![]() |
Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec |
|
Pensons famille |
Volume 12, numéro 65, juin 2001 |
|
Monsieur Richard Sarrasin, t.s.
Président
Le Regroupement inter-organismes pour une politique au Québec.
Allocution présentée lors du Panel
au Colloque sur l'intergénérationnel
organisé par la COFAQ (Confédération des organismes familiaux
associés du Québec)
à Saint-Augustin-de-Des-Maures
le dimanche10 juin 2001
Conte fantaisiste sur une phase de vie de grands-parents
Il était une fois un prince qui se pensait charmant. Laissons le penser, je vous en prie. Ce prince, celui qui vous adresse la parole, avait rencontré dans son éducation des druides forts instruits en sciences humaines. Il avait donc appris à leur contact ce qu'était l'homme, la femme aussi bien sûr, pourquoi et comment l'un rencontrait l'autre et ce qu'il adviendrait parfois de leurs rencontres un peu plus passionnées.
Il avait appris à connaître si bien les gens du royaume que les grands chevaliers responsables des territoires lui avaient demandé d'aller dans tous les fiefs de leur état. C'est ainsi qu'au cours de sa vie, il avait vagabondé dans les pays de la mer, des forêts, des fleuves, des montagnes où il arpenta les royaumes du Saguenay, de la Gaspésie, de l'Estrie, des Laurentides, des bourgades de Trois-Rivières, celui de Québec et le gros bourg de Montréal.
Bien des années passèrent ainsi à rencontrer les sujets et les cerfs des royaumes, puis un jour, satisfaits sans doute de ses services, les grands notables offrirent au prince charmant de se reposer et d'aller cultiver ses choux dans un vallon des plus paisible.
Le prince charmant ne fait pas long à s'ennuyer. Il regardait avec amertume son char rouillé et il se dit qu'il devait consulter les sages du royaume et leur exposer ses besoins de potion magique. Il se rendit dans le plus gros bourg de la cité du Sieur de Maisonneuve, c'est-à-dire Montréal. Il y avait une tour gigantesque entourée de chemin de garde d'où l'on pouvait voir venir de loin les hordes ennemies (le Stade olympique pour qui n'a pas saisi). On lui dit alors que les sages se tenaient dans les donjons où ils terraient leurs recettes de jouvence. Il descendit donc dans l'antre de la FADOQ où il rencontre une charmante princesse qui trouve une réponse à son mal de vivre.
Elle l'invita à monter dans son carrosse et la princesse charmante et le prince charmant se rendirent au duché de Villeray. Là ils rencontrèrent, tapis dans la terre en dessous d'une fabrique d'argent (lisons Caisse populaire), des seigneurs et des duchesses songeant à édifier un beau château où jeunes et vieux se côtoieraient lors de bals, de rencontres, où bonnes sorcières et manipulateurs d'alambics ouvriraient leurs coffres de précieux joyaux, d'expériences de vie, de secrets partages d'amour.
C'était en l'An 1990.
Quelques années plus tard, des chevaliers, dépêcheurs de messages, atteignirent les royaumes de Sherbrooke et de la bourgade de Sainte-Foy avec sa mairesse bien-aimée. Là aussi, cavaliers et chevaliers au coeur débordant d'amour rêvaient de remonter en monture, pour, à l'image d'un Don Quichotte moderne, édifier un château où ils recréeraient la magie de l'amour avec ceux et celles qui y habiteraient.
En l'An 2000 2001, les cheftaines et les chefs des royaumes de Villeray, de Sherbrooke et de Sainte-Foy s'unirent avec la table ronde des autres royaumes du Québec (lisons ici, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec) pour initier un projet accordé par la Table des grands notables du Québec (lisons ici, le ministère de la Famille et de l'Enfance et à qui est aussi confiée la responsabilité des aînés) projet visant à édifier des châteaux de grands-parents partout sur les terres du Québec.
Un papyrus à cet effet fut rédigé par des moines et moinesses déjà connétables des châteaux existants. Le papyrus vit le jour le 25 avril de l'An 2001. On y choisit ce que doit être un tel château de ressources cordiales, comment l'édifier avec succès, qui peut en faire partie, quelles sont les principales conditions pour y réaliser les jeux intergénérationnels de l'amour et du hasard avec tous ses habitants, jeunes, adolescents, adultes et grands-parents.
Il fait maintenant plaisir au prince charmant de vous dévoiler quelles sont à son avis les principales raisons de succès des relations intergénérationnelles ?
Sans doute l'amour des petits, la capacité de comprendre les jeunes, le respect des confidences, la non-ingérence dans les affaires parentales, sont souvent les qualités facilitant les relations intergénérationnelles, mais d'abord et avant tout, il faut que la personne aînée veuille continuer à vivre et accepter de poursuivre un rôle de participant actif à la vie communautaire de son milieu.
Le prince charmant souhaite donc qu'au Québec se dévoilent beaucoup de maisons de grands-parents où régnera l'amour entre jeunes et aînés et où les uns et les autres bâtiront des châteaux d'entraide communautaire.