trouver leurs intérêts.
Ensuite, la politique sociale saura reconnaître les familles comme des entités sociales. À ce sujet, les expériences et les contacts internationaux de FAMILIS sont à mettre à contribution. Les familles y sont observées dans une ensemble de sociétés et de cultures. D'une façon identique, on peut s'éclairer à observer des familles de Montréal lesquelles s'expriment et prospèrent souvent en gardant et en vivant des cultures variées et parfois séculaires, par exemple, les familles chinoises de notre ville.
Cela aide à se rappeler que les familles que celles-ci soient en difficultés ou non - sont les auteures de la socialisation des enfants et des jeunes, et qu'elles sont celles qui font l'application de lois sociales fondamentales. Par exemple, il est frappant d'observer que les relations de parenté s'observent partout sur la planète, et que ce sont les familles qui font l'application de l'interdit de l'inceste, dans toutes les sociétés et les cultures connues.
Puis il est à remarquer que par cette politique sociale, les familles elles-mêmes se trouvent chargées de développer et de promouvoir des actions qui contribuent positivement à réaliser les buts de cette même politique sociale. La politique sociale nouvelle mettra ainsi en oeuvre les ressources des familles elles-mêmes, y compris et surtout les familles dont on dit qu'elles sont en difficultés et y compris les ressources de ces parents dont certains disent qu'ils sont incompétents .
Noter que les parents compétents reçoivent trop peu d'attention.
Puis il y a le fait que certains parents, d'abord catégorisés comme étant des cas d'incompétence parentale, ont démontré leur compétence quand par la suite ils en ont eu l'occasion, notamment par leur participation à des groupes de parents qui s'entraident ou qui se donnent une formation par des cours portant sur leurs relations avec leurs enfants ou avec leurs adolescents.
7- Applications
La Politique de la Santé pourra être plus solidaire et plus équitable et la présente Politique dite de services de santé . Car elle tend enclencher la contribution de l'ensemble des régions, des villes et des communautés pour des questions de santé en plus de favoriser un meilleur fonctionnement des organisations ou des établissements dits de services de santé .
Bénévoles
D'abord, une telle Politique mobilisera un plus grand nombre de citoyens, familles ou malades, tous bénévoles. Combien faut-il en prévoir ? Pour tenter de l'estimer, il est intéressant de savoir que dans un autre domaine, celui de l'éducation, déjà plus de 40 000 parents s'impliquent bénévolement dans la promotion des écoles de leurs enfants. Dès lors, il n'est pas déraisonnable d'établir à 50 000 le nombre de nouveaux bénévoles.
Ensuite, par une Politique de la Santé, on pourra mieux développer des appels à la solidarité et à la contribution de tous face aux besoins en santé. Ce qui peut et doit se faire souvent en dehors des hôpitaux ou des services dits de santé. Exemples : la formation de bénévoles pour que ceux-ci sachent pratiquer la réanimation; des appels pour que les gens répondent mieux au collecte de sang, aux dons d'organes, etc.
Médecins
Il va de soi que la Politique de la Santé se donnera une section consacrée à la Médecine.
On y établira les orientations et les buts d'une médecine au Québec. En s'appuyant sur des experts en médecine choisis pour leur indépendance d'esprit comme aussi sur des citoyens. Cette section Médecine formulera et supervisera des questions et des solutions concernant la médecine en fonction des intérêts des malades, de leurs familles et des citoyens.
Elle tracera de nouvelles orientations à donner à la formation des médecins.
Notamment, elle mettra à profit les projets des formation continue laquelle est à offrir à l'ensemble des médecins, et les moyens offerts par l'Internet pour généraliser cette formation continue.
La Politique de la Santé définira une éthique de la pratique et de la recherche en médecine de manière à sauvegarder les intérêts des malades et les soins à donner à ceux-ci; et elle favorisera de nouveaux rapports entre les médecins d'une part, et les malades, les familles et les citoyens, d'autre part.
Une Politique de la Santé va mettre en valeur la relation qu'un malade a besoin d'établir avec son médecin. Chaque personne a besoin d'avoir son médecin , d'établir une relation de confiance avec celui-ci et de pouvoir être suivi par celui-ci. Quand la condition d'un malade est urgente, l'avis de son médecin s'avère essentiel.
Une Politique de la Santé solutionnera certains problèmes reliés à la médecine à l'acte , lesquels ont été décrits précédemment, en recourant au salariat, à la vacation, ou bien à d'autres modes de rémunération des médecins, lesquels font éviter les inconvénients de la médicine à l'acte .
De plus, la médecine dite familiale sera à développer plus largement. La docteur Vania Jimenez en constitue un modèle qu'il est opportun de signaler, vu que cette année, elle est la lauréate d'un prix pour sa pratique et pour son enseignement. Il lui arrive aussi d'être une mère de famille. Ses conseils à propos des enfants hyperactifs ou des enfants incapables de fixer leur attention semblent fort précieux. Avec le docteur Jimenez, pour traiter les cas de certains de ces enfants, des alternatives au Ritalin semblent accessibles.
Une Politique de Santé élargira le recrutement de médecins en l'étendant au plan international, pour palier aux manques de médecins durant les fins de semaines et les mois de vacances, à l'épuisement des médecins en poste et la situation que de nombreuses régions restent sans médecins.
Infirmières
Par ailleurs, une Politique de la Santé ouvrira plus largement les voies qui s'ouvrent déjà aux infirmières et leur permettra des ouvertures nouvelles. Vu la confiance que l'ensemble des Québécois manifeste envers les infirmières, vu la solidité de leur formation, et surtout vu leur expérience et leurs attitudes exemplaires avec les malades, il est grand temps de faire accéder les infirmières à des responsabilités plus grandes. Une Politique de la Santé impose rigoureusement d'apprécier à sa juste valeur la contribution de l'ensemble des infirmières.
D'une façon générale, les gestes professionnels de l'infirmière sont à favoriser.
C'est déjà le cas pour les infirmières dites praticiennes . Plus largement, il est fréquent que des infirmières posent des gestes identiques à des gestes posés par des médecins.
Ce qui conduit à vouloir développer des mini-cliniques ou des antennes de soins relevant de la responsabilité des infirmières elles-mêmes. Par exemple, dans les immeubles comprenant plusieurs résidences, ou dans les blocs de maisons où plusieurs familles se trouvent à vivre, on se doit d'envisager des mini cliniques ou antennes où des infirmières sont mises en contact direct avec les malades. Car il est tout naturel que les infirmières y exercent leur profession par elles-mêmes, seules ou en équipe, et s'y trouvent en proximité avec les malades, les familles et les citoyens, et comme au coeur des communautés.
Puis, par la qualité de leurs relations avec la population, les infirmières sont à solliciter pour les travaux de prévention et d'information du public concernant la santé.
D'autant qu'il est désormais parfaitement possible de relier les infirmières entre elles par l'Internet, comme aussi avec des médecins, des spécialistes et d'autres experts dans les questions de santé.
Puis, le temps est arrivé d'inviter plusieurs infirmières à devenir médecins. À ce propos, on ne peut éviter de constater le caractère désuet et corporatiste de la barrière laquelle a empêché d'établir une certaine égalité entre les infirmières et les médecins.
Leaders en Santé
Une Politique de la Santé va aussi favoriser ce qu'on peut appeler la promotion des leaders en santé . C'est que des personnalités de leaders se trouvent à émerger normalement et naturellement dans les groupes d'infirmières, les groupes de médecins ou les groupes bénévoles oeuvrant en santé. Ces leaders y sont habituellement reconnus par leurs pairs, et on peut les observer et les reconnaître. Il s'agit de les recruter, former et de promouvoir pour en faire des chefs d'équipes, des directeurs de services, de départements ou d'hôpitaux. Il se trouve que ces leaders naturels ne sont pas assez mis à contribution par le système actuel.
Une certaine gestion tend plutôt à uniformiser tous ceux qui travaillent dans les divers services . Les promotions y sont accordés à ceux qui se conforment le mieux aux exigences uniformes de ce système lui-même , ou à ceux dont les aptitudes conviennent mieux pour des tâches d'intendance de gérance ou pour le fonctionnement des affaires courantes. Or ce sont des aptitudes toutes différentes qui sont requises pour diriger et motiver des groupes d'hommes et de femmes. Les attitudes requises sont à trouver chez les leaders naturels qui se trouvent parmi les médecins, les infirmières et les bénévoles.
Vu qu'une Politique de la Santé poursuit des buts essentiels qui touchent à la maladie, à la vie ou là mort, elle fera en sorte que les responsabilités, les initiatives et les décisions à prendre soient confiées plutôt à des leaders véritables, des gens qui sont humains et passionnés et qui ont su mériter la confiance et le respect des gens de leurs milieux
Éducation familiale et Santé
Les projets par lesquels les auxiliaires familiales apportent leur aide aux individus ou aux familles seront largement étendues et la formation de ces auxiliaires sera accrue. Les familles lesquelles gardent un malade à la maison apprécient hautement l'aide de ces auxiliaires . Celles-ci sont aussi précieuses pour établir des contacts avec des malades comme aussi pour atteindre certains objectifs de prévention des maladies.
Dans les écoles, les enfants et les jeunes bénéficieront davantage de programmes qui font connaître les bases d'une alimentation saine. Notamment, seront rétablis ou développés les programmes d'économie familiale et d'éducation familiale par lesquels les jeunes et les enfants acquièrent ce qu'il leur faut pour s'initier à une telle alimentation. De tels programmes ont largement démontré leur efficacité pour répandre un alimentation saine et ont suscité un grand intérêt chez les élèves des écoles. Il faut y voir des enjeux très importants pour la santé des enfants, des jeunes et de leurs parents.
Relations de travail
Une Politique de la Santé pour le Québec va aussi tenir compte d'une longue expérience européenne en matières de relations de travail dans les établissements de santé. C'est que dans les pays européens on observe sur une longue période que les organisations de médecins, les syndicats comme les divers groupes d'intérêts s'abstiennent de faire des grèves, des ralentissements de travail ou de nuire de quelque autre manière au sentiment de sécurité, aux soins ou bien aux traitements dont les malades ont besoin.
Une Politique de la Santé, laquelle se détermine prioritairement par rapport aux malades eux-mêmes, voudra s'inspirer de cette expérience et de l'esprit humanitaire que plusieurs pays et nations y démontrent. Elle fera faire rechercher un esprit humanitaire analogue et d'autres moyens, par lesquels de justes conditions de travail pourront s'établir, tout en évitant des souffrances et des soucis aux malades, des inquiétudes à leurs familles ainsi que des incertitudes et des déceptions que trop de citoyens ressentent par rapport aux dysfonctionnements du système actuel. Pour y assurer en même temps une équité en faveur des employés du domaine de la santé et une équité en faveur des malades, le Bureau international du travail pourra être consulté.
Plus largement, un climat d'insécurité, de tension ou de conflit, ne pourra pas satisfaire ceux qui vont vouloir et exiger une telle Politique de Santé. Puis, il ne suffira pas qu'une telle Politique tende à réduire les difficultés et les conflits actuels en santé ni qu'elle s'en tienne à en empêcher les répétitions, en fait, un Politique de Santé se devra de créer et de faire croître un climat de paix et de confiance lequel est nécessaire pour les malades et pour les soins qu'il s'agit de leur donner.
Périodes d'Urgence Santé
Une politique de la Santé fera décréter ce qu'on peut appeler des périodes d'Urgence Santé. Pour s'en faire une première idée se rappeler le temps d'urgence provoqué par la grande tempête du verglas, alors que de larges parties ont été subitement plongées dans le froid, et alors que tous les Québécois se sont mis à s'entraider. Cela aide à voir qu'une telle période d'Urgence Santé se caractérise par une certaine durée et par certaines circonstances et qu'il s'agit là d'une situation laquelle concerne des ensembles de malades, de familles et de citoyens.
Remarquer aussi qu'une telle période d'Urgence Santé, quand elle sera déclarée va concerne l'ensemble des médecins du Québec, ceux des Cliniques privées comme ceux des établissements publics.
Il y a là ce qui diffère beaucoup de ce que le mot urgence en est venu à signifier habituellement au Québec. Car le plus souvent, ce mot urgence en vient à signifier plutôt, tout à la fois et indifféremment : une salle physique ou seulement un corridor d'un hôpital, des malades qui y attendent trop longtemps ou qui y débordent, un manque de médecins ou de professionnels de la santé. Puis ce mot urgence s'entend aussi dans des discours par lesquels il est dit que toutes ces difficultés se règleraient immédiatement par l'augmentation de l'argent public à verser à cette urgence-là, exemple : plus d'argent pour telle salle d'urgence de tel hôpital.
Quant à lui, le Ministère de la Santé se fera plutôt accorder les pouvoirs requis pour décréter de telles périodes d'urgence Santé . Il le fera sur l'avis d'un organisme public désigné à cette fin, par exemple, le Conseil des services essentiels, lequel sera mandaté pour faire prédominer la nécessité d'assurer les soins à donner aux malades et les meilleurs intérêts de ceux-ci.
Un telle période d'urgence pourra être décrétée par exemple quand des hôpitaux manquent gravement d'effectifs.
Seront alors mobilisables tous les médecins spécialistes ou généralistes, médecins professeurs, médecins des cliniques privés, les médecins retraités, les médecins de l'armée, les médecins employés dans des entreprises et autres médecins, ainsi que toutes les infirmières requises en raison des besoins des malades et cela en fonction des situations, des régions ou encore des hôpitaux ou autres lieux dans lesquels ces malades peuvent se trouver ou desquels des malades doivent recevoir des soins. D'une façon semblable, un telle période de d'urgence Santé pourra enclencher des appels à des organismes comme la Croix Rouge ou même ceux dits de Défense civile . Plus largement, on y fera appel à l'ensemble des organismes bénévoles comme à l'ensemble des citoyens.
En prévision de ces périodes d'urgence Santé des logiciels seront conçus pour connaître les emplois du temps des médecins, leurs coordonnées, leurs disponibilités et leurs engagements professionnels de manière à programmer (work schedule) les services de santé durant ces périodes.
Par ailleurs à partir de l'expérience des sapeurs-pompiers de Paris, de France et de d'autres pays, il faut revoir la formation et le rôle des pompiers d'ici, pour en faire des premiers secouristes pour des accidents ou d'autres cas d'urgences en santé.. Par exemple, il peut s'agir de les former pour les rendre capable d'aider des cardiaques et de prévoir de les équiper de défibrillateurs, etc...
De plus, une Politique de Santé fera envisager plus largement les questions reliées au transport des malades. Nul ne peut oublier que les techniciens ambulanciers viennent tout juste de dire que les malades sont présentement en danger par manque de moyens de transport. Par conséquent, en plus des services spécialisés du genre de ceux qui sont opérés par ces techniciens, il y sera fait appel à tous les propriétaires d'autos, aux taxis, voire ou aux propriétaires ou aux entreprises d'avions pour contribuer au transport des malades.
Cela vaut notamment pour les nombreux cas d'accidentés dont le transport ne requiert pas de recourir à des ambulances. Un tels recours à des moyens variés de transports paraît s'imposer vu les irrégularités et les insuffisances qui affligent les services officiels de transport des malades présentement.
De plus, la Politique de la Santé va se déployer et se développer naturellement par des échanges avec les responsables de la Santé des divers pays et s'ouvrir largement à l'échelle du monde et au-delà des divers systèmes déjà en place, et cela par l'Internet comme par d'autres moyens. Exemple : les infirmières françaises qui viennent travailler au Québec sont à accueillir d'une façon qui les encouragent. Exemple : certains sites permettent déjà de contacter des milliers de médecins francophones dans les divers pays du monde...De plus, cette Politique fera en sort que les Québécois s'engagent plus largement face aux besoins des peuples des pays en développement en matières de santé.
Une carte de Santé
Puis la nouvelle Politique de la Santé va faire remettre leur dossier de santé aux malades et aux citoyens eux-mêmes sous forme de cartes numériques, du genre cartes à puces ou cartes intelligentes . Ce qui donnera aux malades, à leurs familles et aux citoyens la connaissance et le contrôle des informations qui les concernent, et ce qui leur permettra de se responsabiliser davantage par rapport à leur propre santé ainsi que par rapport aux efforts qu'ils doivent faire eux-mêmes pour se garder en santé ou pour guérir. Ensuite, en ayant la maîtrise de leur cartes, les malades pourront passer d'une clinique privée à un hôpital public sans avoir à recommencer les mêmes examens et sans que les mêmes actes de médecins soient répétés inutilement.
Ensuite, par une nouvelle Politique de la Santé, l'informatique viendra faciliter le travail des médecins des hôpitaux tout en les libérant de certaines tâches. Aux États Unis, on a calculé que dans un hôpital, un médecin passe une partie non négligeable de son temps à rechercher ou à reclasser des dossiers. L'informatisation de ces dossiers réduira ce temps considérablement en augmentant les heures où les médecins peuvent répondre aux besoins des malades et entrer en relation avec ceux-ci.
Puis, l'Internet ouvrira de nouvelles voies pour appliquer une nouvelle Politique de la Santé. Pour les régions du Québec, lesquelles restent trop souvent privées de médecins, des malades pourront ainsi passer par l'Internet pour avoir accès à des médecins malgré les distances qui les séparent les uns des autres. Puis bientôt il s'agira d'adopter des technologies nouvelles lesquelles vont permettre de faire des chirurgies à distance. Par exemple, un médecin spécialiste peut y guider à distance une intervention à faire par un médecin généraliste, lequel se trouve auprès d'un malade.
Puis par la Politique de la Santé, on fera davantage recours à la Domotique, soit à l'informatique à la maison . Au Québec, la Domotique se trouve déjà appliquée avec succès pour aider les gestes des aînés ou les déplacements des personnes handicapées, et elle offre déjà une panoplie d'outils pour assurer la sécurité une meilleure protection pour leurs personnes en perte d'autonomie ou pour leurs biens. Cette Politique viendra perfectionner et étendre de tels moyens offerts par l'informatique et l'Internet.
Les familles, la santé et l'Internet
Par ailleurs, l'Internet offre à toutes les familles des sites nombreux sur lesquels se trouvent des informations et des conseils concernant la santé et les maladies de leurs membres. Les parents pourront y recourir de plus en plus pour certaines maladies concernant leurs enfants ou pour d'autres questions de Santé.
Ainsi une politique de la Santé pourra ouvrir un volet par lequel les familles vont pouvoir mieux veiller à la santé de leurs membres, consulter des experts en médecine et obtenir des informations concernant des traitements ou des médicaments.
Puis, déjà, grâce à l'Internet, se forment des associations de familles ayant des enfants handicapés ou atteints d'une même maladie, et une Politique de la Santé sera de nature à encourager la croissance de telles associations.
Puis, une Politique de Santé se fera en tenant compte d'une Politique des familles, laquelle favorise la prise en charge des familles par elles-mêmes. Ainsi en s'entraidant, les familles pourront acquérir une certaine autonomie et une certaine force par rapport aux organismes officiels de santé et aussi pour faire face à certains fléaux, tels les abus des drogues ou tabagisme.
De plus, les familles pourront s'inspirer de cette Politique de la Santé pour revoir leur écoute des programmes de la télévision, en fonction de la santé de leurs membres, et surtout de la santé de leurs enfants. Et les familles auront à chercher de nouvelles solutions aux problèmes posés par les entreprises de télévision quand celles-ci diffusent des violences.
De plus, la Politique de la Santé fera développer encore bien d'autres applications dans l'avenir...
Pour terminer, disons qu'une Politique de la Santé tendra à devenir l'affaire de tous les malades, de toutes les familles et de tous les citoyens. Désormais, avec l'Internet notamment, tous les peuples vont voir comment nous allons considérer et traiter nos malades. De notre côté, nous avons à apprendre des autres peuples, notamment de ceux dont les ressources sont semblables à celles de notre peuple. Par exemple, demandons-nous : Que font les Belges, les Finlandais, les Danois? Comment font-ils face à leurs difficultés en Santé? N'empêche que bien d'autres aspects de La Politique de la Santé d'aujourd'hui et celle de demain reste encore à clarifier...
9- Conclusion
Des efforts considérables et des choix déchirants nous y attendent. Et il y va de notre façon de lutter pour la Santé et pour la Vie, comme de nos attitudes face à la maladie, à la souffrance et aussi face à la mort.