Le Regroupement inter-organismes
pour une politique familiale au Québec
 

Pensons famille     

Volume 12, numéro 64, mars 2001

Les familles et la santé

Madame Ginette Poulin
Infirmière de liaison
Centre hospitalier Fleury


Du Centre hospitalier au retour à domicile

Le virage ambulatoire sollicite la présence des familles dans la continuité des soins. Dans ce contexte, la disponibilité de la "personne pivot" de la famille est souvent conditionnelle au retour à domicile, de même que la présence des différentes ressources d'aide.

Historique

Nous verrons, à l'aide d'exemples concrets, comment il est possible de mobiliser les forces vives de la personne et de son entourage et les différentes ressources.

Historiquement, les soins étaient dispensés à domicile par les proches, surtout des femmes. Certaines d'entre elles, devenues expertes puis infirmières évaluaient, soignaient, enseignaient au malade et aux membres de sa famille les rudiments pour garder ou recouvrir la santé.

Mais avec les hôpitaux et la complexité des soins, les professionnels de la santé se sont appropriés le malade, croyant détenir la vérité, ignorant même la famille, ce qu'elles voulaient nous dire : leur souffrance, leurs possibilités de faciliter ou d'empêcher la guérison du malade, en pensant que les médicaments et l'asepsie médicale pouvaient tout guérir.

Heureusement, cette philosophie est chose du passé... quoique... toujours présente dans certains milieux ou chez certains professionnels.

Maintenant, on comprend mieux la nécessité d'accepter et d'intégrer la famille à l'intérieur des centres hospitaliers. La plupart des plans de soins ou d'interventions incluent la famille à une étape ou à une autre de la démarche de planification de congé.

Démarche de planification de congé

Dès le début de l'hospitalisation, la planification de congé doit faire parti intégrante du plan d'intervention.

Avec certaines problématiques des soins, comme chez les patients nécessitant une prothèse de la hanche, le plan du "suivi systématique" prévoit de façon systématique toutes les étapes de la réadaptation, comme le premier lever, les exercices à accomplir, etc.

Dans certains cas, la planification de congé précède l'intervention. Par exemple, lors de l'entrevue préparatoire à une intervention pour une cataracte ou une prothèse du genou, l'infirmière expliquera au patient, le type de soins qu'il nécessitera pendant et après son séjour hospitalier. La présence de la famille ou d'un proche sera requise pour une certaine période, ou encore un séjour de convalescence en milieu de réadaptation sera organisé.

Dans les cas complexes, l'infirmière de liaison du Centre hospitalier est demandée pour évaluer les besoins et prévoir les ressources disponibles pour y répondre.

Par exemple, une personne âgée de 85 ans, vivant seule et ayant une tumeur, subit une perte d'autonomie suite à une chirurgie, sera-t-elle en mesure de faire ses soins de colostomie, de faire ses activités de la vie quotidienne et domestique ? Qui peut lui venir en aide dans son entourage immédiat ? Si non, quelles sont les alternatives ? Une convalescence ou une changement de milieu ? Quelles sont les ressources privées ou publiques susceptibles de lui apporter l'aide requise ?

Évaluation en vue du retour à la maison

L'évaluation du patient et de sa famille en vue d'une orientation appropriée après un séjour hospitalier varie selon la problématique de soins et de services requis.

Dans tous les cas, les interventions de l'équipe de soins au Centre hospitalier ont pour but premier l'auto prise en charge de la personne par elle-même.

Lorsque c'est impossible, en raison de la perte d'autonomie physique ou psychique, il faut trouver une personne ressource (ou un groupe de personne) pouvant effectuer les soins et les services de remplacements lors du retour à domicile.

Pour ce faire, l'infirmière de liaison peut rencontrer ou prendre contact avec quatre (4) groupes distincts de personnes :

- le patient, pour identifier ses besoins et capacités

- la famille ou la personne significative ou pivot, pour s'assurer de leur collaboration et de leurs perceptions face au retour à domicile

- l'équipe de soins du C.H. ( médecin, infirmière, ergo/physiothérapeute, travailleur social, nutritionniste, etc.) pour établir les capacités physiques et psychologiques actuelles et à acquérir au cours des prochaines semaines, de même que les équipements prévus

- les ressources extérieures (CLSC, AEVM, SRSAD, milieu de convalescence ou de réadaptation, les soins palliatifs)..

Lorsque le patient a des déficits, l'empêchant de vivre seul, trois (3) éléments sont à considérer pour un maintien à domicile :

- pas de maintien à domicile sans le réseau social

- considérer la personne pivot dans l'entourage du patient, évaluer ses exigences et l'assister dans son cheminement et dans la recherche de solutions qui lui apparaissent efficaces :

- ses perceptions face à son rôle, sentiments de fardeau

- le volume de la tâche

- le type de maladie et les comportements à adopter

- l'hospitalisation est-elle la confirmation d'une crise dans la famille ?

- prévenir la détérioration de la condition familiale en prévoyant des services pour éviter l'état de crise.

La signification de la maladie et des pertes qu'elle entraîne est différente d'une personne à l'autre.

Les conséquences d'une maladie sur le fonctionnement d'une famille dépendent de plusieurs facteurs dont les plus importants sont :

- la nature de la maladie

- le degré d'incapacité

- le pronostic, la durée de la maladie, les séquences d'hospitalisation qui t sont associées

- l'âge, le sexe du patient

- ses rôles social et familial, son niveau économique

- l'étape de vie du cycle familial (le jeune adulte, la formation du couple, la famille avec des jeunes enfants, avec des adolescents, au départ des adolescents, à la retraite) (Duhamel, 1995).

Conclusion

Les demandes de maintien et des soins à domicile ne cesseront de croître dans les prochaines années. Le soutien aux familles autant qu'au patient est essentiel pour s'assurer que leurs besoins respectifs sont satisfaits.

Les infirmières de liaison représentent une ressource de premier plan en vue d'assurer la continuité de soins nécessaires pour redonner le plus d'autonomie possible aux individus.

Références

Duhamel, F. La santé et la famille : une approche systémique en soins infirmiers. (1995) Gaétan Morin, éditeur

Besner, M. et coll. Infirmières de liaison recherchées. Nursing Québec, (1993), Volume 13, 1, p. 42-48

Centre hospitalier Fleury
2180, rue Fleury Est
Montréal (Québec) H2B 1K3
Vox : (1-514) 383-5081
Fax : (1-514) 383-5844

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